Benkirane fait son show de fin d’année devant les députés
En ce dernier jour de l’année 2013, le chef du gouvernement a sacrifié aux questions des députés sur le dialogue social. Après un démarrage calme et convenu, le débat a viré au pugilat verbal avec l'Opposition. Pour Benkirane, le Maroc se porte très bien.
C’est dans un hémicycle pratiquement vide que le chef du gouvernement s’est livré à son exercice favori de questions-réponses avec les députés de l’opposition.
Il acommencé par défendre son bilan qu’il juge satisfaisant en égrenant une longue liste de chiffres qui prouverait que le dialogue social se porte mieux qu’à son arrivée au pouvoir. Il a répété que «la situation des secteurs sociaux au niveau national s’améliore sans pour autant atteindre les résultats escomptés».
Il a aussi mis en avant la prochaine réforme de la caisse de retraite qui devrait devenir effective dès 2015 en relevant dans un 1er temps le seuil de la retraite à 62 ans. Pour arriver au plafond des 65 ans que son gouvernement préconise, il a prévu de rajouter un semestre par an jusqu’en 2021.
La séance qui a duré pratiquement trois heures s’est brusquement animée dans la dernière heure. Les représentants de l’opposition ont commencé à attaquer violemment son action gouvernementale et ne l’ont pas épargné sur le dialogue social empêtré dans un blocage qu’ils attribuent à sa seule personne.
C’est l’Istiqlal et l’USFP qui, comme il se devait, ont été les plus virulents à l’égard de Benkirane.
Ce dernier ne s’est pas démonté pour autant mais a déchaîné les passions en narguant allègrement ses interlocuteurs dans ses réponses aux questions des députés. Pour les groupes d’opposition, le gouvernement a failli à ses engagements et la situation sociale est explosive car tous les indicateurs économiques sont au rouge.
Le chef du gouvernement a démenti en affirmant la stabilité du Maroc, en citant l’appréciation du FMI et des agences internationales de notation. Le ton est brusquement monté quand il a commencé à parsemer ses réponses de piques à l’égard de ses questionneurs et immanquablement, cela a débouché sur un clash général.
Dans les travées clairsemées de l’opposition, le ton est monté et Karim Ghallab, président de la chambre des Représentants, a malgré tous ses efforts échoué à rétablir l’ordre sur les bancs de l’opposition. Il faut dire que Benkirane ne l’a pas beaucoup aidé en se moquant ouvertement des députés de l’USFP et de l’Istiqlal.
Eclats de rires, grimaces, Benkirane s’est véritablement lâché comme s’il était dans une cour d’école. Narguant ostensiblement l’assistance, le chaos s’est installé et face à cette situation inextricable, il n’a eu d’autre choix que de conclure brusquement son monologue moqueur en clôturant l’année 2013 en fanfare.
à lire aussi
Article : Adouls : la Cour constitutionnelle valide l’essentiel de la réforme, mais écarte plusieurs dispositions
Saisie par 93 députés avant la promulgation du texte, la Cour a déclaré non conformes des articles touchant aux incompatibilités professionnelles, aux personnes en situation de handicap, au témoignage collectif dit “lafif” et à l’organisation des instances représentatives. Le texte devra donc être corrigé sur ces points, sans remettre en cause le cœur de la nouvelle loi 16.22.
Article : En commission, les conseillers votent la nationalisation de la Samir et le plafonnement des hydrocarbures
Deux propositions de loi portant sur les hydrocarbures et la Samir ont été récemment adoptées en commission à la Chambre des conseillers. Un vote "surprise" rendu possible par un rapport de forces numérique défavorable à la majorité, lors d’une séance où l’opposition était majoritaire en nombre. Si ces textes ont franchi l’étape de la commission, leurs promoteurs sont conscients qu’ils ont peu de chances d’être adoptés en plénière.
Article : Retail : la guerre silencieuse pour conquérir le panier des Marocains
Pendant longtemps, les courses du quotidien se sont surtout jouées entre l’épicier du quartier, le grossiste et quelques grandes surfaces. Ce modèle commence à se fissurer. Entre fusion capitalistique, rachats d’enseignes, master-franchises, centrales d’achat, logistique commune et formats de proximité, les grands opérateurs installent peu à peu des réseaux capables d’accompagner le consommateur du café du matin aux achats du week-end. Non sans bousculer les équilibres.
Article : Crédit du Maroc : ce que cache l’augmentation de capital à 699 MDH
Depuis son passage sous le contrôle de Holmarcom, Crédit du Maroc a changé de rythme. La banque affiche des bénéfices en hausse, prépare son plan CDM Boost 2028, et propose désormais à ses actionnaires de suivre le mouvement via une opération ouverte du 26 juin au 16 juillet. Derrière le prix fixé à 938 DH par action, le marché devra surtout juger si cette nouvelle étape confirme une trajectoire ou ouvre un pari plus large. Décryptage.
Article : Nador West Med : derrière le port, le pari industriel de l’Oriental
ROUND UP. Prévu pour entrer en service fin 2026, Nador West Med se construit déjà au-delà de ses quais : routes dédoublées, future autoroute vers Guercif, projets chinois dans l’éolien, les pneus et les alliages, ambition énergétique autour du GNL et de l’hydrogène vert. L’enjeu est désormais de transformer cette infrastructure en véritable moteur économique régional.
Article : Pour près de 395 MDH, ce sera Urbagec/Separator qui construira la future gare LGV de l’aéroport de Casablanca
Le marché porte sur le lot 4 du projet, dédié à la construction de la gare ferroviaire de l’aéroport Mohammed V. Cinq candidats étaient en lice, dont SGTM, Sogea Maroc et Construction Management Services, pour une estimation initiale fixée à 380 millions de DH hors taxes.