Depuis le début de l’année, la Bourse de Casablanca a traversé une phase de correction marquée, avant de se stabiliser progressivement. À la date du 16 avril, le MASI a quasiment effacé ses pertes et n’affiche plus qu’un recul limité de 0,5% depuis le début de l’année. En parallèle, le MASI20 reste nettement en retrait, avec une baisse d’environ 7% sur la même période.
Le point bas a été atteint début mars, dans une séquence particulièrement brutale. Entre le 20 février et le 3 mars, le MASI a chuté d’environ 12% en quelques séances, accentuant les pertes enregistrées depuis le début de l’année.
Cette correction s’explique d’abord par des facteurs propres au marché local, dans un contexte de prises de bénéfices après une année 2025 particulièrement dynamique. Mais le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient est venu amplifier le mouvement, en renforçant l’aversion au risque chez les investisseurs.
L’annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz a suffi à elle seule à détendre le marché ce 17 avril. Le MASI a immédiatement réagi, gagnant presque 3% et repassant au-dessus du seuil des 19.000 points. L'annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz a suffi à détendre temporairement le marché ce 17 avril
En effet, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé ce vendredi 17 avril 2026 l’ouverture totale du détroit pendant la période de cessez-le-feu, provoquant un rebond immédiat des places financières.
Le samedi suivant, 18 avril, le détroit est de nouveau fermé, après de nouvelles déclarations confirmant le maintien du blocus. Ce lundi 20 avril, la réaction du marché se fait dans l’autre sens. Vers 11h, le MASI recule déjà d’environ 1,8%, effaçant une partie du mouvement observé vendredi.
MASI : un marché en transition, avec des niveaux décisifs à surveiller
Les analystes de BKGR expliquent que le scénario de capitulation observé début mars appartient désormais au passé. Le MASI a repris un peu de terrain sur cette période, avec une progression de 1,14% entre le 27 février et le 14 avril 2026.
Pour autant, le marché ne bascule pas encore dans une tendance haussière claire. L’indice évolue dans une phase intermédiaire, encore en retrait d’environ 9,8% par rapport à son plus haut historique atteint fin août 2025.
Le point de départ reste la séquence de stress de début mars. Une phase rapide, marquée par une chute intraday de 5,6% et la plus forte baisse hebdomadaire observée depuis avril 2025. Ce mouvement a servi de point de réinitialisation : les excès ont été purgés, et le marché s’est repositionné sur des niveaux techniques plus solides.
Depuis ce point bas, la structure des prix s’est progressivement remise en place. Le mouvement du 8 avril, avec une hausse de 4%, marque un tournant dans la dynamique récente.
Le marché évolue désormais au contact de la moyenne mobile 200 jours, un niveau clé. Le RSI, autour de 59, montre un momentum redevenu positif, avec encore de la marge avant toute surchauffe.
Les niveaux techniques restent clairs. La zone entre 17.228 et 17.916 points constitue un socle solide. En face, la zone 18.400-18.850 points concentre l’essentiel de la pression vendeuse. C’est là que se joue la suite : un franchissement ouvre la voie à une relance plus nette ; un blocage prolonge une phase de consolidation.
Dans le même temps, le marché s’appuie sur des éléments de fond. L’année 2025 a été particulièrement solide, avec une progression de plus de 27% du MASI. La capacité bénéficiaire des sociétés cotées dépasse désormais les 50 milliards de DH, en hausse de près de 40%.
Le lancement du marché à terme sur le MASI20 introduit également de nouveaux outils de couverture et de lecture des flux, dont l’adoption semble progressive mais réelle.
Côté échanges, l’activité reste présente. Le volume moyen quotidien ressort à 463,5 millions de DH depuis le début de l’année jusqu’au 16 avril, contre 536,2 MDH un an plus tôt. Un repli qui s’explique surtout par un effet de base élevé en 2025, dans le sillage de l’amnistie fiscale.
Des valorisations revenues à des niveaux plus lisibles
La correction récente a changé la lecture du marché. Les niveaux atteints fin février donnaient un marché plus tendu, avec un PER 2025E autour de 21,7x et un rendement du dividende de 2,8%.
Aujourd’hui, la configuration a légèrement évolué. À mi-avril, le PER ressort autour de 21,9x, avec un rendement du dividende proche de 2,6%. Si les multiples agrégés évoluent peu, la baisse des cours a néanmoins amélioré les points d’entrée sur plusieurs valeurs.
"Sur le papier, le marché ne paraît pas beaucoup moins cher en moyenne. Mais la réalité est ailleurs. La correction a surtout joué sur les niveaux d’entrée, avec plusieurs valeurs revenues sur des prix jugés plus intéressants après la baisse", explique un analyste de la place.
Dans le détail, certaines poches du marché restent exigeantes, notamment du côté des industrielles, avec des multiples qui dépassent encore les 28x en moyenne.
À l’inverse, les financières affichent des niveaux nettement plus contenus, autour de 14x, avec des rendements proches de 3,3% à 3,7%, ce qui continue d’attirer les flux.
Le marché ne monte plus de manière uniforme. Les flux se dirigent vers les segments les plus lisibles en termes de valorisation et de visibilité.
Le secteur minier, un moteur à part dans la dynamique du marché
Le secteur minier fait figure de cas à part dans la configuration actuelle. Il a directement bénéficié de la hausse des métaux précieux, notamment l’or et l’argent, dans un contexte international marqué par les incertitudes et la recherche de valeurs refuge.
Managem illustre parfaitement cette dynamique. Le groupe est devenu la première capitalisation de la Bourse de Casablanca, porté à la fois par l’évolution favorable des cours des métaux et par une meilleure visibilité sur sa stratégie et ses projets.
Au-delà de l’effet conjoncturel, le repositionnement du groupe, avec des projets structurants et une exposition plus diversifiée, commence à être intégré par le marché. Cela explique en partie la revalorisation progressive du titre sur les derniers mois.
Source: medias24.com

