La Bourse de Casablanca intéresse de moins en moins les étrangers
Ils étaient déjà peu nombreux, mais leur participation a encore chuté de 20%. Dans son rapport, la place casablancaise dresse le portrait d’investisseurs étrangers de plus en plus rares.
Les investisseurs européens sont les principaux détenteurs des actions cotées à la bourse de Casablanca avec 90, 68% du total des avoirs détenus par les investisseurs étrangers. Ensuite viennent les investisseurs d’Amérique du Nord avec 5,23% suivi de ceux du Moyen Orient avec 3,30%. Ils étaient 4.560 en 2012. Soit une centaine de moins que l’année précédente.
Ce ne sont pas les grandes multinationales qui s’intéressent à la place casablancaises. Les personnes morales françaises occupent la première place et détiennent à elles seules 77,23% en 2012.
12 secteurs d’activité particulièrement concernés
Les équipements électriques et électroniques (Nexans Maroc 84%), les télécommunications (Maroc Telecom 56%), les services aux collectivités (Lydec 52%), le secteur du bâtiment et des matériaux de construction (47%), les loisirs et hôtellerie, le secteur pharmaceutique, les banques, l’agroalimentaire et les sociétés de financement et autres activités. Dans le reste des secteurs, les participations demeurent minoritaires au sein des sociétés cotées et se situent aux alentours de 3%.
La capitalisation boursière détenue par les investisseurs étrangers a chuté de 20%
Elle est passée de 147 milliards de dirhams à 118 milliards en 2012. Cette baisse, selon la bourse de Casablanca est imputable à la contreperformance des secteurs phares de la cote casablancaise notamment le secteur bancaire et celui des télécoms.
En termes de flux, les investisseurs étrangers ont réalisés des ordres d’achats de plus de 7 milliards de dirhams et un volume de vente de plus de 4 milliards. Soldant ainsi un mouvement des flux à plus de 3 milliards de dirhams dans le sens des achats.
La baisse des cours fait reculer les investisseurs
La baisse de l’investissement des étrangers s’explique par la baisse des cours sur le marché boursier. Déjà qu’elle représente un petite part négligeable dans la capitalisation de la place casablancaise, la part flottante détenue par les étrangers et les MRE a baissé cette année, passant de 3% à 2,7% en 2012.
Le manque de liquidité plombe la bourse de Casablanca, tant sur le marché bancaire qui s’équilibre seulement grâce aux injections de la banque centrale, que sur le marché financier avec les levées du Trésor. Le manque de liquidité ne permet pas à l’investisseur d’acheter ou de vendre une action sans que cela n’ait un impact majeur sur les prix.
Mais pour d’autres acteurs, là n’est pas la question. Pour Fathia Bennis, directrice générale de Maroclear, « le vrai problème de la place de Casablanca est le manque de confiance des investisseurs ».
Et la dégradation de la Bourse de Casablanca de l’indice MSCI, qui entrera vigueur en novembre prochain, n’est pas pour rassurer les investisseurs. Il faudra vite rétablir la confiance.
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