La grève des taxis casablancais maintenue par trois syndicats
Suite à la récente attribution d’agréments par le ministère de l’Intérieur, trois syndicats professionnels ont appelé à la grève le 18 juillet pour revendiquer leur quota. Or cette doléance ne fait pas l’unanimité au sein de la profession. Explications.
Dans leurs récentes déclarations à Médias 24, Mabrouk Bouchaïb, SG de la Confédération des ouvriers marocains et Mohamed Erreggani, SG de la Confédération nationale du travail se sont dit en colère contre Benkirane. Alors que le Chef du Gouvernement leur avait promis la fin des « grimate », le ministère de l’Intérieur a accordé, courant juillet, des agréments à des non professionnels des taxis. Ils auraient été accordés à des prisonniers politiques suite à la visite royale à la Maison carcérale Oukacha de Casablanca en août 2011, mais viennent à peine de prendre effet.
Or pour ces deux syndicalistes, seuls les professionnels des taxis auraient droit à ces agréments puisqu’il ne s’agirait pas là d’une rente mais d’un moyen d’exercer leur métier. Rejoints par la Fédération nationale des professionnels du transport, ils demandent donc aujourd’hui que des quotas d’agréments soient réservés aux taximen et comptent faire entendre leur revendication lors de la grève prévue le 18 juillet. Dès 10 heures, les taxis rouges et blancs se retrouveront avenue Mohammed VI à Casablanca et rouleront vers la Cour d’appel, avenue Pasteur, pour un sit-in.
«Les syndicats grévistes sont poussés par des partis politiques»
Trois syndicats sur six semblent donc bien partis pour un nouveau bras-de-fer avec le gouvernement Benkirane. D’autres y voient une affaire politique plus qu’un moyen d’aboutir à une réforme du secteur des taxis.
C’est le cas de Mustapha Chaoun, SG du syndicat national marocain des professionnels du transport, qui a déclaré à Médias 24 que «les syndicats grévistes sont poussés par des partis politiques». Le bureau national du SMPT, qui se veut indépendant, a d’ailleurs pris la décision de ne pas participer à cette grève. Pour ce syndicat, la revendication de quotas par les taxis est contraire à la réforme et à la bonne marche du secteur.
«Revendiquer des quotas d’agréments pour les taxis revient à garder le système des privilèges du passé. Lorsqu’on fait une grève pour avoir des agréments, on ne représente plus le secteur mais des intérêts propres. Il faut se battre pour ses droits et non pour récupérer ceux des autres», nous explique M. Chaoun. Pour le SG du SMPT, il est primordial que les taxis ne dépendent plus du ministère de l’Intérieur mais bien du ministère de l’Equipement et du Transport et que les agréments soient transformés en PME, avec une liste d’attente et un cahier des charges.
Cela pourrait se faire sous forme de coopérative des professionnels des taxis. Selon M. Chaoun, l’Etat serait même prêt à donner le terrain pour la tôlerie et les pièces de rechange, et les taxis pourraient faire leur plein de gasoil et leur vidange à un prix raisonnable. «Il serait même possible de créer des petits clubs où les taxis pourraient se retrouver. Mais l’Etat, bien qu’il soit prêt à négocier cela, ne trouve pas d’interlocuteur et chaque syndicat a ses propres revendications», regrette-t-il.
Un système gagnant-gagnant citoyen-chauffeur
Aussi, le SMPT s’inscrit dans une logique complètement opposée à celle de la grève du 18 juillet. Anti-agréments et pro-PME, le syndicat insiste sur la nécessité d’un cahier des charges prévoyant des formations, une tenue de chauffeur, le pointage électronique, l’accueil du client pour obtenir sa licence d’exploitation.
«Cette licence devra être renouvelée tous les trois ans, en même temps que le véhicule, ce qui permettra d’éliminer les opérateurs dont les véhicules sont en mauvais état, mais aussi ceux dont les chauffeurs sont désagréables, brûlent des feux rouges ou fument dans des taxis!», nous déclare M. Chaoun, ajoutant que la concurrence du tramway, propre et climatisé, sera plus rude avec l’arrivée prochaine de la deuxième ligne et qu’il faut aller de l’avant.
De cette manière, le citoyen sera gagnant mais aussi le taxi, assure le SG du SMPT, car la PME exploitant la licence sera inscrite au registre du commerce et pourra déclarer ses employés qui pourront alors cotiser à la CNSS, avoir une mutuelle, pouvoir bénéficier d’un crédit logement… Ce qui revient à répondre à la majorité des revendications des chauffeurs de taxis.
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