Lamiaa Bounahmidi : Prenez-en de la graine
Elle a conçu Looly’s, couscous marocain haut de gamme qui lui a permis de remporter le 1er prix du Startup Cup Maroc 2013. Design thinking, social business, conseil en stratégie... Lamiaa a tout pour construire une stratégie de choc.
28 ans et déjà des réussites. L’histoire de Lamiaa Bounahmidi et du couscous Looly’s, c’est celle d’une passion pour l’économie solidaire et pour les cultures du monde.
A 28 ans, Lamiaa monte son propre business après avoir quitté son poste de consultante en stratégie chez Roland Berger Casablanca.
Ingénieur de l’INSEA de Rabat en actuariat et finance, elle passe ensuite par la prestigieuse ESSEC à Paris, où elle se spécialise en stratégie d’innovation et entrepreneuriat social. Elle part ensuite à Singapour dans le cadre d’une formation accélérée en entrepreneuriat dans les marchés émergents. «J’ai voulu comprendre le monde de l’entreprise et l’impact qu’il génère dans la société», nous raconte-t-elle.
Plus tard, on la retrouve en Allemagne où elle aura l’occasion de mener un chantier en social business strategy en Afrique et Moyen Orient, dans le cabinet du Prix Nobel Muhammad Yunus.
Aujourd’hui, l’heure est aux ambitions fortes pour Lamiaa. Passionnée par les cultures étrangères, elle ne cache point son attachement à ses propres racines marocaines. «J’ai toujours voulu faire de l’entrepreneuriat social, dans un domaine capable faire rayonner l’image du Maroc à l’international tout en ayant un réel impact social sur les populations défavorisées», nous déclare-t-elle, toujours avec le sourire. Elle puise donc ses idées dans le terroir culinaire marocain et se lance dans l’aventure entrepreneuriale avec Looly’s.
L’aventure de Lamiaa avec son couscous réinventé Looly’s
Lamiaa a opté pour le marché anglo-saxon: l’Angleterre et les Etats-Unis en précisant que pour ce dernier pays, elle parle de New York, Boston et la Californie.
C’est en raison de «leur ouverture aux cuisines du monde et un faible attachement à leurs cuisines locales», nous dit-elle. De surcroît, poursuit-elle, «les marques de couscous qui s’accaparent la part de marché la plus importante ne sont pas marocaines, ce qui est dommage car le Maroc reste le berceau mondial du couscous par excellence».
Mais pas seulement, les marchés anglophones sont friands de «tout aliment bon pour la santé qui contre la montée des fast-foods».
Voilà qui est dit, mais pour cela, il faut penser à une stratégie marketing, un positionnement, une communication.
D’abord, pour la communication, Lamiaâ a eu recours au célèbre site américain kickstarter.com pour une campagne de crowdfunding qui permet de faire des pré-ventes limitées. Méthode bien réfléchie, «parce qu’en plus de réduire les coûts marketing tout en augmentant leur impact, cela permettra d’injecter les fonds levés dans la boîte et financer son développement», se réjouit-elle.
Vu le positionnement haut de gamme de Looly’s, Lamiaa vise à distribuer ses produits soit dans les épiceries fines, soit dans les grandes surfaces spécialisées en économie solidaire et en produits naturels de haut de gamme tels que Whole Foods et Trader Joe’s.
Pour le prix, elle préfère rester discrète, mais nous déclare qu’il sera très compétitif avec une proposition qu’aucun concurrent n’offre à ce jour.
Lamiaa collabore avec Columbia University à New York pour la mise en place d’une nouvelle certification dont elle sera pionnière à savoir celle du «Beyond Fair Trade» (au-delà du commerce équitable). Dans cette mesure et pour sa stratégie d’export, la jeune entrepreneuse a écarté les plateformes groupées et les intermédiaires pour réduire ses coûts afin de reverser davantage aux femmes de Sidi Kacem, celles qui font que le couscous Looly’s soit d’une qualité aussi élevée.
Une bonne cuisinière
Looly’s fait partie intégrante des aliments non industrialisés bénéfiques pour la santé. De plus, il peut servir de base pour des plats succulents, assure Lamiaa. Une diversité de recettes avec un aliment du terroir «boostera les volumes de consommation en créant la diversité des options d’utilisation».
Du reste, son challenge est de sortir le couscous de la cuisine ethnique. «Le couscous n’est pas fait pour être cuisiné qu’avec 7 légumes», estime-t-elle. Avec aplomb, elle nous confie qu’elle veut suivre la démarche des grands chef cuisiniers, «comme ce qu’ont fait les italiens avec les pâtes ou les japonais avec les sushis». «Plus besoin de couscoussier, de l’eau bouillante suffit pour que le plat soit préparé», nous explique-t-elle.
Le premier roadshow en Angleterre et aux Etats-Unis est prévu début 2014.
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