Les différentes vies de Khadija Doukali
Elle a marqué à tout jamais le secteur de la pêche hauturière, jadis accaparé exclusivement par la gent masculine. Décédée vendredi 13 septembre à l’âge de 51 ans, beaucoup l’ont surtout connue via son parcours politique.
Aimée, controversée, admirée, critiquée…Khadija Doukali n’appartenait pas à cette catégorie de personnes que l’on peut classer dans une seule case, ni celles qui peuvent vous laisser indifférent. Battante, jusqu’au-boutiste, anticonformiste, franche aussi, cette femme de caractère n’avait pas peur d’avoir des positions impopulaires, de dire haut et fort ce que d’autres pensaient tout bas.
Quitte à se faire des ennemis ou à susciter la polémique autour d’elle. Et elle en suscitait, des polémiques dans un secteur connu pour ses puissants lobbies.
Unique femme armateur de pêche hauturière au Maroc, elle ne s’est pourtant jamais définie comme une féministe. «Il se trouve que la pêche a depuis toujours été la chasse gardée de la gent masculine. Mais rien n’interdit à une femme d’y mettre les pieds», répondait-elle en substance à tout journaliste qui se croyait obligé de lui rappeler qu’elle exerçait un métier d’hommes.
Elue présidente de la Fédération des industries de la mer, elle a fini par décrocher la reconnaissance de ses pairs. Dans la foulée, elle cofonde l’Association des femmes chefs d’entreprises où elle a occupé le poste de secrétaire générale pendant cinq années avant de claquer la porte pour désaccord sur les résultats électoraux.
En 2006, alors qu’elle est accusée d’avoir laissé sa flotte de pêche hauturière ainsi que ses marins à l’abandon, elle crie à la manipulation, clame son innocence et finit par s’exiler au Canada, ce pays qui lui a donné goût à la politique en choisissant pour camp l’UMP.
Directeur de campagne pour le Québec et dans les provinces maritimes de Nicolas Sarkozy aux présidentielles de 2007 : rien que cela ! De retour au Maroc, cette franco-marocaine est désignée comme suppléante de Thierry Plantevin, conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger sur la liste de l’UMP, puis nommée secrétaire générale de la délégation UMP du Maroc.
Titulaire d’un DEA en stratégie financière (Paris-XIII) et d’un MBA obtenu également à Paris (ESCP), la défunte, enseignante à l’ISCAE, n’a jamais quitté la société de pêche familiale, mais a créé son propre cabinet de consulting Euromed.
Ayant de l’énergie à revendre, la défunte a également été chargée par l'UMP de mener les batailles électorales de 2012 pour la 9ème circonscription des Français de l'étranger, qui regroupe 16 pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest.
Qu’elle repose en paix !
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