Affectations : le ras-le-bol des médecins
La grogne des médecins contre le ministre de la Santé n'en finit plus d'enfler. Au cœur du conflit, l’absence de signature des accords de mouvement par le secrétariat général du ministère.
C’est une situation complexe que vivent les professionnels de la santé affectés dans des zones « difficiles », loin de leurs foyers.
Après des années de bons et loyaux services, plus de 2.000 cadres du corps médical figurent dans la liste d’un mouvement, c’est-à-dire qu’ils ont reçu une affectation proche de leurs foyers.
Seul hic, le secrétaire général du ministère de la Santé tarde à signer la note de mutation, et le ministère ne donne aucune précision sur la date de cette signature.
« Nous n’avons aucune visibilité sur notre avenir », déclare Ahmed, un médecin concerné par cette situation. En poste à Al Hoceima, il a obtenu une nouvelle affectation à Sidi Bennour.
« Cela fait 3 semaines que le médecin remplaçant a pris ses fonctions, et moi je n’ai pas encore retrouvé mon nouveau poste. Cela témoigne d’un manque de respect du ministère de la Santé à notre égard », poursuit-il.
Dans la même veine, le syndicat indépendant des médecins de secteur public au Maroc (SIMSPC), a adressé une lettre au ministère.
« Ras-le-bol des retards non justifiés, du manque d’organisation, (…) du manque de respect envers les médecins », lit-on dans cette lettre, qui ajoute que « malgré le développement du site web du ministère (moyen qui est censé faciliter le traitement, la communication…), ils laissent tout trainer et traitent les dossiers à leur guise, aucun engagement, aucune date, aucune excuse de retard, aucun feed back, aucune procédure à suivre, rien n’est clair et le médecin lambda ne sait ni quand ni comment ni où obtenir une information ».
Conséquence : les « blouses blanches » ont décidé d'exprimer leur colère face à un ministère qui, selon eux, les stigmatise. Dans plusieurs villes, des actions de protestations ont lieu en ce moment même.
Il faut savoir que le médecin spécialiste, une fois la spécialité en poche, c’est-à-dire après 13 années d’études, doit passer un concours d’affectation s’il souhaite exercer dans le secteur public.
La plupart des postes concernent des régions éloignées
Après avoir réunis un certain nombre de points attribués par le ministère, le médecin peut se voir accorder sa mutation. Dans ce sens, le ministère de la Santé établit un classement selon plusieurs critères : la zone, la situation familiale, l’ancienneté…
Plus de 2.000 cadres du corps médical et paramédical ont reçu un accord de mouvement en 2012, mais depuis, la note n’a pas été signée.
« Je suis prisonnier ici, dans la région d’Al Houceima, alors que je suis sensé retrouver mon nouveau poste ».
Dans le cas des regroupements familiaux, pour les résultats de 2012, les postes n’ont pas encore été attribués.
« La circulaire du ministère de la santé n’est pas appliquée », selon un autre médecin concernée, qui précise que chaque année, les procédures changent, notamment pour ce qui est du regroupement familial, ce qui fait que plusieurs médecins de peuvent pas planifier et vivent dans la confusion la plus totale.
« On ne sait pas où on va », explique Docteur Mekri, avant d’ajouter qu’il n’y a aucun dialogue entre le corps médical et le ministère, et que « les actions syndicales sont superficielles ».
Le SIMSP prétend que les notes sont prêtes depuis plus d’une semaine et qu’ils n’attendent qu’une simple signature du secrétaire général du Ministère de la santé.
« Prions tous Dieu pour que le secrétaire général veuille bien signer ces notes, afin qu’on puisse regagner nos nouveaux postes de travail et gérer la scolarisation de nos enfants », conclut le syndicat.
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