Les enseignements intérieurs de l’affaire Galvan
L’affaire Daniel Galvan va laisser des traces ici au Maroc. Nous pouvons d'ores et déjà distinguer quatre enseignements et implications.
Le premier enseignement est connu: Comment faire en sorte que l’erreur ne se reproduise pas. C’est la réforme et le verrouillage des procédures de grâce, dont le Roi vient de charger le ministre de la Justice. La démocratie, comme la transparence, sont aussi et avant tout une question de système, pas d'hommes.
La grâce obéit aux dispositions du Dahir de 1958, amendé en 1977 et elle va devoir être encadrée par des critères.
Le second enseignement est la naissance d’une opinion publique, en tant qu’acteur à part entière. Le phénomène remonte aux débuts du règne mais jamais, hormis la vague du printemps arabe, elle n’avait été autant présente. Ceux qui sont sortis manifester leur indignation sont des citoyens lambda, même si à côté de cela, les tentatives d’instrumentalisation et de politisation étaient bien visibles.

Le troisième enseignement concerne l’institution royale. Le Roi avait déjà refusé d’intervenir dans le bras-de-fer Istiqlal-PJD. A l’époque, le message était déjà le suivant : le Roi est arbitre des institutions, il est au dessus du jeu politique. Dans l’affaire Galvan, c’est le même message, peut être plus fort cette fois-ci.
Le dernier enseignement concerne l’étrange comportement du gouvernement, des partis et du PJD. Seuls deux partis, le PAM et le PPS ont demandé une enquête. Le gouvernement, pourtant responsable et, à travers ses prérogatives, coupable, n’a pas bronché. Le ministère de la Justice a diffusé un communiqué dont l’objectif unique semble avoir été de disculper le département de M. Ramid. Pire, le communiqué a été diffusé puis retiré du site du ministère. L’affaire Galvan laissera des traces ici aussi.
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