Chabat-Benkirane: après la guerre verbale, les procès...
Le secrétaire général du Parti de l'Istiqlal (PI), Hamid Chabat, a indiqué, samedi à Rabat, qu'une commission a été chargée d'intenter un procès contre le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, au cours de la semaine prochaine.
Le PI avait décidé de poursuivre en justice le Chef du gouvernement pour ses déclarations, lors de la dernière séance mensuelle sur la politique générale à la Chambre des représentants, sur la fuite des capitaux à l'étranger, jugées par le parti comme diffamatoires à son encontre.
Lors d'une conférence de presse, tenue au siège du PI peu avant la séance d'ouverture des travaux du comité central du parti, Hamid Chabat a indiqué que ladite commission d'expert, composée de bâtonniers et de juristes, a tenu vendredi à Rabat, une réunion consacrée à l'examen des volets juridiques de cette poursuite judiciaire, ajoutant que le chef du gouvernement sera appelé à "dévoiler la liste de toutes les personnes impliquées dans des affaires relative aux fuites de capitaux et leur origine".
Le secrétaire général du PI a estimé que le Chef du gouvernement "a outrepassé ses attributions constitutionnelles à travers son empiètement sur celles du pouvoir judiciaire, seul habilité à formuler des accusations, ce qui constitue, selon lui, une violation du principe de séparation des pouvoirs".
Il a souligné que le Comité exécutif du parti a autorisé Mme Yasmina Baddou, dirigeante istiqlalienne, à intenter un procès contre le président de l'Association marocaine de protection des deniers publics qui l'a accusée d'avoir acquis de "manières suspectes" deux appartements à Paris, soulignant que "tout istiqlalien qui se voit accusé par des responsables et qui n'entame pas les procédures judiciaires qui s'imposent se verra sanctionné conformément aux dispositions intérieures du parti".
Le parti a également décidé d'introduire une demande, par le biais des deux groupes parlementaires istiqlaliens, en vue de constituer une commission d'enquête au sujet du marché des vaccins aussi bien sous le gouvernement précédent que sous l'actuel Exécutif, a-t-il dit.
Le PI avait dénoncé, dans un communiqué publié à l'issue de la réunion hebdomadaire du Comité exécutif "la transformation d'une séance consacrée à la politique générale et au contrôle de l'action gouvernementale en meeting pour discourir et régler des comptes politiques d'une manière qui altère et détourne les dispositions constitutionnelles, nuit profondément aux pratiques démocratiques et fait planer des menaces sur les acquis de notre pays au niveau des réformes politiques et démocratiques".
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