Retraites : Mardi, une réunion décisive de la CMR
A la veille de la réunion de son conseil d’administration, la Caisse marocaine des retraites est la cible de toutes les spéculations. Retraites à 62 ans, augmentation du taux de cotisation ou encore adoption d’un nouveau mode de calcul des pensions?…
La très attendue réforme des retraites sera présentée ce mardi 7 janvier à l’occasion de la réunion du conseil d’administration de la CMR. La séance sera présidée par le ministre de l’Economie et des Finances Mohamed Boussaïd.
Le directeur de la CMR, Mohammed El Alaoui El Abdellaoui espère tant de cette réforme. Nous reprenons ses déclarations livrées à Médias 24 lors d’un récent article. “L’urgence est d’impulser la réforme paramétrique des pensions civiles, et de passer, dans un deuxième temps, au système bipolaire public-privé.“
Concrètement, le report de l’âge de la retraite figure parmi les priorités de la réforme. Comme indiqué dans son rapport sur la réforme des retraites, la cour des comptes dessine trois scénarios pour la sortie de crise; le relèvement immédiat de l’âge de départ à la retraite à 62 ans permettra à la CMR de reporter la date de son premier déficit à 2016 et de repousser l’épuisement de ses réserves à 2023.
Le prolongement progressif (sur 10 ans) de l’âge de départ à la retraite à 65 ans aura le même impact sur le déficit mais permettra de prolonger l’échéance de l'épuisement à 2025, et l’adoption immédiate de la retraite à 65 ans ne repoussera la date de l’épuisement des réserves que d’une année supplémentaire, mais mettra la CMR à l’abri du déficit jusqu’en 2019.
Le taux de cotisation devrait à son tour connaître une hausse. Si les recommandations de la cour des comptes sont prises en considération, on devrait s’attendre à une augmentation du taux global qui bondira de 20 à 30%. Ce nouveau taux sera obtenu par la sommation de 24% au titre de la cotisation pour le régime de pension civile, majorés de 6% au titre du nouveau régime additionnel par capitalisation (qu’il va falloir mettre en place) supportés, à parts égales, par l’employeur et l’employé.
L’assiette de liquidation de la pension reste la clé de voûte du sauvetage du régime de retraite. En effet, le régime de la CMR est le seul dont l’assiette de liquidation correspond au dernier salaire versé. Parant de ce constat, la cour des comptes recommande l’adoption d’une nouvelle base de calcul, corrélée aux cotisations payées par les adhérents tout au long de leur carrière. Ainsi, il est envisagé de définir comme base de calcul de la pension, la moyenne des salaires perçus durant les 10 ou 15 dernières années d’activité. Cette mesure permettra d’améliorer l’équilibre du régime et réduire sa dette.
Le taux d’annuité est lui aussi jugé excessif par la cour des comptes qui recommande de le ramener à 2% au lieu de 2,5%, comme c’est le cas pour le RCAR. “Le coût des pensions octroyées est largement supérieur par rapport à l’effort de cotisation consenti“ souligne le rapport. Une fois adoptée, cette mesure conduira fatalement à la baisse des pensions distribuées, d’où la nécessité de compenser l’écart par une retraite additionnelle par capitalisation, en vue de maintenir le taux d’annuité à un niveau équivalent aux 2,5%.
Cumulées, ces réformes conduiront -arithmétiquement du moins- à repousser la date du naufrage de la CMR, en prolongeant l’horizon de viabilité du régime de 7 années supplémentaires (soit en 2028). De plus, elles permettront de réduire la dette non couverte de près de 60% à l’horizon 2060.
Finalement, et concernant certaines mesures, le rapport préconise d’adoption d’une démarche progressive, notamment en ce qui concerne le relèvement de l’âge de la retraite ou la modification de l’assiette de liquidation de la pension. Nous en saurons davantage mardi à l’issu de la réunion du conseil d’administration.
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