Mohand Laenser: “Notre loyauté n’est pas sans limites”
EXCLUSIF. Le SG du Mouvement populaire sort de son mutisme et menace de quitter le gouvernement marocain si les règles de la démocratie participative ne sont pas observées au sein de la coalition. Entretien.
Lors de la réunion du conseil national tenue samedi 8 février, vous avez menacé, pour la première fois, de quitter le gouvernement si la démocratie n’est pas respectée au sein de la coalition. Qu’est-ce qui explique cette prise de position ?
Il faut remettre ma déclaration dans son contexte. Nous travaillons au sein d’une coalition et nous avons toujours fait preuve de loyauté et cherché le consensus. Mais il y a une règle non négociable : le travail dans une coalition répond à des principes de base. Il s’agit d’un vrai partenariat où les grandes décisions doivent être discutées en amont et où aucune différence de traitement entre les composantes du gouvernement n’est tolérée.
En avez-vous souffert pour en parler ainsi ?
Non. Pour le moment, le problème ne se pose pas. Le Mouvement populaire ne fait que tirer la sonnette d’alarme. Nous disons que si jamais un tel cas venait à se présenter, nous ne le tolérerons pas. Le message que nous voulons véhiculer est le suivant : notre loyauté n’est pas sans limites.
Pourquoi ne l’avoir pas dit auparavant ?
Nous sommes à mi-mandat. Nous avons un nouvel allié dans la coalition. C’est vous dire que les circonstances changent et que nous n’avons plus le droit à l’erreur.
D’un autre côté, le temps presse et nous n’avons pas encore arrêté les priorités du gouvernement Benkirane 2. Idem pour la charte de la majorité qui n’est pas encore prête, la loi organique sur l’amazighité ou encore le retard dans l’exécution de textes relatifs à la régionalisation ou encore aux élections.
Qu’est-ce qui explique ces retards ?
Je ne parlerai pas d’une mauvaise gestion du temps, mais plutôt d’un concours de circonstances lié aussi bien à des contraintes parlementaire qu’aux agendas des différents ministres.
Mais quelque soient les raisons, il faut trouver le bon rythme et la bonne méthodologie de travail, surtout quand il s’agit de dossiers prioritaires. Certes, les bonnes intentions existent mais il faut bien les concrétiser. Il en est grand temps !
En avez-vous parlé directement au chef du gouvernement ?
Nous nous voyons régulièrement et il sait ce que je pense de tout cela. Aussi la réunion de la majorité qui sera tenue dans quelques jours, sera l’occasion d’en reparler.
Lors de cette rencontre, nous comptons aussi mettre l’accent sur les chantiers prioritaires. Les grandes réformes relatives notamment aux retraites, à la compensation, le dialogue social… constituent des sujets à lancer en toute urgence.
Allez-vous fixer des deadlines au chef du gouvernement ?
Quand on fait partie d’une majorité, on est partie prenante. Il serait alors malhonnête et irresponsable de fixer des deadlines ou de lancer des ultimatums. Tout doit se faire dans le consensus et le débat d’idées.
Vous n’êtes pas satisfait non plus du fonctionnement du MP sur le plan local. Quel est votre plan d’action?
Il devient nécessaire de renforcer les structures locales. Le parti donne l’impression de travailler seulement sur le plan central. Or, les bases locales ont toujours fait la force de notre formation politique. Nous tenons à rester fidèles à ce modèle.
Pour cela, il faudra commencer par examiner et évaluer le travail fait au niveau des régions avant de décider du plan d’action. C’est l’une de nos priorités.
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