Offshoring: baisse attendue de 40% de l'activité en avril et mai au Maroc
Imposé dans le cadre du confinement, le télétravail suscite une réorganisation des services, notamment pour assurer la sécurité des salariés et la protection des données personnelles des clients, et maintenir l’activité à un niveau stable.
« On est armés pour passer cette crise. » Karim Bernoussi, PDG du groupe Intelcia, spécialiste de l’externalisation de la relation client, est revenu, ce mardi 7 avril lors d’une e-conférence, sur l’impact de la crise liée au Covid-19 dans le secteur de l’offshoring et les mesures d’adaptation qu’elle implique.
S’il estime que la trésorerie de son groupe a les reins suffisamment solides pour tenir « six mois sans problème », il évalue la baisse du chiffre d’affaires pour les mois de mars à 15% et prévoit un recul de 40% pour avril et mai. Concernant le marché français, qui concentre 90% des activités d’Intelcia, l’entreprise devrait atteindre « 70% du chiffre d’affaires initialement prévu ». « On ne pourra pas repartir à 100% en juin. La reprise sera aussi difficile que la crise », prévient-il toutefois.
Un quart des salariés présents dans les bureaux
Malgré cette situation, « on a fait le pari de maintenir les salaires. On a redéployé certains salariés sur d’autres projets, en l’occurrence ceux qui ne peuvent pas faire du télétravail ; d’autres ont pris des congés payés. On joue sur ces deux aspects pour permettre aux employés de conserver leurs salaires. »
Et d’assurer leur sécurité. « Le nettoyage est renforcé dans nos locaux, ainsi que la disponibilité des gels hydroalcooliques. Concernant les bureaux, les positions sont espacées d'environ un mètre sur les plateaux, pour qu’il y ait suffisamment d’espace entre les employés. Nous faisons en sorte aussi que les plateaux ne soient pas occupés comme en temps normal », avait expliqué le groupe le 18 mars dernier.
Durant les premiers jours qui ont suivi l’introduction du Covid-19 au Maroc, les salariés ont d’ailleurs été nombreux à déserter les locaux de l’entreprise, craignant d’être contaminés. « Le taux d’absence était supérieur à 50%. Aujourd’hui, avec les mesures prises, 15% des salariés peuvent venir travailler au bureau. »
Protéger les données personnelles, un enjeu de taille
Le télétravail a entraîné dans son sillage d’autres mesures d’adaptation, notamment pour la protection des données personnelles des clients. Intelcia indique avoir fait signer à ses salariés en télétravail une lettre d’engagement pour respecter un certain nombre de principes relatifs à la confidentialité et à la protection des données. « Toutes les opérations qui font l’objet d’un télétravail ont été mises en place avec l’accord des clients, en connaissance de cause des risques que cette situation implique », affirme Karim Bernoussi, reconnaissant que le risque zéro n’existe pas.
« En moins de trois semaines, plus de 7 000 salariés d’Intelcia se sont retrouvés à faire du télétravail. Nous avons lancé deux applications et une hotline gérée par les équipes informatiques, au profit des téléopérateurs qui travaillent depuis chez eux », abonde Nadia Ben Bahtane, directrice marketing et communication du groupe. Au Maroc, le nombre de salariés qui travaillent actuellement depuis chez eux est estimé à 4 000, contre environ 750 en France et 1 000 au Portugal.
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