PLF 2021. Voici les principaux amendements adoptés par les députés
Les députés de la commission des finances de la première chambre ont apporté deux modifications majeures au PLF 2021 : le changement des seuils de la contribution de solidarité, aussi bien pour les personnes physiques que pour les sociétés, ainsi que l’élargissement des exonérations de l’IR pour le recrutement des jeunes dans le secteur privé.
La séance de vote des amendements a duré jusqu’à 2 heures du matin. Les principaux amendements à noter sont les suivants.
Ils concernent en premier lieu la nouvelle contribution de solidarité, sujet qui a fait l’objet d’un grand clivage politique.
Contribution de solidarité : le seuil passe à 20 000 dhs pour les personnes physiques
Alors que le gouvernement proposait dans son PLF de taxer les personnes physiques à partir d’un revenu mensuel net de 10 000 dirhams, les députés de la commission des finances ont réussi à faire passer ce seuil à 20 000 dirhams. Tout en maintenant le même taux de 1,5% proposé par le gouvernement.
Ce changement de seuil concerne également les sociétés, mais à la baisse. Le gouvernement a proposé dans son PLF la taxation des sociétés qui dégagent un bénéfice net démarrant à 5 MDH.
La commission des finances a ramené ce seuil à 1 MDH, élargissant ainsi l’assiette de cette contribution sur les sociétés.
Dans la formule contenue dans le PLF, deux tranches ont été établies : 2,5% pour toute entreprise qui réalise un bénéfice net compris entre 5 et 40 MDH et 3,5% pour les sociétés qui dégagent des bénéfices supérieurs à 40 MDH.
L’amendement apporté par la commission des finances et porté par les groupes de la majorité n’a pas modifié ces tranches ni les taux qui y sont appliqués, mais a ajouté une nouvelle tranche sur les bénéfices compris entre 1 et 5 MDH pour un taux de 1,5%. Ainsi, la nouvelle formule adoptée à la commission des finances de la première chambre est la suivante :
- 1,5% sur les bénéfices compris entre 1 et 5 MDH ;
- 2,5% entre 5 et 40 MDH ;
- et 3,5% au-delà d’un résultat net de 40 MDH
Ces deux modifications dans le montage de la contribution de solidarité ont été proposées par les groupes de la majorité. Tous les partis ont voté pour, sauf le PAM et la FGD, qui considéraient dans leur projet d’amendements qu’il ne fallait pas toucher aux revenus salariaux.
Recrutement des jeunes : élargissement de la base des bénéficiaires et de la durée d’exonération
Deuxième amendement majeur apporté par la commission des finances : l’élargissement des avantages à l’embauche des jeunes dans le secteur privé.
Le gouvernement est venu avec une proposition en ce sens dans son PLF proposant d’exonérer les embauches réalisées en 2021 pour une durée de 2 ans sur tout salarié dont l’âge ne dépasse pas 30 ans.
La formule votée finalement en commission élargit cette exonération sur l’IR à 3 ans contre les 2 ans proposés dans le PLF. Et élargit également la base des bénéficiaires en faisait passer l’âge des bénéficiaires de 30 à 35 ans. Pour profiter de cet avantage fiscal, le recrutement doit se faire comme précisé dans l’amendement voté dans le cadre d’un CDI.
Un grand emprunt national en préparation ?
Mais la grande surprise de la soirée a été cet amendement apporté par le gouvernement qui consiste à défiscaliser les produits financiers perçus par les individus sur les emprunts d’Etat. Ces intérêts sont actuellement taxés à 30% pour les résidents et à 15% pour les non-résidents.
Cet amendement ainsi que sa formulation préparent le terrain, selon nos sources, à un grand emprunt national qui sera lancé en 2021 et où les individus, résidents et non-résidents au Maroc, seront appelés à souscrire.
La défiscalisation des intérêts issus de ce futur emprunt serait ainsi une sorte d’incitation aux détenteurs de capitaux pour les encourager à souscrire massivement au financement de l’Etat. Une sorte de mobilisation de la grande épargne nationale pour le financement de l’effort « de guerre ».
Cet amendement apporté par le ministre des Finances Mohamed Benchaâboun a été voté à l’unanimité selon nos sources.
A ces amendements s'ajoutent d'autres relatifs aux droits d'enregistrement et qui sont importants pour certains secteurs et entreprises.
>>Lire aussi: Voici les principales mesures fiscales et douanières du PLF 2021
À découvrir
à lire aussi
Article : Une nouvelle tranche d’aide revalorisée de 25% pour les transporteurs
Face à la persistance de la hausse des prix des carburants, le gouvernement annonce le lancement d’une nouvelle tranche de soutien au profit des professionnels du transport routier, revalorisée de 25% par rapport à la précédente.
Article : Vendredi 17 avril 2026 : le dirham s'apprécie face au dollar
Ce vendredi 17 avril 2026 vers 8h30, la première cotation centrale USD/MAD de la journée, telle que publiée par Bank Al-Maghrib (BAM), fait ressortir la […]
Article : Sahara : l'UE juge l'autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution “la plus réalisable”
L'Union européenne a affiché jeudi 16 avril 2026 à Rabat une position nettement plus explicite sur le Sahara marocain, en estimant qu'"une autonomie véritable" sous souveraineté marocaine pourrait constituer "une solution des plus réalisables" pour clore ce différend régional.
Article : DGI. Facturation électronique : lancement en préparation, les détails avec Younes Idrissi Kaitouni
Validation en temps réel, rôle central de la DGI dans la circulation des factures, intégration des systèmes d’information et contrôle renforcé des délais de paiement… La réforme de la facturation électronique se précise, avec un déploiement progressif et un écosystème en cours de structuration.
Article : Réduction des effectifs d’ingénieurs chez Renault. Première réaction de Renault Maroc
En annonçant une réduction de ses effectifs d’ingénieurs dans ses centres de recherche et développement, Renault fait naître des interrogations au Maroc, où le groupe vient de lancer un nouveau centre d’ingénierie en 2025.
Article : Dans le Haut Atlas marocain, l’Observatoire de l’Oukaïmeden se veut un hub scientifique mondial
Derrière ses dômes blancs, l’Observatoire de l’Oukaïmeden s’est mué en quelques années en une véritable machine à découvertes. Fort de plus de 4.700 objets célestes identifiés et de collaborations internationales de haut niveau, il s’affirme désormais comme une infrastructure stratégique, à la croisée de la recherche, de la technologie et de la souveraineté scientifique. Et ce n'est qu'un début.