Grand théâtre de Casablanca : deux fontaines sur la place Mohammed V ?
Le Conseil de la ville n’a pas encore statué sur le sort de la fontaine aux pigeons. Par ailleurs, les travaux du théâtre commencent en septembre pour une livraison en 2017.
Le calendrier des travaux du Cas’art, le grand théâtre de Casablanca, se précise. Le premier coup de pioche est prévu pour septembre prochain, le temps que les plans d’exécution soient finalisés. Et si tout va comme prévu, le théâtre, situé place Mohamed V, devra voir le jour, au plus tard, début 2017.
Mobilisant un budget d’un milliard de DH, dont 730 millions de DH dédiés à la construction, ce projet suscite l’intérêt de tous les Casablancais. Certains pour la portée culturelle de l’œuvre, d’autres au sujet de la fontaine qui serait déplacée de l’autre côté de l’avenue Hassan II. Un point sur lequel le conseil de la ville, en sa qualité de maître d’ouvrage du projet, n’a pas encore tranché.
Attaqué sur les réseaux sociaux pour avoir suggéré de détruire la fontaine, Rachid Andaloussi, architecte d’opération du Cas’art, continue à défendre son idée bec et ongles. « Dans les années 60, la place était devenue un point de rassemblement lors de la fête du travail, donc indésirable au fil des années. Pour remédier à cette situation, le gouverneur de l’époque a eu l’idée d’y construire une fontaine, puis un parking, puis d’y mettre des grilles en fer… et le tour fut joué. Il n’y avait plus de place ».
Il poursuit : « Nous voulons réhabiliter la place. Notre idée est de faire en sorte que la fontaine, une fois construite du côté du palais de justice, soit une continuité de la place Mohamed V et du théâtre. Elle cèdera la place à une autre fontaine, sèche, qui fonctionnera ou pas selon l’activité du théâtre».
Portzamparc-Andaloussi, un binôme qui dure
Implanté sur l’emplacement de l’ex-villa du gouverneur, le projet Cas’art dans sa conception actuelle est l’œuvre de deux architectes : Christian de Portzamparc et Rachid Andaloussi.
Il faut dire que les deux hommes se connaissaient bien avant. « En 2008, un groupe immobilier casablancais propose à Portzamparc la réalisation de trois tours sur l’emplacement des anciennes arènes. Le hasard a voulu que mes bureaux soient situés exactement en face du terrain en question. Les représentants de Portzamparc m’invitent à une discussion avec Christian Portzamparc. Rendez-vous est pris à Paris. Le courant est immédiatement passé », raconte en substance Rachid Andaloussi dans le livre « Rachid Benbrahim Andaloussi, un architecte casablancais », écrit par Jamal Boushaba.
Les deux hommes se sont trouvé des sensibilités communes. C’est ainsi que Portzamparc n’a pas hésité une seconde à faire appel à Andaloussi pour soumissionner en binôme au concours Cas’art, remporté avec les honneurs. « Une fois la première maquette finie, Portzamparc me donne carte blanche pour marquer ce que je n’aimais pas. J’ai déplacé le pavillon d’entrée. J’avais à l’esprit le pavillon réalisé par Jean François Zévaco au début des années 60 à l’entrée de la foire internationale de Casablanca. Il avait la forme d’une pyramide inversée réalisée en béton brut et à l’intérieur de laquelle étaient projetées des images. Adolescent, ce décor me captivait. D’autres concepts que j’ai évoqué ont été retenus : la porte de ryad à différents niveaux d’ouverture, les patios, le méchouar, la halqa, la couleur blanche…», raconte tout fier cet architecte qui a tenu à apporter une touche de marocanité au projet.
Le théatre s'ouvre sur la place pour des spectacles en plein air
En témoigne par exemple le filtre thermique qui habille l’extérieur de la bâtisse. Constitué d’un mélange de céramique et de poterie, la résille met en avant le côté artisanal de l’œuvre. Elle correspond aussi à la vision architecturale de Portzamparc connu pour son travail sur la qualité de la lumière.
En s’ouvrant de manière coulissante, la porte du pavillon d’entrée dégage un fond de scène favorable à de grandes manifestations. Le théâtre, érigé sur 24.000m2 comprend une salle polyvalente de 1800 places, un auditorium de 600 places, un black box de 400 places et une salle de spectacles pour enfants d’une capacité de 200 personnes. Une cité des artistes, des locaux pour les associations, un restaurant, une librairie, une médina architecturale ouverte au grand public… sont prévus dans le projet.
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