Relance économique: l'Istiqlal adresse un mémorandum à El Otmani
Le parti de l’Istiqlal appelle à une refonte profonde du modèle de développement, principalement focalisée sur la souveraineté nationale et la justice sociale.
Dans le mémorandum du parti de l’Istiqlal pour la relance économique, adressé au chef du gouvernement, Nizar Baraka, secrétaire général, appelle à ''un plan de refondation de notre modèle de développement, beaucoup plus que de simples plans de relance économique''. ''Nous avons besoin d’un vrai projet axé sur la souveraineté nationale et la justice sociale'', ajoute-t-il.
Si le responsable politique souligne ''la performance réalisée par le Maroc en matière de gestion de la crise du coronavirus'', il souligne toutefois que ''ce virus aura mis en évidence les fragilités profondes de notre modèle'', prévoyant une ''grave crise socio-économique'' et une hausse du chômage, ainsi qu’un ''déclassement de la classe moyenne et une aggravation de la pauvreté''.
''Quelque 10 millions de personnes en situation de vulnérabilité risquent de basculer sous le seuil de pauvreté. Le fossé des inégalités va également s’accroître si nous n’avons pas collectivement une prise de conscience qui aboutit à la transformation de l’action publique menée par notre pays'', estime encore Nizar Baraka.
Dans son mémorandum, le parti de l’Istiqlal propose un ''plan de relance responsable à dimension sociétale'' autour de 6 axes stratégiques. Les voici:
- La consolidation de la souveraineté nationale, à travers le renforcement de la sécurité alimentaire, de la sécurité sanitaire, de la sécurité énergétique, du développement du made in Morocco pour les produits stratégiques et la préservation de notre souveraineté économique.
- Le renforcement de la cohésion sociétale, à travers la réduction des inégalités sociales, territoriales et intergénérationnelles. L’Istiqlal propose une réforme globale des régimes de retraite, l’élargissement de la couverture médicale aux indépendants et de la couverture retraite, et la mise en place d’un minimum vieillesse. Il est aussi question d’instaurer un Revenu universel unifié comme filet de sécurité, basé sur le ciblage des populations démunies pour leur fournir une aide directe conditionnelle.
-Le remaniement du système éducatif actuel. ''Nos enseignants manquent de motivation, de valorisation et de formation. Il nous faut imaginer des systèmes attractifs et incitatifs qui leur permettent d’être plus engagés et plus performants dans l’enseignement prodigué''. Le parti de l’Istiqlal insiste également sur un plan de lutte contre l’analphabétisme numérique et de mise à niveau des enseignants, des élèves et des écoles, notamment au niveau du monde rural.
- La réforme du système de couverture santé afin de réaliser une couverture santé universelle et de renforcer la qualité et l’accessibilité des soins, en particulier dans les petites localités, à travers la mise en place d’une carte sanitaire publique et privée, en créant un système de financement spécial pour soutenir la santé en milieu rural, et en développant la téléconsultation. L’Istiqlal insiste par ailleurs sur la formation des cadres de santé : ''Nous devons résorber d’ici 2025, 50% du déficit en cadres de santé par une vraie stratégie de formation, et soutenir les capacités des professionnels, y compris du secteur privé'', revendique l’Istiqlal.
- Un ''plan Marshall'' pour l’entreprise avec un objectif prioritaire : la création d’emplois. L’Istiqlal propose la création d’une Banque publique nationale d’investissement pour aider au financement et à la restructuration des TPE-PME, et la mise en place d’un label Made in Morocco qui soit conforme aux normes sanitaires post pandémie. Ce label ''sanitairement responsable'' devra répondre aux normes de précaution qui seront mises en place au niveau de nos marchés extérieurs.
- La transition écologique, nécessaire d’abord pour ''assurer la durabilité de notre économie en poursuivant le plan de développement des énergies renouvelables, qui devrait permettre au Maroc de produire 52% de nos besoins électriques grâce à l’énergie renouvelable à l’horizon 2030''. Le Parti insiste sur le caractère ''urgent'' de la mise en œuvre du plan national de l’eau, de la poursuite du déploiement de la stratégie nationale de développement durable, et sur le fait de décliner au niveau territorial la contribution nationale (NDC) en matière de changement climatique.
Enfin, le parti met l’accent sur ''la nécessaire transformation en profondeur de l’administration marocaine. D’une part, pour que l’administration marocaine devienne ''facilitatrice'' et soit davantage tournée vers le service du citoyen, notamment en tirant profit des opportunités offertes par le digital.'' Il s’agit aussi de la faire gagner en efficience : ''Il faut que les politiques publiques ne soient plus dans la simple réaction, dans les mesures provisoires et temporaires, élaborées dans l’urgence d’une gestion de crise. Nous avons la capacité d’anticiper, de prévoir dans une vision de long terme avec sérénité et confiance dans l’avenir.''
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