RAM: Abdelhamid Addou réclame plus de moyens pour se développer
Auditionné le 25 juin par la commission de contrôle des finances publiques de la Chambre des représentants, le président de la RAM a dressé un bilan satisfaisant pour le dernier exercice comptable. La compagnie est restée sur un trend haussier, mais réclame davantage de moyens dans le cadre du contrat-programme avec l’Etat pour entamer sa mutation et s’adapter à une concurrence mondiale sans états d’âme.
Depuis sa nomination en 2016 à la tête de la RAM, Abdelhamid Addou a dû gérer plusieurs crises dont la dernière qui perdure : la grève à répétition des bagagistes employés par son sous-traitant GPI.
Lors d’une audition, mardi 25 juin, devant les membres de la commission des finances publiques, Abdelhamid Addou est revenu sur les résultats engrangés au cours de l’exercice comptable 2017-2018.
Des indicateurs au vert
Addou s’est félicité du fait qu’avec seulement 61 avions (11 long-courriers, 43 moyen-courriers, 6 courts et 1 avion-cargo) d’une moyenne d’âge de 10 ans, la RAM a été en mesure de transporter 7,5 millions de passagers (+4,2%).
Concernant les résultats du dernier exercice comptable à cheval entre le 1er novembre 2017 et le 30 octobre 2018, la RAM a réalisé un chiffre d’affaires de 16,2 milliards de DH (soit une croissance annuelle de 6%) et un résultat net de 157 millions de dirhams, en léger recul par rapport à 2016-2017.
Addou a précisé que sa compagnie a réalisé un CA en hausse de 15% sur les deux dernières années malgré le renchérissement du prix du pétrole, sachant que le carburant constitue à lui-seul 30% des coûts d’exploitation durant l’été 2018.
Il a révélé que 60% des passagers étaient des touristes étrangers et 25% des MRE. En termes de cartographie aérienne, la RAM dessert 7 destinations américaines (nord et sud) et 5 vols vers le Moyen-Orient.
Un hub Casablancais essentiel
Pour souligner l’importance du hub casablancais de la RAM, le président a affirmé que ce denier, connecté à 32 pays africains, générait 1.900 vols par semaine, offrait 400 possibilités quotidiennes de connecter l’Afrique au reste du monde et que 60% de son trafic était composé de passagers en transit.
Il a aussi rappelé le périmètre de compétences de la RAM présente dans le transport (RAM Express), dans les services (Atlas Servair, Amadeus Maroc, Atlas Online, RAM Handling), dans la formation (Casa Aero, RAM Académy, Atlas Multiservice) et enfin dans l’industrie (SAESM, SATIS, Aeronotic Industry).
Au niveau national, la RAM dessert 25 destinations domestiques soit l’équivalent de 80 vols par semaine dont 50% sont subventionnés avec des tarifs préférentiels (Casa-Dakhla, Agadir Laâyoune-Dakhla, Casa-Ouarzazate, Casa-Tétouan-Al Hoceima, Casa-Errachidia…).
Grâce aux interconnections, 18 villes sont connectées à l’international vers 80 destinations mondiales. L’ensemble du trafic des vols internes de la RAM totalise 1 million de passagers par an.
Le personnel comprend 3.933 employés, dont 597 pilotes, 1.300 membres du personnel naviguant et 2.015 employés administratifs. Chacun des 61 avions nécessite de mobiliser 65 employés. On apprend également que le personnel est féminin à 43% et qu'il est composé de 46 nationalités.
Pas d’avenir sans aide rapide de l’Etat
Satisfait des indicateurs économiques en constante croissance de sa compagnie, le président a cependant insisté sur la nécessité d’obtenir de nouveaux crédits dans le cadre du contrat-programme avec l’Etat pour que le transporteur aérien puisse se développer dans les cinq prochaines années.
En conclusion, le président a fait part de la nécessité de signer rapidement un contrat-programme avec l’Etat pour être en mesure de changer de taille et de s’adapter à plusieurs concurrents que sont, entre autres, les compagnies algérienne, turque et éthiopienne de plus en plus présentes et agressives en Afrique.
Face au bouleversement du marché aérien (low-cost, open sky…), l’avenir de l’unique compagnie aérienne est en effet suspendu à la conclusion d’une feuille de route qui traîne depuis 2017…
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