Deux incendies ce week-end à Casablanca ont causé de gros dégâts matériels. Quelle suite ?
Le risque incendie dans les entreprises au Maroc est relativement faible, mais il reste important de par ses conséquences. Un incendie ou une explosion peut détruire l’ensemble du patrimoine de l’entreprise et ravager les bâtiments qui l’entourent.
Samedi dernier, un incendie s’est déclaré dans une usine de production manufacturière dans le quartier industriel de Sidi Bernoussi. Presque en même temps, un autre incendie s’est déclenché dans une société spécialisée dans la literie : couvre-lits et matelas. Cette fois dans la zone industrielle de Znata. L’incendie a détruit une grande partie des murs de la société.
«Les entreprises à pouvoir calorifique sont les plus menacées par ce risque», nous explique Younes Saih, expert en assurance et président de Agrepi Maroc, Association des ingénieurs et cadres spécialistes de la maîtrise des risques.
Sont menacées également les entreprises qui procèdent à des fabrications risquées comme le raffinage, les entreprises qui utilisent une chaudière ou l’éthane et puis les sociétés qui produisent des matelas, de l’éponge et qui les stockent en grande quantité. L’industrie de la peinture représente également un risque élevé d’incendie.
«L’assurance risque incendie et explosion n’est pas obligatoire. Mais il est important pour une entreprise d’y souscrire», déclare Younes Saih. «La perte ne se limite pas aux bâtiments de l’entreprise, elle peut s’étendre aux alentours. L’assurance est là pour indemniser ces pertes. Mais il y a également le paiement des salariés et des fournisseurs, l’assurance peut l’assurer pendant 24 mois au maximum. Et enfin, s’il y a des sinistrés, l’assurance verse des indemnisations aux ayants droit».
Quand un incendie se déclenche, l’assureur dépêche un expert pour constater et évaluer les dégâts. Et ce n’est qu’en cas de litige entre l’assureur et l’assuré qu’il y a recours à la justice.
Bien avant qu’un assureur ne prenne en charge le risque incendie d’une entreprise, il évalue ce risque et le patrimoine de ladite entreprise qui recourt à ses services
La prime assurance que verse une entreprise dépend de deux éléments.
D’abord du capital assuré : le bâtiment, le matériel qu’il abrite, les outils de productions et le stock.
Et puis, il y a un taux de prime en rapport direct avec la dangerosité de l’entreprise. Les plus exposées ont un taux de prime supérieur aux autres.
«Pour calculer la prime à verser, on multiplie ce taux par le capital», nous explique Saih.
Plus les entreprises mettent en place des précautions, plus l’assurance octroie des rabais
L’assureur, avant de tarifer un risque, visite l’entreprise et émet des recommandations. Si elle est hors-normes de sécurité, l’assurance peut même refuser de prendre le risque.
Dans le code du travail, la réglementation stipule qu’une entreprise de plus de 50 employés doit être munie d’un comité de sécurité, d’un service médical, d’extincteurs et d’une ingénierie de secours.
La société doit également former 10% de ses employés pour les secours. Et le gérant a une responsabilité civile et pénale. Vous vous rappelez sans doute l’incendie meurtrier qui a ravagé la société Rosamor en 2008. L’incendie a provoqué la mort de 55 personnes. Le patron de l’usine de textile a écopé de 4 ans de prison pour violation des dispositions du code du travail.
Qui surveille la mise en place de ces dispositifs sécuritaires ?
Evidemment, pour les entreprises assurées contre le risque incendie, c’est l’assurance qui s’en occupe et minutieusement. «Un assureur ne prend pas de risque», nous explique Younes Saih.
En revanche, pour les sociétés non assurées, ce sont des organismes des ministères de l’Emploi et de l’Industrie qui devraient s’en occuper.
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