La BCE devrait rester sourde aux craintes de déflation
Malgré une inflation au plus bas en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) devrait résister jeudi aux pressions en faveur de la baisse de son principal taux d'intérêt directeur, estiment des analystes.
Ce taux avait été porté en mai à 0,5%, soit le niveau le plus faible de son histoire, pour tenter de soutenir la reprise précaire de l'économie régionale. En outre la BCE avait adopté en juillet un « biais baissier », c'est-à-dire qu'elle s'est engagée à maintenir ses taux à leur niveau actuel voire à les diminuer encore en cas de nécessité. « Elle pensait sans doute s'acheter de la tranquillité jusqu'à ce que la reprise se matérialise », analyse Bruno Cavalier, d'Oddo Securities. Mais le recul de l'inflation, à 0,7% en octobre, soit bien en dessous de l'objectif de la BCE de la maintenir sous mais proche de 2%, est passé par là, faisant jaillir le spectre de la déflation, synonyme de baisse des prix mais aussi des salaires et au final de l'activité. D'où des appels pressants des marchés et de responsables politiques pour que la BCE ramène son taux directeur à 0,25% lors de la réunion de son conseil des gouverneurs jeudi ou au plus tard en décembre. D'autant qu'à la question de l'inflation vient se greffer celle de l'appréciation de l'euro, à son plus haut niveau depuis 2011, ce qui inquiète plusieurs pays dont la France.
Attentes prématurées
Mais ces attentes risquent d'être déçues, d'après Carsten Brzeski, économiste de la banque ING, car une baisse des taux serait « prématurée » à ce stade. D'abord souligne-t-il, la BCE n'a pas coutume de réagir face à un indicateur unique et en outre une baisse des taux ne serait que de peu d'efficacité vu qu'elle peine déjà à transmettre sa politique monétaire aux pays en difficulté où entreprises et particuliers restent confrontés à des taux d'emprunt élevés. Mark Wall et Gilles Moëc de Deutsche Bank jugent qu'une baisse de taux « signifierait renier l'hypothèse actuelle d'une reprise ». Certes le retour à la croissance s'avère lent, fragile et inégal -comme en témoigne la prévision mardi d'une croissance moins forte qu'attendue l'an prochain en zone euro par la Commission européenne-, mais c'est précisément le diagnostic posé depuis des mois par le président de la BCE Mario Draghi, rappellent ces économistes.
Une autre possibilité d'action pour la BCE serait d'annoncer une nouvelle injection massive de liquidités par l'intermédiaire d'un nouveau prêt à long terme aux banques, à des conditions très favorables (ou LTRO), avec l'espoir de les inciter à prêter à leur tour pour faire redémarrer la machine économique.
C'est « l'option de prédilection de beaucoup d'acteurs de marché et d'économistes », notent Jörg Krämer et Michael Schubert, de Commerzbank. Mais remarquent Mark Wall et Gilles Moëc, s'il s'est dit prêt à user de « tous les moyens disponibles » pour soutenir l'économie, M. Draghi n'a pas fait référence nommément à cet instrument dans ses discours récents. Ils jugent donc plus probable que la BCE décide encore de prolonger sa politique d'allocation illimitée de liquidités hebdomadaires et mensuelles, à taux fixe, au-delà de juillet 2014.Sur la question des taux de change, « la BCE n'a jamais réagi avec l'outil des taux d'intérêt », rappelle aussi Bruno Cavalier, soulignant que si elle utilisait dès maintenant une baisse des taux, elle risquerait de devoir opter par la suite pour des « actions non-standard » périlleuses. Selon lui, « le plus probable est que la BCE ne change strictement rien au réglage actuel de sa politique monétaire et que le discours de Mario Draghi, sans fermer aucune porte, reste délibérément flou ».
Toutefois « les interventions verbales ne fonctionnent que de manière temporaire », met en garde Holger Schmieding, de la banque Berenberg, jugeant qu' « au final, il faut que les actions suivent ». Pour les analystes de Newedge Strategy, la révision de ses prévisions d'inflation et de croissance en décembre pourraient constituer une bonne occasion d'agir.
(Avec AFP)
à lire aussi
Article : Révolution dans l'assiette : ce que les réseaux sociaux révèlent de la nouvelle conscience alimentaire marocaine
Une analyse massive de plus de 121.000 données collectées entre avril 2025 et janvier 2026 dresse un portrait inédit des mutations alimentaires au Maroc. Entre l’explosion du véganisme, la radicalité du régime carnivore et le retour des superaliments locaux, les Marocains réinventent leur rapport à la santé, principalement en Darija et sur TikTok.
Article : Céramique : la filière marocaine veut s’imposer comme un levier industriel stratégique
Le 15 mai 2026 à Casablanca, l’APIC organise la première Journée nationale dédiée au secteur, sous l’égide du ministère de l’Industrie et du commerce. Industriels, architectes, designers, experts et représentants institutionnels y débattront du "Made in Morocco", des standards de qualité et des perspectives de développement d’un matériau au cœur des enjeux de construction et de compétitivité
Article : Édition au Maroc : le numérique en progression, mais encore limité à 10,8% des publications
Malgré une progression de 33,83% par rapport au précédent rapport, l’édition numérique reste marginale au Maroc, ne dépassant pas les 10,84% des 4.124 publications recensées en 2024-2025.
Article : ONU : António Guterres reçoit Omar Hilale et salue les avancées de la présidence marocaine de la PBC
Reçu à New York par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, l’ambassadeur du Maroc, Omar Hilale, en sa qualité de président de la Commission de consolidation de la paix (PBC), a présenté les avancées de la présidence marocaine ainsi que les efforts déployés en faveur de la paix, notamment en Afrique, des initiatives saluées par le Secrétaire général de l’ONU.
Article : La météo de ce mardi 5 mai 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le mardi 5 mai 2026, établies par la Direction générale de la météorologie: - Temps assez chaud sur l’intérieur des […]
Article : Narjiss Mossadeq, ou comment transformer une ménopause précoce en mission
Après des années de symptômes inexpliqués et de consultations sans réponse claire, l’ancienne professionnelle du marketing s’est formée au coaching hormonal. Le 14 mai 2026 à Rabat, elle coanimera une conférence dédiée à la périménopause, aux côtés de deux médecins spécialistes.