img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique?

Quatorze syndicats représentant plusieurs segments du secteur du transport annoncent une grève de 48 heures à partir du lundi 14 octobre. C'est une grève générale qui impactera également Tanger Med, le port de Casablanca et le poste frontalier de Guergarate. 

m24-En-continu
Hayat Gharbaoui
Le 8 octobre 2019 à 15h38 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Le 5 octobre dernier, 14 syndicats ont annoncé la tenue d'une grève de 48h à partir du lundi 14 octobre prochain. Selon le communiqué de l'annonce, cette grève peut être prolongée.

"Il s'agit d'une grève générale qui touchera toutes les villes du pays mais aussi des points sensibles comme les ports de Tanger Med et de Casablanca ou le poste frontalier de Guergarate", nous explique Abderrahim Harchaoui, secrétaire général du Syndicat Démocratique du Transport (STD). 

Selon ce dernier, le mouvement de grève est motivé par le retard enregistré dans la mise en oeuvre des engagements du ministère de tutelle vis-à-vis des professionnels du transport. Ces engagements ont été notifiés dans un PV signé en octobre 2018. Ils concernent trois points essentiels à savoir le gasoil professionnel, le tonnage et la gratuité de la carte du conducteur professionnel.

Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique?

L'annonce de cette grève se fait quelques jours seulement après la tenue d'une rencontre au siège du ministère qui a réuni les responsables du département de tutelle avec les représentants du secteur. Cette réunion avait justement pour objectif "la présentation du bilan des actions menées par le ministère dans la perspective de l'organisation de réunions d'évaluation avec les représentants du secteur du transport routier en octobre", peut-on lire sur la page officielle de Abdelkader Amara.

Selon cette même publication, plusieurs thématiques ont été abordées lors de cette rencontre dont entre autres : 

- La carte professionnelle. 

- La mise en oeuvre des nouveaux dispositifs relatifs à la formation du conducteur professionnel et la mise en application de la gratuité à travers la mobilisation de 70 MDH pour le lancement de cette opération.

- La charge des camions (tonnage).

- Le renouvellement du parc. Le coût financier des dossiers déposés a atteint à ce jour 250 MDH.

- Les attributions des Régions dans le secteur du transport.

- Les demandes des professionnels concernant le volet fiscal, notamment le gasoil professionnel et la taxe à l’essieu.

- La situation sociale du chauffeur professionnel en l’occurrence la couverture médicale et la retraite.

Quel impact ?

Même si ce sont plusieurs syndicats qui signent l'avis de grève, ils ne représentent pas l'ensemble du secteur. C'est ce que nous assure Mustapha Chaoune, secrétaire général de l'Organisation démocratique des professionnels du transport (ODPT) dont le syndicat ne participe pas à la grève.

"Ces syndicats représentent entre 6% et 7% de la flotte nationale du transport de marchandises. L'essentiel étant assuré par des petits transporteurs ayant deux à trois camions et qui travaillent généralement dans l'informel. L'impact sera limité pour le marché local mais sera plus lourd sur les activités import-export", avance-t-il.

Pourquoi alors des syndicats adhèrent et d'autres non à cette grève dont l'objectif est de faire bouger les choses pour tous les opérateurs du secteur? "Sincèrement, nous ne comprenons pas cet appel à la grève qui intervient alors que les canaux de dialogue sont maintenus avec le ministère. Nous avons eu une rencontre le 21 septembre durant laquelle le ministère s'est engagé à discuter avec nous des différents points durant le mois d'octobre. Suite à cela, nous venons de recevoir, la veille de l'appel à la grève, une invitation à des réunions tout au long du mois d'octobre pour parler justement des engagements du 8 octobre", nous révèle Chaoune. 

Selon cette invitation, le ministère a programmé trois dates pour discuter trois thèmes : 

- Le 14 octobre : une réunion relative à la formation des conducteurs professionnels.

- Le 17 octobre : une réunion relative à la charge des camions (PTAC) et au renouvellement du parc.

- Le 28 octobre : une réunion relative au gasoil professionnel. 

Les transporteurs vont-ils de nouveau paralyser l'activité économique?

Une coïncidence ?  "Nous avons également reçu cette invitation que nous estimons être un piège. Il faut savoir qu'après la réunion du 21 septembre, nous avons eu une nouvelle rencontre avec le SG du ministère sans qu'il y ait du nouveau et nous lui avons annoncé notre volonté de faire grève. Nous nous demandons pour quelles raisons allons-nous tenir de nouvelles discussions alors que les points sont clairs et notifiés dans un PV. La seule réponse que nous attendons, c'est le déploiement des mesures", avance Harchaoui qui affirme que pour les grévistes, "cette grève est un moyen et non une fin en soi et qu'ils aimeraient bien avoir des signaux positifs avant le 14 octobre". 

Pour Chaoune, le timing est mal choisi pour faire cette grève. Selon lui, nous sommes à la veille d'un remaniement ministériel et d'un projet de loi des finances tout en sachant que les canaux de discussions sont ouvert avec la tutelle. Sans oublier que la majorité des engagements du ministère du transport ont une incidence financière et donc l'implication d'un autre ministère. 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Hayat Gharbaoui
Le 8 octobre 2019 à 15h38

à lire aussi

Dialogue social. Bilan et cap maintenu
POLITIQUE

Article : Dialogue social. Bilan et cap maintenu

Après plusieurs rounds de négociations, l’exécutif met en avant un bilan chiffré des concessions accordées sur les salaires, la protection sociale et les retraites, tout en affichant sa volonté d’aller plus loin sur les dossiers encore ouverts, des statuts particuliers à la réforme du Code du travail.

Driss El Azami: “We are working to come first” as the PJD sets out its ambitions and hints at surprises
Elections 2026

Article : Driss El Azami: “We are working to come first” as the PJD sets out its ambitions and hints at surprises

Five months ahead of the September 2026 parliamentary elections, Driss El Azami El Idrissi, the PJD’s first vice-secretary general, appeared on Médias24’s “12/13”. Mixing assessment, measured self-criticism and electoral ambition, he defended the trajectory of a party seeking to reclaim its place in the political landscape.

Dakhla: 500 MW green data center megaproject launched to bolster Morocco’s digital sovereignty
Régions

Article : Dakhla: 500 MW green data center megaproject launched to bolster Morocco’s digital sovereignty

An agreement between several public institutions launches the studies that will define the program’s economic model, governance, and financing arrangements.

Olive : Kamal Ben Khaled élu à l’unanimité à la tête d’Interprolive
Quoi de neuf

Article : Olive : Kamal Ben Khaled élu à l’unanimité à la tête d’Interprolive

Kamal Ben Khaled a été élu à l’unanimité président de l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), à l’issue des travaux du conseil d’administration tenu le mercredi 15 avril 2026, ouvrant une nouvelle phase pour l’organisation dans un contexte marqué par les défis économiques et climatiques de la filière.

Football. Ayyoub Bouaddi, l’ascension d’un prodige discret
Football

Article : Football. Ayyoub Bouaddi, l’ascension d’un prodige discret

Phénomène de précocité, le milieu de terrain d’origine marocaine brille par la maturité de ses prestations qui le rendent quasiment indispensable à l’entrejeu lillois. Son profil box-to-box serait un atout de poids pour les Lions de l’Atlas en vue des prochaines échéances.

Le groupe polonais KGHM oriente ses investissements miniers vers le Maroc et l'Europe
Quoi de neuf

Article : Le groupe polonais KGHM oriente ses investissements miniers vers le Maroc et l'Europe

Le groupe minier polonais KGHM Polska Miedź S.A. oriente ses investissements vers le Maroc et l’Europe, confirmant l’intérêt stratégique croissant pour le Royaume, selon une annonce de l’ambassade de Pologne et des déclarations à Reuters.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité