Le Maroc lance les études pour l’extension de son plateau continental
Le Maroc lance une étude scientifique pour déterminer l’étendue de son plateau continental atlantique. Il s’agit de la première étape d’un long processus scientifique, technique et juridique qui va durer quelques années.
La mission appuyée par l’ONHYM veut collecter des éléments techniques et juridiques pour délimiter l’extension du plateau continental atlantique. L’Office nationale des hydrocarbures marocains lance donc un appel d’offres qui devra présenter un argumentaire solide en faveur de cette extension. Cela permettra de déterminer une zone économique exclusive (ZEE) et tracer une ligne de démarcation entre ZEE du Maroc, des Iles Canaries espagnoles et des Iles Madère portugaises.
Une source autorisée de l’ONHYM qualifie cette étude scientifique «d’étude technique pure et dure sans plus» et si elle se refuse à lui donner une connotation politique, elle reconnaît cependant sa valeur géostratégique qui contribuera à sauvegarder les intérêts économiques du Maroc.
Le plateau continental d’un Etat côtier comprend des fonds marins et leurs sous sols mais le problème qui se pose est de déterminer avec précision l’étendue de ce périmètre. La côte marocaine atlantique en question n’est pas exempte de ce genre de souci car elle s’étend sur plus de 3.000 km. La délimitation consensuelle d’un plateau continental entre deux parties est rare et les conflits frontaliers apparaissent souvent au sujet de l’exploitation des richesses naturelles.
Conflits et enjeux
Ces enjeux économiques importants et le voisinage «tout proche» des Iles Canaries et des Iles Madère ont déjà occasionné des frictions diplomatiques entre nos pays. Pour rappel, un décret royal espagnol avait autorisé en 2001 des prospections pétrolières offshore dans la région comprise entre le littoral marocain et les Iles Canaries et avait déclenché une tension entre les deux pays. Le Maroc avait alors dénoncé un acte unilatéral et inamical portant atteinte à son plateau continental.
Ce que dit le droit de la mer
Pour régler ce genre de différends, le droit international affirme que la limite maritime entre deux pays est une ligne médiane qui coupe la mer en deux pour chacune des parties en concurrence. Les Nations unies déterminent l’étendue du plateau continental d’un pays dans une fourchette comprise entre 200 miles (270km) et 350 miles marins. L’espace compris entre les côtes marocaines et les iles précitées est bien inférieur à cette distance et la plus proche des Iles Canaries Fuerteventura est à moins de 70 miles (100km).
La thèse défendue par le Maroc est que les iles voisines de notre pourtour atlantique ne constituent pas un archipel et donc pas un pays car dans ce cas de figure, la règle lui aurait attribué une moitié de mer frontalière avec notre pays. Quand il s’agit d’une ou de quelques îles, la jurisprudence internationale se complique mais admet que la façade maritime se calcule en définissant un rayon limité autour de cette(s) ile(s). Le Maroc estime qu’il faut appliquer cette règle à ses voisins ibériques et lusophones alors que l’Espagne réclame qu’on lui applique la règle médiane.
Le désaccord ne s’arrêtera donc pas sans avoir défini au préalable l’extension de notre plateau continental et à cet égard une commission d’études placée sous l’égide du Chef du gouvernement marocain se donne 5 ans pour présenter ses résultats sur le sujet. Si l’étude commandée par l’ONHYM qui va durer 6 mois est purement technique, il faut souligner que le problème qui se pose est éminemment politique car les intérêts économiques et géopolitiques en jeu sont énormes.
À découvrir
à lire aussi

Article : Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains
Alors que la majorité des championnats touchent à leur fin, les internationaux marocains ont pour la plupart signé des saisons de haute volée. Un constat qui s’applique également à ceux qui n’ont rien gagné, mais dont les prestations ont été unanimement saluées. De bon augure en perspective du Mondial 2026.

Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.

Article : En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance
Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.

Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.

Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.


