PPS: Des comptes déficitaires depuis 2011
Les comptes du PPS sont déficitaires en 2011 et 2012. La dotation publique et les contributions des sympathisants ne suffisent pas à financer toutes ses activités. Cela n'empêche pas le parti de lancer une nouvelle stratégie d’acquisitions immobilières.
L’un des bons élèves d’après le dernier rapport de la Cour des comptes sur les finances des partis politiques, le PPS a été aussi l’un des premiers à répondre à nos questions sur ses fonds au titre des années 2011 et 2012.
Sensiblement modestes par rapport à d’autres formations politiques comme le RNI, l’Istiqlal ou encore l’USFP, les recettes du PPS ont été de 3,39 millions de DH en 2011. L’essentiel de ces fonds provient de la contribution de l’Etat qui lui a versé 2,96 MDH en 2011.
Cette dernière est constituée en partie par une dotation annuelle forfaitaire allouée équitablement à toutes les formations politiques ayant pris part aux élections législatives. Une seule condition est toutefois requise : avoir couvert au moins 10% des circonscriptions.
Une deuxième enveloppe est versée par l’Etat pour la tenue des congrès annuels des partis politiques. Elle s’élève à 50% du montant du soutien annuel.
Une troisième dépend du nombre des voix et des sièges obtenus au niveau national par chaque parti.
Des ressources propres en rade
Les ressources propres ont à peine frôlé les 430.000 DH en 2011. Ce qui n’empêche pas Nabil Benabdellah, S.G du parti de déclarer qu’il compte beaucoup sur «le dévouement des sympathisants».
Il faut savoir que selon la loi régissant les partis politiques, les dons, legs et autres libéralités en numéraire ou en naturene peuvent pas dépasser une valeur globale de 300.000 DH par an et par donateur. Par ailleurs, les partis politiques peuvent organiser des activités sociales ou culturelles à but lucratif ou lancer des journaux partisans.
Les élections de 2011 ont grevé les comptes du PPS
4,37MDH. C’est le montant des dépenses engagées par le parti en 2011, portant le déficit annuel à quelque 982.000 DH.
Mais les choses se corsent surtout avec les élections législatives de 2011. En dépit d’une augmentation sensible des recettes y afférentes (12,96 MDH dont une dotation publique de 10,72 MDH et des recettes propres de 2,24 MDH), le déficit a été au rendez-vous à cause d’un poste dépenses de 13,67 MDH.
Quid de l’année 2012?
Durant cet exercice, les recettes se sont modestement améliorées grâce notamment à une petite augmentation de la subvention de l’Etat (3,08 MDH). Les fonds propres ont quant à eux enregistré une baisse pour s’établir à 387.491 DH. Les dépenses (3,55 MDH) ont à leur tour diminué par rapport à l’exercice précédent, permettant de déboucher sur un résultat négatif plutôt raisonnable : 89.940 DH.
«Le déficit au niveau des réalisations du budget des élections est absorbé progressivement sur les exercices budgétaires 2011 et 2012», nous déclare une source financière au sein du parti.
Les banques à la rescousse
En attendant de rééquilibrer les comptes, le PPS a recours au crédit bancaire pour boucler ses fins d’années.
En contrepartie du concours bancaire, une hypothèque sur le patrimoine immobilier est exigée. Dans le cas du PPS, ce dernier se compose de l’actuel siège central, d’une valeur estimée entre 6 et 7 MDH. S’y ajoute le terrain de Hay Riad (acheté pour 4 MDH) où le parti est en train de construire son nouveau quartier général. Il faut savoir que ce terrain a été acquis auprès de la CDG, une règle pour l’ensemble des partis politiques.
«Nous sommes en train d’acquérir à crédit trois nouveaux sièges régionaux. Le rythme actuel est d’une à deux acquisitions par an. C’est une nouvelle orientation stratégique qui vise à renforcer le patrimoine immobilier du parti. Au lieu de payer des loyers, nous préférons s’acquitter de traites», confie Nabil Benabdellah, secrétaire général et ministre de l’Habitat par ailleurs.
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