Valorisation boursière : Twitter estime atteindre les 11 milliards de dollars
Le réseau social Twitter a enfin chiffré jeudi son projet d'entrée en Bourse, qui dans l'hypothèse la plus optimiste lui permettrait de lever 1,61 milliard de dollars et le valoriserait au total à quelque 11 milliards.
Dans une version actualisée de son projet publiée sur le site du gendarme boursier américain (SEC), Twitter annonce qu'il compte mettre sur le marché 70 millions d'actions pour un prix unitaire compris entre 17 et 20 dollars.
Comme de coutume dans ce genre d'opération, le prix définitif ne sera fixé qu'à la veille de l'opération elle-même, à l'issue d'une tournée de présentation (« roadshow ») auprès des investisseurs potentiels.
Twitter ne dit toujours pas à quelle date il prévoit de faire ses premiers pas sur le marché, mais le Wall Street Journal parle du 7 novembre sur la base de sources proches du dossier.
Twitter a prévu en cas de demande importante une option de surallocation portant sur 10,5 millions de titres supplémentaires, ce qui porterait au total le nombre d'actions ordinaires en circulation après l'opération à environ 555 millions.
Valorisation prudente
Sur cette base, il s'évalue donc au total à entre 9,3 et 11,1 milliards de dollars, un niveau relativement bas comparé aux chiffres qui circulaient dans les médias, et montaient parfois jusqu'à 15, voire 20 milliards.
Pour Michael Pachter, « l'entreprise a l'intention de créer beaucoup de demande, et ils gardent intentionnellement le volume bas pour s'assurer que la demande dépassera l'offre. Cela devrait arriver à ce prix ». « Cette fourchette initiale laisse la possibilité de relever l'éventuel prix d'introduction, ce qui conforterait le marché dans l'idée que la demande est forte, et laisserait encore de la marge pour une jolie progression le premier jour de cotation », juge aussi Lou Kerner, fondateur du fonds d'investissement Social Internet Fund.
L'entrée en Bourse de Twitter est l'une des plus attendues de l'année. Le défi pour le réseau social est toutefois d'éviter les erreurs de son grand rival Facebook, qui avait vu son entrée en Bourse en mai 2012 très vite tourner au cauchemar.
Eviter les erreurs de Facebook
La première séance de cotation sur la plateforme électronique Nasdaq avait été émaillée de nombreux problèmes techniques, et Facebook avait été très vite confronté à une dégringolade de son cours de Bourse, qu'il avait mis plusieurs mois à endiguer.
Twitter a prévu de coter ses titres, qui porteront le symbole « TWTR » sur une autre place de marché, le New York Stock Exchange.
Il a opté également sur une entrée en Bourse plus modeste que son rival: là où Facebook avait levé 16 milliards de dollars l'an dernier, Twitter ne prévoit, sur la base des chiffres donnés jeudi, qu'entre 1,19 milliard de dollars de recettes si c'est le prix le plus bas qui est retenu, et 1,61 milliard s'il est fixé dans le haut de la fourchette et que l'option de surallocation est exercée.
Twitter indique dans son document boursier qu'il utilisera ces recettes pour financer ses activités opérationnelles et des investissements, mais rappelle que l'opération vise avant tout à « augmenter notre capitalisation et notre flexibilité financière, créer un marché public pour nos titres et nous donner un accès aux marchés d'actions ».
Même si les deux réseaux sont souvent opposés, Twitter n'a pas du tout la même échelle que Facebook. Il revendiquait 231,7 millions d'utilisateurs fin septembre, contre 1,15 milliard pour son rival.
Twitter est en outre déficitaire, avec une perte nette d'encore 134 millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2013, en dépit d'une forte croissance de son chiffre d'affaires, plus que doublé sur la même période à 422 millions de dollars.
Sa capacité à devenir rentable reste incertaine, même s'il a multiplié ces derniers mois les efforts pour augmenter ses recettes publicitaires, entre autres avec des offres visant les réseaux télévisés.
Twitter a d'ailleurs annoncé plus tôt jeudi le recrutement de la responsable des activités numériques du groupe télévisé NBC News, Vivian Schiller, pour s'occuper de ses partenariats avec les médias.
(Avec AFP)
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