img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
CULTURE

Edition du livre: Bichr Bennani s'oppose à l'assistanat

Invité dans le cadre des mercredis de Racine, tenu le mardi 4 mars pour des raisons indépendantes de la volonté des organisateurs, l’éditeur et libraire Bichr Bennani ne mâche pas ses mots.

Edition du livre: Bichr Bennani s'oppose à l'assistanat
Amine Belghazi
Le 5 mars 2014 à 17h58 | Modifié 5 mars 2014 à 17h58

Il parle du soutien réservé aux éditeurs, et rejette, en bloc, la subvention telle que proposée par le ministère de la culture, tout en proposant des réformes durables.

 

L’essoufflement du marché de l’édition durant les dernières années au Maroc est palpable, passant, pour les maisons d’éditions qui connaissent une productivité régulière, d’une moyenne de 15 titres par an dans les années 1990 à 6 ou 7 actuellement.

Ce constat regrettable est accentué par le non-respect de la chaîne du livre. En effet, qu’ils soient associations ou structures étatiques, plusieurs acteurs s’improvisent éditeurs de livres.

Bichr Bennani estime qu’il n’existe, actuellement, qu’une trentaine de maisons d’éditions actives, toutes catégories confondues, entre les productions en langues arabe et française, les productions de manuels scolaires…etc. D’ailleurs, cela explique la faible représentativité du Maroc dans les salons du livre internationaux. «Le Maroc n’a jamais été représenté par plus d’une douzaine de maisons d’éditions» rapporte B. Bennani.

Le calcul est rapidement fait: Au Maroc, il existe une maison d’édition pour un million d’habitants. Pourtant, «le Marocain lit. Mais, ne lit pas n’importe quoi» insiste l’éditeur, et ajoute que «bien des livres ont été édité à plusieurs milliers d’exemplaires au Maroc, et le potentiel est encore sous-exploité: parmi les 18 millions d’alphabétisés, il est possible d’atteindre 9 millions de lecteurs potentiels.»

Pour y arriver, il faut d’abord rendre ses lettres de noblesse à l’industrie de l’édition. Cela passe par l’abandon de la logique de subvention et d’assistanat, promue par le ministère de la culture. D’ailleurs, le travail de fond du ministère pour la revalorisation de la lecture n’a pas été fait.

«Il faut savoir que les éditeurs sont soumis au même régime fiscal que n’importe quelle société de la place. Il faudrait redéfinir le cadre légal, chose que le ministère a tendance à occulter.»

B. Bennani note que réhabilitation du livre passe inévitablement par le respect de toute la chaîne, dont les libraires. A ce propos, il est important de noter qu’il n’existe que 850 librairies dans tout le Maroc, dont seulement une quinzaine seulement qui disposent d’outils suffisamment sophistiqués pour répondre à la demande.

De plus, ces librairies sont inégalement réparties sur le territoire national. C’est la raison principale du manque de diffusion du livre au Maroc, la librairie étant le seul endroit de proximité avec le lecteur.

Cette précarité est alimentée par le non respect de l’activité de libraire en tant que maillon indispensable dans le processus de diffusion du livre. Ainsi, plusieurs importateurs exclusifs vendent les productions directement au public.

Pire, les libraires sont victimes d’un hold-up institutionnel: pour la promotion de la lecture publique, le ministère de la culture fait appel aux importateurs, en contournant les libraires, poussant plusieurs librairies au dépôt de bilan. Parallèlement, certaines écoles marocaines obligent les parents d’élèves à acheter les livres mis en vente dans leur établissement, dans un mutisme complice des autorités compétentes.

Concernant les subventions à l’édition, B. Bennani s’y oppose ouvertement: «il faut refuser le système d’aide individuelle qui crée l’allégeance et le clientélisme» dit-il avant d’ajouter qu’il ne faut «soutenir que les actions collectives qui visent à promouvoir l’édition.»

Changeant de casquette, B. Bennani le libraire estime qu’il faut «obligatoirement définir le métier de libraire. Car, jusqu’à aujourd’hui, les lois confondent librairies, papeteries et kiosques. Cette définition permettra un meilleur recensement capable de faire ressortir les bonnes statistiques.»

Cet appel arrive au moment où le ministère de la culture a décidé de débloquer la somme de 10 millions de dirhams au titre des subventions aux métiers du livre. Le message qu’adresse Bichr Bennani au ministre de la culture Mohamed Amine Sbihi est clair, mettant aujourd’hui noir sur blanc ce que le ministre était censé lire entre les lignes.


 

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Amine Belghazi
Le 5 mars 2014 à 17h58

à lire aussi

Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale
NATION

Article : Au congrès mondial de la CGLU, le Roi appelle à faire des villes un moteur de justice sociale

Dans un message lu mardi 23 juin à Tanger par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, le Souverain a défendu une action publique territoriale fondée sur la proximité, l’équité et l’efficacité, en affirmant que l’accès aux services de base devait être “un droit du citoyen” et non dépendre du lieu de résidence ou du statut social.

Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”
ECONOMIE

Article : Abdellatif Jouahri : “Nous souhaitons le réveil de l'investissement privé”

Le deuxième Conseil de Bank Al-Maghrib de l'année 2026 s'est tenu ce mardi 23 juin, suivi par la traditionnelle conférence de presse du Gouverneur. Voici l'essentiel des réponses de Abdellatif Jouarhri aux questions des journalistes.

Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains
Communication d'entreprise

Article : Mauritanie : à Nouakchott, Attijariwafa bank organise plus de 350 rendez-vous B2B pour accélérer les partenariats africains

Les 18 et 19 juin 2026, le Club Afrique Développement et Attijari bank Mauritanie ont réuni près de 300 acteurs économiques et institutionnels venus notamment du Maroc, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, d’Égypte, des États-Unis et d’Europe. Mines, énergie, pêche, agro-industrie, BTP... La 46e mission multisectorielle du groupe a mis en avant les secteurs appelés à porter l’industrialisation du pays, avec un mémorandum signé pour accompagner les micro, petites et moyennes entreprises.

ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc
Energie

Article : ONHYM-SA : la réforme qui change les règles du jeu pour les ambitions énergétiques du Maroc

Le changement peut sembler administratif. Il est en réalité hautement stratégique. En devenant ONHYM-SA, l’Office obtient une marge de manœuvre nouvelle pour porter des actifs, investir au Maroc comme à l’étranger et s’impliquer davantage dans la création de valeur, à un moment où le Royaume prépare les prochaines étapes du gazoduc Afrique-Atlantique et la structuration de son marché gazier.

ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente
BUSINESS

Article : ASMEX. Avec 102 voix sur 293, Sonia Mezzour élue présidente

Sonia Mezzour a été élue présidente de l’ASMEX, à l’issue de l'assemblée générale élective tenue ce mardi 23 juin à Casablanca. Elle succède à Hassan Sentissi El Idrissi, qui dirigeait la Confédération marocaine des exportateurs depuis 2013.

Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?
Santé

Article : Ordre des médecins : inscrite au prochain Conseil de gouvernement, la réforme débloquera-t-elle enfin les élections ?

Depuis décembre 2022, les instances ordinales vivent sous mandat expiré, tandis que les médecins privés contestent des négociations menées en leur nom sur l’AMO, les tarifs et leur place dans les futurs groupements sanitaires territoriaux. Le texte attendu le jeudi 25 juin pourrait ouvrir une sortie de crise pour quelque 17.000 praticiens, dans un secteur qui affirme assurer 67% de l’offre de soins. Détails.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité