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Syrie: Assad défie l'Occident en attendant l'avis des experts

Le président Bachar al-Assad a prévenu jeudi que son armée se défendrait contre toute attaque occidentale après des accusations de recours à l’arme chimique dans le conflit en Syrie, qui fait l’objet d’une enquête d’experts de l’ONU censée s’achever samedi.  

Syrie: Assad défie l'Occident en attendant l'avis des experts
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Le 29 août 2013 à 13h58 | Modifié 29 août 2013 à 13h58

Les pays occidentaux semblent temporiser sur l’opportunité d’une frappe dans l’immédiat en Syrie, la communauté internationale étant divisée entre opposants et partisans du régime Assad qui veulent surtout attendre les résultats de l’enquête de l’ONU.

Même si le président Barack Obama a affirmé que son pays avait clairement établi la responsabilité du régime dans une attaque chimique présumée le 21 août près de Damas, il a dit n’avoir encore pas pris de décision sur une éventuelle action en Syrie. Paris et Londres ont aussi accusé le régime de cette attaque.

En attendant, la Grande-Bretagne a déployé six avions de chasse Typhoon sur l’une de ses bases à Chypre, à une centaine de kilomètres des côtes syriennes, alors que quatre destroyers américains équipés de dizaines de missiles de croisière Tomahawk croisent déjà en Méditerranée.

Dans le camp des alliés de M. Assad, la Russie, hostile à toute intervention en Syrie, a elle aussi montré ses muscles en annonçant l’envoi en Méditerranée dans les prochains jours d’un bateau de lutte anti-sous-marine et d’un navire lance-missiles.

Fort de l’appui russe, M. Assad, qui avait déjà démenti les accusations «insensées» de recours à l’arme chimique, a prévenu que la Syrie se défendrait «contre toute agression» et que les menaces ne faisaient «qu’accroître son attachement à ses principes et à son indépendance».

«La Syrie, avec son peuple qui résiste et sa valeureuse armée, est déterminée à éradiquer le terrorisme soutenu par Israël et les pays occidentaux», a-t-il souligné devant une délégation yéménite à Damas, assimilant comme depuis près de deux ans et demi la rébellion à du terrorisme, selon la télévision d’Etat.

«Le peuple est garant de la victoire», a encore dit M. Assad, inébranlable malgré les menaces.

Sécurité renforcée à Damas

Dans le même temps, la capitale syrienne se préparait progressivement à une confrontation avec les Occidentaux, avec des contrôles plus stricts aux barrages routiers, des mesures de sécurité renforcées dans les hôpitaux et un repositionnement des forces armées hors de leurs postes de commandement.

Sur les autres fronts dans le pays, les violences et les combats entre rebelles et soldats continuent alors que depuis mars 2011, les violences ont fait selon l’ONU plus de 100.000 morts et poussé au moins un Syrien sur cinq à fuir son foyer.

Après les allusions à une action imminente ces derniers jours, des pays occidentaux dont la Grande-Bretagne ont dit vouloir attendre les résultats de l’enquête des experts de l’ONU sur l’attaque du 21 août, qui a fait des centaines de morts selon l’opposition.

Jeudi, ces experts ont achevé une troisième visite sur les lieux après avoir prélevé mercredi du sang, d’urine et de cheveux auprès des victimes de l’attaque chimique présumée dans des localités de la Ghouta orientale et de la Ghouta occidentale.

«Ils continueront leur enquête jusqu’à demain vendredi, et ils quitteront la Syrie d’ici samedi dans la matinée et me feront leur rapport dès qu’il seront sortis», a déclaré à des journalistes à Vienne le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, en plaidant de nouveau pour un règlement politique.

Divisions internationales

Après le bruit des bottes, M. Obama a dit mercredi ne pas «encore avoir pris de décision» sur une frappe. L’idée reste que le régime «reçoive un message assez fort sur le fait qu’il ferait mieux de ne pas recommencer» à utiliser des armes chimiques, a-t-il expliqué en évoquant «un coup de semonce».

Il s’exprimait après une réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine), qui ont sans surprise affiché leurs désaccords sur une résolution autorisant une action militaire.

Le Royaume-Uni, qui a dit qu’il ne lancerait pas d’action militaire avant de connaître les conclusions de l’ONU, a néanmoins affirmé qu’il «serait toujours autorisé» à mener «une intervention ciblée» en Syrie, même en cas de blocage au Conseil de sécurité, «en vertu de la doctrine d’intervention humanitaire».

Les députés britanniques doivent se prononcer jeudi soir sur une motion du gouvernement prévoyant le principe d’une intervention en Syrie, mais l’opposition travailliste a décidé de voter contre.

A Paris, le gouvernement a expliqué que la riposte militaire était «compliquée à construire». Le président François Hollande et la chancelière allemande Merkel ont eux aussi déclaré attendre le rapport des experts de l’ONU.

M. Hollande a cependant insisté sur la nécessité de «marquer un coup d’arrêt par rapport à l’escalade de la violence», après un entretien avec le chef de l’opposition syrienne Ahmad Jarba, qui s’est dit convaincu qu’une «punition» internationale allait être infligée à Damas.

Le Vatican a estimé que la voie du dialogue et de la négociation était «l’unique option» pour sortir la Syrie de la crise aux yeux du pape François et du roi de Jordanie, Abdallah II, reçu par le pape.

Et parmi les alliés de M. Assad, le chef d’état-major iranien, Hassan Firouzabadi, a prévenu qu’une action militaire contre la Syrie aurait des conséquences sur toute la région et mènerait Israël «au bord des flammes».

Mais le président israélien Shimon Peres a affirmé qu’en cas de menace, Israël répliquerait «avec toute sa force».

(Par AFP)

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Le 29 août 2013 à 13h58

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