L’approvisionnement du Maroc en thé fortement perturbé par le coronavirus
Les importateurs marocains de thé font face depuis quelques semaines à de fortes perturbations d'approvisionnement à cause de la fermeture des usines en Chine suite à l'épidémie du coronavirus.
En Chine, le coronavirus poursuit sa propagation. Selon les dernières statistiques officielles, près de 64.000 cas de contamination et 1.380 morts. Le pays fait face à une alerte sanitaire d'une ampleur inégalée qui impacte non seulement son économie mais aussi celle de bien d'autres pays.
Le Maroc, principal client de Chine
Le Maroc n'échappe pas à la règle. Et l'un des secteurs les plus touchés est celui du thé. Les importations marocaines de thé qui s'élèvent à près de 70.000 tonnes annuellement proviennent de Chine.
Le Maroc se positionne comme le premier partenaire de la Chine puisqu'il achète plus de 25% des exportations globales chinoises de thé, selon l’Association marocaine des industriels du thé et du café (AMITC).
>> Lire aussi : Exportations de thé: une rencontre entre l'AMITC et ses homologues chinois
En 2019, les quelque 100 importateurs que compte le secteur ont importé plus de 62.000 tonnes pour plus de 1,7 milliard de DH.
L'approvisionnement du secteur est aujourd'hui sous tension et "de grosses perturbations s'annoncent", nous rapporte un opérateur.
"Comme pour les autres secteurs, les usines de thé ont fermé à l'occasion des vacances du nouvel an chinois. Avec le virus qui a commencé son expansion dans le pays, les autorités chinoises avaient décidé de prolonger la fermeture de ces usines au-delà des congés du Nouvel an", détaille une autre source du secteur.
"Nous subissons cette situation depuis la mi-janvier. Nos fournisseurs affirment que la réouverture des usines est prévue pour la semaine prochaine, mais rien n'est certain pour le moment. On navigue à vue", poursuit notre source.
La réouverture des usines imminente ?
Bien que les opérateurs marocains constatent des perturbations d'approvisionnement, "cela n'a pas d'impact immédiat sur le marché local", nous assurent-ils.
"Il n'y a pas de perturbations sur le marché national, car nous avons des stocks", nous explique-t-on. Ces stocks diffèrent bien évidemment d'un opérateur à un autre, mais ils couvrent en général au moins 1 à 2 mois, voire 3 mois.
Les longs délais de livraison à partir de la Chine poussent inévitablement les opérateurs à disposer de stocks. "Il faut compter deux mois en moyenne entre le moment où la marchandise est mise en conteneur et le moment où elle arrive aux dépôts", explique notre source.
Si l'activité industrielle reprend comme prévu en Chine dans les jours qui viennent, il est fort probable qu'aucune perturbation ne sera ressentie sur le marché interne. Au contraire, si l'épidémie s'aggrave et que les usines restent à l'arrêt, les perturbations seront visibles sur le marché local et pas que sur le secteur du thé.
La Chine est considérée comme l'usine du monde. La mondialisation des chaînes de production et l'éclatement des chaînes de valeur font que plusieurs secteurs, à commencer par l'automobile rencontreront d'importantes perturbations touchant plusieurs pays dans le monde.
Pour l'heure, le secteur automobile marocain ne semble pas être touché. "Nous suivons de près ce sujet. À date, il n'y a pas de perturbation. Il faut rester vigilant si ça se poursuit", nous déclare une source autorisée au ministère de l'Industrie.
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