Le temps des hostilités: Petit florilège
Dimanche, le SG de l’Istiqlal s’est livré à un véritable réquisitoire contre le gouvernement. Se livrant à son exercice de prédilection, Hamid Chabat a dressé un bilan accablant de l’action gouvernementale tout en multipliant les piques assassines contre le Chef du gouvernement.
Sur un ton serein, Chabat assure que pour faire face à la morosité ambiante induite par l’inaction gouvernementale, la plateforme politique signée avec son nouveau partenaire de l’USFP va contribuer à construire des lendemains qui chantent en restaurant l’espoir.
Il martèle que le gouvernement remanié signe un retour en arrière dangereux car il n’est pas d’essence politique alors que la Constitution est pourtant claire sur cette obligation.
Sans citer de noms, il déplore que «ce gouvernement va jusqu’à accueillir en son sein des transfuges exclus de leur parti», mais la référence à El Ouafa ne peut pas être plus claire.
Le front USFP-PI veut corriger les dérives autoritaires de Benkirane car les ministres doivent être issus uniquement des rangs de partis politiques et le gouvernement ne doit pas compter plus de 15 ministres, selon lui. En nommant 39 ministres, le Chef du gouvernement a trahi les électeurs car il est revenu sur sa parole de lutter contre la gabegie.
D’après Chabat, la crise politique a commencé avec la nomination de Benkirane et cela est du à la nature égocentrique du Chef du gouvernement qui n’accepte ni discussion ni débat national.
La priorité de l’Istiqlal ne serait pas de décrocher des chaises ministérielles mais d’appliquer un programme basé sur des promesses électorales et c’est ce qui a motivé sa décision de rejoindre l’opposition, se plaçant ainsi du côté du peuple marocain.
Sur les quatre partis de la majorité, quatre ministres sont en même temps SG de leur parti ce qui laisse Chabat pantois. Il juge ce cumul des fonctions inacceptable car diriger un parti politique ne laisse pas le temps d’être ministre.
La mise à contribution de ministres technocrates est condamnée car ce sont les politiques qui sont responsables aux yeux des électeurs et Benkirane est donc seul comptable du choix de ces nominations.
Le PPS et le RNI qui reconnaissent n’avoir pas participé à l’élaboration du projet de Loi de finances sont la preuve que Benkirane est contre le débat et impose plutôt que de composer.
La cure d’austérité que ce dernier inflige au peuple ne va pas relancer l’économie nationale et devient à ses yeux un crime économique national. La hausse des prix va se répercuter sur le portefeuille de la ménagère et ralentir la consommation intérieure.
Chabat continue de brocarder le Chef du gouvernement sur sa vision personnelle du pouvoir et le taxe de «buté et têtu» car il rejette même les discussions avec les syndicats qui représentent les travailleurs noyés sous un matraquage fiscal.
Le jugement le plus sévère à son encontre concerne l’assertion du Chef de gouvernement qui assure que le PJD est un parti politique et non islamiste. Chabat affirme que ce parti prend ses ordres chez les frères musulmans à l’étranger et que le gouvernement est dirigé par des gens marocains en apparence, islamistes d’obédience et afghans de mentalité.
Des accusations extrêmement graves qui sous d’autres cieux lui vaudraient certainement un procès en diffamation mais les lecteurs l’auront compris, désormais tous les coups sont permis.
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