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ECONOMIE

Accès à internet : pour la Banque mondiale, le Maroc est en retard

Le royaume n’a pas encore assez réformé le secteur des télécoms et de l’internet. Le taux de pénétration de l’internet est encore trop faible. La règlementation, et la concurrence insuffisante, expliquent cette situation.  

Accès à internet : pour la Banque mondiale, le Maroc est en retard
Mélanie Xuereb
Le 4 mars 2014 à 19h29 | Modifié 4 mars 2014 à 19h29

En marge du Forum annuel arabe des régulateurs du secteur des télécoms qui se tient à Rabat du 4 au 6 mars, la Banque mondiale présente son rapport sur les réformes du secteur des télécoms dans la région Mena le mercredi 5 mars.

L’objectif est d’analyser les principales entraves à l’accélération de l’internet haut débit dans le monde arabe et les options de politiques sectorielles envisageables pour y remédier. L’enjeu pour la région est une meilleure diffusion du savoir et des connaissances et un accès renforcé aux opportunités professionnelles internationales.

La plupart des marchés du haut débit fixe dans la région Mena sont encore insuffisamment développés, ces marchés étant encore en phase d’émergence. C’est notamment le cas du Marocle taux de pénétration du haut débit fixe atteint à peine plus de 10%, alors qu’il est de 25% en Jordanie, 23% en Tunisie et 18% en Algérie.

Si dans près de la moitié des pays de la région cette faiblesse est compensée par la forte croissance du haut débit mobile, avec des taux de pénétration qui dépassent les 50% dans 8 des 19 pays de la région, ce n’est pas non plus le cas au Maroc où le taux de pénétration du haut débit mobile est également d’environ 10%.

Selon l’Union Internationale des Télécommunications, le haut débit devient abordable lorsque son prix est inférieur à 3-5% du salaire mensuel moyen. Bien qu’au Maroc le prix du haut débit fixe soit passé sous la barre des 5% - le haut débit mobile étant encore légèrement supérieur à ce seuil – le haut débit reste encore inabordable pour au moins 60% de la population dans la mesure où son prix représente encore près de 25% du revenu des 60% les plus démunis.

La concurrence et la réglementation mises en cause

Une concurrence insuffisante et une règlementation qui freine l’ouverture du réseau sont les principales contraintes à une exploitation efficace de la connectivité et se traduisent par les niveaux de prix encore trop élevés.

Si le Maroc, où les marchés sont partiellement concurrentiels, est dans ce domaine le meilleur élève de l’Afrique du Nord, on est encore loin de la situation de Bahreïn ou de la Jordanie où la plupart des barrières à la concurrence ont été levées.

Il faut réformer le secteur pour accélérer l’accès à l’internet haut débit

Pour les marchés du haut débit qui sont en phase d’émergence, comme c’est le cas au Maroc, les mesures cruciales pour créer un climat favorable à l’investissement et accélérer le déploiement de l’infrastructure sont :

-l’ouverture du marché à la concurrence ;

-la facilitation de l’accès à l’infrastructure ;

-toutes les initiatives destinées à réduire les coûts ;

-le développement de synergies avec les autres secteurs susceptibles de contribuer au déploiement de l’infrastructure.

Avec la croissance du marché, les mesures de politiques doivent mettre l’accent sur le maintien d’une concurrence efficace, tout en renforçant une réglementation sectorielle qui doit être exercée par une autorité réglementaire indépendante et mise à jour régulièrement.

Reste le problème de la couverture des zones rurales ou éloignées, fondé soit sur les inégalités socio-économiques – la fracture sociale numérique – soit sur l’isolement géographique de ces zones – la fracture territoriale numérique.

La couverture de ces zones par une offre de haut débit passe par des mesures politiques telles que l’inclusion des obligations de couverture dans les contrats de licences des opérateurs, l’utilisation de subventions publiques pour le déploiement des réseaux à haut débit dans les zones rurales ou encore la recherche de compromis sur la vitesse du haut débit.

La région dispose d’atouts certains pour développer le secteur et combler son retard tels qu’une population jeune en forte demande ou encore la disponibilité de capitaux au niveau régional. En utilisant ces atouts pour créer un contexte compétitif et transparent – et non pour renforcer les positions dominantes – la région Mena pourrait s’engager dans le développement d’une économie numérique.


 

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Mélanie Xuereb
Le 4 mars 2014 à 19h29

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