UE: la Croatie est devenue le 28e membre
Des feux d'artifice ont éclairé le ciel de Zagreb alors que des dizaines de milliers de Croates à travers le pays acclamaient lundi à 00h00 locales (dimanche 22h00 GMT) l'adhésion à l'Union européenne de leur pays, 22 ans après la proclamation de son indépendance de l'ex-Yougoslavie.
«Bienvenue dans l'Union européenne», a lancé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso à la foule rassemblée à Zagreb, peu avant que «L'ode à la joie» de Beethoven - hymne de l'UE -, ne consacre l'intégration de la Croatie comme 28e membre du bloc européen. «C'est une nuit historique. Vous avez fait revenir la Croatie à sa juste place au cœur de l'Europe», a-t-il lancé. Dans son discours, le président croate Ivo Josipovic a invité ses compatriotes à l'optimisme. «Ne laissons pas le nuage de la crise économique assombrir notre optimisme. La crise est un défi, une invitation à faire de demain un jour meilleur qu'aujourd'hui», a-t-il dit.
Sur les trois scènes édifiées sur la place centrale de Zagreb, plus de 700 artistes, chanteurs, musiciens et danseurs se sont produits devant la foule enchantée. Des festivités similaires se sont déroulées dans les villes de Split et Dubrovnik, de même qu'à Varazdin et Riejka. A minuit, le panneau de signalisation frappé de l'inscription «douane» a été symboliquement retiré du passage frontalier avec la Slovénie, la seule ex-république yougoslave qui ait rejoint à ce jour l'UE (2004) depuis le démantèlement de l'ancienne fédération communiste. Dans le même temps un panneau portant le sigle de l'UE a été installé à la frontière avec la Serbie, pays à qui Bruxelles a donné vendredi son feu vert pour l'ouverture de négociations d'adhésion.
Les présidents de tous les pays des Balkans étaient au rendez-vous à Zagreb.,Une centaine de responsables internationaux - dont le président du Conseil européen Herman Van Rompuy - ont assisté à la fête de l'adhésion. En dehors des dirigeants européens, aucune personnalité internationale n'a annoncé sa participation. L'absence de la chancelière allemande Angela Merkel fait quant à elle l'objet de conjectures dans la presse locale. Car malgré les démentis de Berlin, la presse croate assure que l'absence de Mme Merkel est liée au refus de Zagreb d'extrader un ancien chef du renseignement yougoslave recherché par la justice allemande, en lien avec le meurtre d'un dissident croate sur le territoire allemand en 1983.
La Croatie est le premier État à rejoindre l'UE depuis l'adhésion, en 2007, de la Roumanie et de la Bulgarie. La Croatie est en récession depuis 2009 et le chômage touche 20% des quelque 4,2 millions d'habitants. Le gouvernement de centre gauche espère que l'adhésion à l'UE encouragera les investissements étrangers dont le pays a grandement besoin pour relancer son économie en perte de vitesse. En Croatie, le PIB est de 39% en dessous de la moyenne européenne, seules la Roumanie et la Bulgarie se plaçant derrière Zagreb, selon l'office des statistiques de l'UE. «300.000 chômeurs, que vont-ils fêter? Est-ce que l'UE a une baguette magique pour faire disparaître tous les problèmes?», s'interroge un internaute sur la page officielle du gouvernement croate sur le réseau social Facebook. Mais, Nik Kolveshi, un étudiant en économie, est radieux. «Beaucoup d'opportunités vont s'ouvrir devant nous maintenant que nous avons officiellement retrouvé notre famille européenne», dit-il agitant un petit drapeau de l'UE.
Avec le feu vert à la Serbie pour l'ouverture des négociations d'adhésion et celui accordé au Kosovo pour la conclusion d'un accord de stabilisation et d'association, première étape d'une longue marche vers l'UE, la poursuite du processus d'élargissement dans les Balkans semble assurée. Mais à Bruxelles, les analystes font valoir que ce processus risque d'être plus long et mené avec davantage de prudence que les précédents.
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