Lecture à chaud des mesures de sauvegarde envisagées pour Maghreb Steel
Le ministère du Commerce et de l’Industrie va ouvrir une enquête de sauvegarde sur les importations de tôles laminées à chaud. La date d’ouverture d’enquête est le 29 mai 2019.
L’avis public diffusé à cette occasion écrit “qu’après examen, le ministère a conclu que la requête est recevable au sens de l'article 56 de la loi n° 15-09 et que les éléments et renseignement qui y sont contenus sont objectifs, documentés et suffisants pour justifier l'ouverture d'une enquête de sauvegarde sur les importations de tôles laminées à chaud.
Le document ajoute que “la requête a été déposée par la branche de production nationale de tôles laminées à chaud, représentée par la société Maghreb Steel“. Il est à préciser que Maghreb Steel est la seule entreprise de cette supposée “branche de production nationale de tôles laminées à chaud“. La demande ne vise pas à protéger une branche industrielle ou industrie, mais une entreprise : Maghreb Steel. Les seuls concurrents de Maghreb Steel sur ces produits, sont les importations. Instaurer une protection, c’est lui accorder une sorte de monopole de fait sur le marché marocain.
Le document liste 19 positions douanières du système harmonisé sous lesquelles sont importées les tôles laminées à chaud. La liste est exhaustive et même excessive, puisqu’elle comporte des aciers que ne fabrique pas Maghreb Steel (fabriquer toutes les nuances est techniquement possible et économiquement impossible, car les quantités seraient trop faibles voire anecdotiques). L’erreur provient du fait qu’il n’y a pas un seul acier. L’acier n’est pas un produit homogène et unique. Il y a d’innombrables aciers.
Cette manière de présenter gagnerait à être corrigée : il faut que Maghreb Steel puisse bien définir son marché, avec précision et sans déborder sur les autres segments, pour que le ministère puisse définir réellement ce qui doit être protégé.
Le document officiel laisse entendre également que la part de marché des produits considérés a augmenté de 57% entre 2017 et 2018. Cet “accroissement massif des importations“ ne se reflète pas dans l’activité industrielle au Maroc car les aciers sont des intrants de la production industrielle. On peut donc se demander s’il ne s’agit pas plutôt d’un accroissement des importations destinées à l’automobile. Un point qui mérite vérification.
La vraie question qui se pose est celle de la viabilité ou pas de Maghreb Steel. Après les mesures de protection prises depuis trois ans, il aurait été intéressant de savoir où en est le redressement de la société. Car toute mesure qui renchérit les importations d’acier est coûteuse pour l’industrie marocaine.
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