Le patron de Lufthansa part pour Roche
L’annonce surprise du départ du patron de la compagnie aérienne allemande Lufthansa pour Roche à l’issue de son contrat au printemps intervient alors que le groupe se trouve en pleine restructuration, pour faire face à une concurrence exacerbée.
Christoph Franz a informé le groupe «qu’il n’est pas disponible pour une extension de son contrat en tant que président du comité exécutif et président du directoire», a pris acte lundi la compagnie aérienne, confirmant des informations parues ce week-end dans la presse.
Au terme de son contrat, fin mai 2014, M. Franz, rejoindra le laboratoire pharmaceutique suisse Roche, qui a annoncé ce même jour l’avoir choisi pour la présidence de son conseil d’administration, en remplacement de Franz Humer qui prendra sa retraite fin mai. Une assemblée à laquelle il siège déjà depuis 2011.
«Cette décision a été tout sauf facile pour moi après près de 15 années passées dans le groupe Lufthansa», a commenté M. Franz, toutefois «enchanté» de rejoindre Roche.
Âgé de 53 ans, cet économiste de formation avait redressé les comptes de la filiale suisse de Lufthansa, Swiss, dans les années 2000 avant de rejoindre la maison mère en 2009 pour diriger la division «Passager». Il avait pris les rênes du groupe le 1er janvier 2011, succédant à Wolfgang Mayrhuber.
«Je pense pouvoir parler au nom de tous les membres du conseil de surveillance, en remerciant aujourd’hui Christoph Franz» pour son engagement, a réagi M. Mayrhuber, devenu chef du conseil de surveillance de la compagnie.
Mauvais moment
Ce départ arrive toutefois au «mauvais moment» pour le géant aérien européen, qui a transporté plus de 100 millions de passagers en 2012, estime Dirk Schlamp, analyste pour la banque DZ Bank.
Malmené à la fois par la concurrence des compagnies low-cost, par celle des compagnie du Golfe et les coûts élevés du carburant, Lufthansa mène une cure d’austérité, à la fois pour redresser sa rentabilité et pour financer des investissements colossaux dans le renouvellement de sa flotte.
M. Franz a ainsi engagé un lourd plan de restructuration, baptisé «SCORE», visant à améliorer le résultat d’exploitation annuel d’au moins 1,5 milliard d’euros à partir de fin 2014, par rapport à 2011. Pour ce faire, 3.500 postes doivent être supprimés durant cette période.
Il a en outre réorganisé l’offre du groupe, avec le transfert depuis le 1er juillet de la quasi-totalité de ses lignes européennes à sa filiale à bas coûts Germanwings.
Le programme «SCORE», «et les principales décisions d’investissements ont posé jusqu’à présent les bases d’un développement futur réussi pour le groupe Lufthansa. C’est un moment approprié pour un changement à sa tête», a assuré M. Franz.
Pour autant, la compagnie a publié un bénéfice net pour le deuxième trimestre presque divisé par deux et un excédent brut d’exploitation en baisse, signe que la tâche de son futur patron s’annonce ardue.
Parmi les possibles candidats, l’actuel dirigeant de la division «Passager», Casten Spohr, 47 ans, «est vu comme le successeur le plus probable», estime Jochen Rothenbacher, analyste pour la banque Equinet. «Un autre candidat pourrait être Harry Hohmeister», 49 ans, chef de la la compagnie Swiss, qui a rejoint le comité exécutif du groupe en juillet, poursuit-t-il.
Cette question devrait être abordée mercredi lors d’une réunion du comité de direction du groupe. Selon l’agence américaine Bloomberg, la direction pourrait également entériner une commande de 50 appareils long-courrier, comprenant des Airbus 350-900 et Boeing B777-9X, pour un montant de 14 milliards de dollars (environ 10 milliards d’euros).
Contactée par l’AFP, un porte-parole de la compagnie aérienne a toutefois précisé qu'«aucune décision n’avait été prise» et que le groupe était «en discussion intensives» avec les constructeurs, sans donner de détails.
A la Bourse de Francfort, les investisseurs semblaient hésiter sur la conclusion à tirer du départ de M. Franz. Le titre de la compagnie est ainsi passé du vert au rouge avant de regrimper de 0,86% à 14,06 euros à 10H34 GMT sur l’indice vedette Dax.
(Par AFP)
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