Le coût des services bancaires islamiques freine leur utilisation

Une étude inédite de la Banque Mondiale montre que, bien qu’il y ait une préférence déclarée pour les services financiers dits islamiques, ils sont encore relativement peu utilisés, les emprunts conventionnels moins chers ayant toujours la préférence.  

Le coût des services bancaires islamiques freine leur utilisation

Le 25 novembre 2013 à 16h37

Modifié 11 avril 2021 à 2h35

Une étude inédite de la Banque Mondiale montre que, bien qu’il y ait une préférence déclarée pour les services financiers dits islamiques, ils sont encore relativement peu utilisés, les emprunts conventionnels moins chers ayant toujours la préférence.  

La Banque mondiale vient de publier une étude d’Asli Demirguc-Kunt, Leora Klapper et Douglas Randall sur les différences d’utilisation des services financiers conventionnels entre musulmans et non musulmans et l’utilisation des services compatibles avec la Charia au sein de la population musulmane.

Une étude dans 64 pays auprès de 66.000 personnes

L’objectif de l’étude est de savoir d’une part dans quelle mesure l’appartenance à la religion musulmane explique les différences de comportement vis-à-vis des services bancaires conventionnels et d’autre part de connaître les caractéristiques de la demande de produits compatibles avec la Charia.

L’étude est réalisée à partir de données collectées auprès de plus de 66.000 adultes répartis dans 64 pays, ces 64 pays représentant 75% de la population musulmane mondiale. Parmi cet échantillon, 42% de la population en moyenne est musulmane.

Une étude plus approfondie sur la connaissance, l’utilisation et la préférence pour les produits financiers islamiques a été menée dans 5 pays (Algérie, Egypte, Maroc, Tunisie et Yémen) sur un échantillon de 1.000 personnes par pays, dont 95% de musulmans en Egypte et 100% dans les autres pays.

Les musulmans sont-ils moins susceptibles d’utiliser les services financiers conventionnels ?

L’étude considère les comportements des adultes musulmans et non musulmans vis-à-vis des services financiers à travers 3 produits: un compte bancaire, l’épargne et le crédit. Selon l‘étude, si les comportements diffèrent en ce qui concernent la possession d’un compte et l’épargne, en revanche les différences ne sont pas concluantes en matière d’emprunt.

36% des adultes de l’échantillon ont un compte dans une institution financière formelle, 24% pour les musulmans contre 44% pour les non-musulmans. 15% des adultes disent avoir épargné dans une institution financière conventionnelle au cours des 12 derniers mois (19% pour les musulmans contre 9% pour les non musulmans). 9% des adultes interrogés disent avoir emprunté auprès d’une institution financière traditionnelle au cours des 12 derniers mois (9% pour les musulmans et 7% pour les non musulmans).

Les musulmans exclus du système bancaires conventionnels le sont-ils pour les mêmes raisons que les non-musulmans ?

L’étude montre que les populations habituellement exclues du système bancaire conventionnel – les femmes, les moins éduqués, les pauvres et les populations rurales – ne le sont pas plus qu’elles soient ou non musulmanes.

Parmi ceux qui n’ont pas de compte bancaire, seuls 6% avancent une raison religieuse pour justifier l’absence de compte.

Quelle est l’étendue des connaissances des produits financiers compatibles avec la Charia?

Si 48% des personnes interrogées disent savoir qu’il existe dans leur pays des institutions financières qui proposent des produits islamiques, seuls 2% d’entre eux utilisent réellement ces services. Mais les banques islamiques détiennent 4,2% des actifs bancaires en Egypte et 1,5% en Tunisie. Selon cette étude, les femmes sont moins susceptibles d’utiliser les produits islamiques et l’utilisation de ces produits est positivement corrélée au revenu.

Le recours aux produits financiers conventionnels ne semble pas lié ni à la taille de l’offre des produits islamiques, ni à la taille de la population musulmane dans le pays.

Les musulmans sont-ils prêts à payer un supplément pour recourir à des produits compatibles avec la Charia ?

Interrogés sur une hypothétique souscription d’un crédit d’un an auprès d’une banque conventionnelle ou d’une banque islamique, 45% disent préférer contracter ce prêt auprès de la banque islamique malgré un coût du crédit plus important alors que 27% disent avoir une préférence pour le moins cher, en l’occurrence la banque conventionnelle. Enfin, 10% disent ne pas avoir de préférence. Cette part atteint même 54% au Maroc, où 16% seulement de la population dit préférer un prêt dans une banque conventionnelle.

Les hommes semblent plus enclins que les femmes à choisir la finance islamique (48% contre 43%) alors que les moins éduqués et les populations rurales sont davantage susceptibles de choisir le prêt conventionnel moins cher.

Si les services financiers conformes à la charia ont un rôle à jouer dans l’amélioration de l’inclusion financière, le prix reste un facteur déterminant dans le choix du type de services financiers. La coexistence d’une demande pour des services bancaires conventionnels et islamiquesest donc probable.

 

L’étude est consultable sur le site de la Banque Mondiale.

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