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Un été financièrement difficile pour la RAM

EXCLUSIF. Depuis mars dernier, 500 Boeing 737 Max du monde entier sont interdits de vol, ce qui a obligé plusieurs compagnies aériennes, dont la RAM, à se tourner vers le marché de la location où la pénurie s’installe. Avec 4 avions immobilisés qui entraînent des charges imprévues et une suroffre des concurrents qui fait baisser les prix des billets et donc les recettes, la compagnie nationale fait face à un effet ciseau qui pourrait aboutir à un résultat négatif au terme de son exercice comptable.

Un été financièrement difficile pour la RAM
Samir El Ouardighi
Le 8 août 2019 à 14h47 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

"La conjoncture actuelle n’est pas rose pour la RAM qui a d’ailleurs gelé tous ses achats éventuels d’avions pour 2020, voire pour 2021", déclare d’un ton pessimiste une source proche de la compagnie publique.

Les locations d’avions vont faire exploser les charges

Selon notre interlocuteur, l’interdiction quasi-mondiale de faire voler les Boeing 737 Max après les deux accidents successifs de ce modèle d’avion (Ethiopian Airlines et Lion Air) a complètement bouleversé les prévisions financières de la compagnie qui tablaient sur les recettes d'exploitation de ses 4 avions.

"La RAM possède 2 Boeing Max et en avait commandé 2 autres qui devaient être livrés à la fin du 1er trimestre. Ainsi, dans notre business-plan, nous avions prévu que les quatre avions seraient affectés à de nouvelles ouvertures et à des renforcements de liaisons existantes, en particulier moyen-courrier.

"Après le dernier accident d'Ethiopian Airlines, nous avons été les premiers à immobiliser les deux unités opérationnelles et à refuser la livraison des 2 autres qui présentent des risques de décrochage.

"Sachant que nous avions prévu que ces 4 appareils seraient injectées dans notre flotte pour respecter nos engagements, nous nous sommes retrouvés obligés de louer des avions pour les remplacer, à savoir des Airbus A320 et des Boeing 737 avec leur propre équipage.

"Avec 500 Boeing Max cloués au sol, le marché de la location qui est déjà très sollicité en été est en situation de quasi-pénurie avec des compagnies nombreuses à chercher des avions de remplacement.

"La demande étant bien plus importante que l’offre existante, la RAM a donc dû payer au prix fort les 4 avions loués, sans compter ceux qu’elle loue habituellement en été pour satisfaire une demande en forte hausse sur certaines destinations très fréquentées.

"Entre frais de parking, d’entretien… des avions immobilisés et les dépenses imprévues dans notre bilan prévisionnel pour louer les 4 unités qui étaient programmées et annoncées au public, la RAM va donc avoir des charges bien plus importantes que celles estimées dans son business plan.

Une concurrence qui casse les prix

"De plus, elle va devoir faire face à un effet ciseau à cause de recettes en baisse, car les prix des billets des vols moyens et longs-courriers, toutes compagnies confondues, ont baissé de 7%.

"Cette baisse des recettes s’explique par la suroffre de vols qui existe au niveau mondial et qui touche aussi le Maroc. Ainsi, toutes les compagnies qui ont des vols entre la Turquie et le Royaume ont doublé leur nombre de rotations, car avant cela, les avions étaient pleins avec une forte demande.

"Idem pour Paris que la compagnie Transavia s’est mise à desservir à partir de Rabat en baissant fortement les prix, ce qui a obligé la RAM à s’aligner et donc à percevoir des recettes en forte baisse.

"La RAM, qui traverse une situation difficile avec des dépenses imprévues et des recettes qui ne suivent pas, a d’ailleurs gelé tout achat éventuel de nouveaux avions en 2020, voire même en 2021.

"Les éventuelles pertes constitueraient un handicap très fort au moment de la clôture des comptes fin octobre prochain", révèle notre source qui n’exclut pas un résultat net déficitaire en rajoutant espérer que Boeing indemnisera la compagnie nationale pour les pertes dues à l’immobilisation des quatre 737 Max.

Lire aussi: RAM: Abdelhamid Addou réclame plus de moyens pour se développer

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Samir El Ouardighi
Le 8 août 2019 à 14h47

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