Bataille de géants entre Accor et Louvre Hôtels
Accor et Louvre Hôtels se livrent une bataille féroce pour être le leader de l’hôtellerie de chaîne au Maroc. En ligne de mire : le créneau économique.
Accor est-il en mesure de garder sa place de numéro un au Maroc ? Voilà la question qu’on est en droit de se poser face aux ambitions affichées par le challenger Golden Tulip.
La maison mère, Louvre Hôtels, vient en effet de marquer l’actualité récente avec plusieurs coups d’éclat. En décembre, elle annonçait l’ouverture d’un nouveau Golden Tulip à Marrakech, un 4 étoiles de 178 chambres – mais surtout un vaste plan de déploiement des enseignes Campanile et Première Classe au Maroc.
Il y a quelques jours, Louvre Hôtels annonçait avoir conclu un accord de gestion avec Ynna Holding sur le parc des Ryad Mogador, soit une dizaine d’hôtels (voir notre interview avec Matthieu Evrard, directeur du développement international de Louvre Hôtels).
L’enjeu : l’hôtellerie bon marché
C’est toutefois sur le créneau de l’hôtellerie économique que la bataille promet d’être la plus vive. Louvre Hôtels va ainsi construire 15 hôtels économiques Campanile et Première classe à travers le royaume. La première unité, près de la gare de Casablanca voyageurs, comprendra un Campanile (189 chambres), un Première Classe (124 chambres) et un Tulip Inn Residence (98 chambres).
L’enseigne prévoit de se déployer ensuite dans d’autres villes telles que Rabat, Tanger, Marrakech, et Fès, et même dans des villes moyennes. Chaque ville pourrait accueillir un ou deux hôtels de 80 à 100 chambres.
25 à 30 Ibis pour les « petits budgets »
Accor, le leader de l’hôtellerie économique n’entend pas en rester là. La chaîne va ouvrir de son côté entre 25 et 30 hôtels sous sa nouvelle enseigne Ibis budget, anciennement Etap Hotel. Après trois Ibis Budget déjà ouverts à El Jadida, Agadir et Tanger ville, et une ouverture prévue à Fès en mai prochain, 4 hôtels sont d’ores et déjà programmés à Casablanca (Rocade, Aïn Sebaâ), Rabat Technopolis et Marrakech. Un Ibis de 128 chambres et un Novotel de 117 chambres sont en construction à Casanearshore pour ouvrir en septembre 2014.
A terme, Louvre Hôtels affirme qu’il détiendra un parc de plus de 6.000 chambres dans le royaume. Accor compte bien garder son avance : il dispose aujourd’hui de plus de 5.000 chambres, et pourrait parvenir à 9.000 chambres s’il réalise son programme dans son intégralité.
Des millions d’euros mobilisés par les enseignes internationales et opérateurs locaux
Pour financer ces opérations, les acteurs du secteur mobilisent des fonds conséquents. Risma, la société patrimoniale dont Accor est actionnaire minoritaire, a créé une co-entreprise avec Akwa pour financer la construction des Ibis Budget. Chaque hôtel de 121 chambres coûte 2.7 millions d’euros hors foncier, soit une enveloppe totale comprise entre 67.5 millions d’euros et 81 millions d’euros. Seule exception : l’Ibis Budget de Casa Port qu’Alliances va construire pour un coût de 7.2 millions d’euros.
Louvre Hôtels s’est associé avec H Partners pour construire ses hôtels. Les chiffres pour l’instant disponibles concernent Casablanca où 3 hôtels seront construits sur un même site, soit 411 chambres pour un total de 15.6 millions d’euros hors foncier (19 millions d’euros tout compris). Pour réduire les frais, Accor comme Louvre privilégient lorsque cela est possible le regroupement de plusieurs enseignes sur un même site.
Pas seulement au Maroc
L’affrontement entre les deux grands noms de l’hôtellerie mondiale est à replacer dans le contexte plus large du développement de l’hôtellerie économique de chaîne dans le monde entier. Les grands opérateurs mettent aujourd’hui l’accent sur l’économique, dont les chambres affichent un prix public autour de 350 DH. L’idée est de séduire la classe moyenne et la clientèle d’affaires en demande d’un bon rapport qualité prix. Les hôteliers indépendants n’ont qu’à bien se tenir…

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