Défense : L’armée de l’air renforce la surveillance aérienne du Maroc

Désireuse de renforcer la surveillance aérienne du territoire national, l’armée marocaine a commandé au constructeur français Thales 2 radars Ground Master 400 qui s’ajouteront aux 3 dont elle dispose déjà. Selon l'expert militaire, Abdelhamid Harrifi, cette commande ferme s’inscrit dans la politique engagée en 2011 dont l'objectif est de remplacer le parc de radars devenus obsolètes et de bénéficier d’une meilleure couverture en basse altitude notamment pour détecter les cibles furtives.

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Défense : L’armée de l’air renforce la surveillance aérienne du Maroc

Le 16 octobre 2020 à 17:40

Modifié le 18 octobre 2020 à 20:28

« Avec cette nouvelle commande, l’armée de l’air possèdera 5 radars tactiques de ce type. Mais à terme, l’objectif est d’en avoir 7 pour renforcer la couverture aérienne de tous les points névralgiques du Royaume », nous révèle l’expert en affaires militaires, qui ajoute que le Maroc dispose aujourd'hui (avec les 2 nouveaux radars qui seront livrés très bientôt) de 20 radars, mais que d'autres commandes ont été lancées pour remplacer les anciens, devenus inefficaces face aux cibles furtives.

Des nouveaux radars capables de détecter des cibles furtives volant à basse altitude

« Dans l’ancienne architecture de défense anti-aérienne, les FAR disposaient de 14 radars mais avec la modernisation des anciens et les nouveaux achats, elles en ont 20 pour couvrir tout l’espace aérien.

« Ceux qui ont été commandés en 2019 sont équipés d’une nouvelle technologie qui peut détecter des cibles de très petite taille avec une signature radar minime, comme les drones, missiles, roquettes qui volent à très basse altitude (moins de 1000 mètres).

« En dehors des 2 Ground Master 400 qui seront bientôt livrés, l’armée de l’air a déjà trois GM 403 qui sont opérationnels depuis plusieurs années. On peut notamment citer le GM 403 de Nador qui permet de couvrir une partie du territoire algérien et le sud de l’Espagne avec un rayon de 390 à 470 kilomètres.

Une commande de 7 radars américains pour remplacer les anciens, devenus obsolètes

« En fait, le projet d’équipement est beaucoup plus ambitieux sachant qu’en plus de l’achat des 2 nouveaux radars français, le Maroc va acquérir 7 radars de type AN/TPS 77 chez le constructeur américain Lockheed Martin, pour remplacer les anciens TPS 63 et 73, déployés depuis les années 70.

« En termes d’équipement, le Maroc dispose d’une couverture aérienne multicouches avec des radars de moyenne, longue portée et enfin de très courte portée; mais il faut préciser que sa défense aérienne laisse encore à désirer, même si les choses sont en train de changer.

Depuis 2011, le Maroc élabore un nouveau chantier de défense anti-aérienne

« Jusqu’à 2010, la politique de défense aérienne se basait uniquement sur le recours aux avions de chasse car l’utilisation de batteries terrestres de défense anti-aérienne était interdite pour des raisons de sécurité intérieure liées aux tentatives de coups d’Etat comme celle de la base de Kénitra.

« En effet, pendant longtemps, la gendarmerie royale était opposée à l’achat de systèmes de défense anti-aérienne de moyenne et longue portée car leur utilisation n’était pas contrôlable à 100%.

« Depuis 2011, la politique a changé et le Maroc a donc lancé un grand chantier pour équiper l’artillerie de batteries de défense sol-air pour parer à toute menace émanant du ciel.

Acquisition de systèmes chinois, américain et français pour éviter toute dépendance

« Pour cela, le Maroc s’est d’abord intéressé au système russe S400 avant de porter son choix final en 2017 sur des batteries chinoises Ski Gard puis sur le système Sky Dragon 50 d’une portée de 50 km sans compter la réception à venir d’une batterie HK9/B de longue portée, qui est une copie chinoise du très efficace S400.

« Si le budget de l’Etat le permet, le Maroc devrait aussi acheter en 2021 le système américain Patriot ainsi que des missiles français VL Mika qui ont, d’une part, la particularité d’être utilisables par la marine, l’aviation et l’artillerie et d’autre part, d’être très efficaces face aux petites cibles comme les drones.

« L’objectif de ces achats de divers horizons (Chine, USA et France) est de limiter la dépendance à un seul système en cas de défaillance de ses équipements de défense.

Une couverture radar et une défense aérienne bientôt synchronisées

« A court-terme, le Maroc devrait donc disposer d’une couverture radar et d’une défense aérienne multicouches très efficaces qui couvriront tous les centres névralgiques du Royaume (plateformes de stockage de carburant, zones sensibles comme les bases militaires, frontières, palais royaux …).

« Si le Maroc dispose d'une vingtaine de radars (courte, moyenne et longue portée), la priorité est plutôt de se doter de nouvelles technologies, car les anciennes commencent à devenir dépassées.

« S’ils font toujours l’affaire, ils peuvent laisser à désirer face à des cibles furtives comme les missiles supersoniques, les drones et les chasseurs de dernière génération qui ont une faible signature radar.

« Avec cet achat, le ciel marocain sera beaucoup plus sécurisé”, conclut l’expert en précisant qu’au regard de leur coût de fonctionnement, les radars ne sont pas utilisés 24H/24 et sont cachés dans des dômes pour ne pas montrer aux éventuels assaillants si les outils de détection sont déployés ou pas.

Ci-après, des images du système français GM 403 installé à la base militaire de Nador publiées avec l'aimable autorisation du site FAR Maroc:

Défense : L’armée de l’air renforce la surveillance aérienne du Maroc

Le 16 octobre 2020 à17:40

Modifié le 18 octobre 2020 à 20:28

Désireuse de renforcer la surveillance aérienne du territoire national, l’armée marocaine a commandé au constructeur français Thales 2 radars Ground Master 400 qui s’ajouteront aux 3 dont elle dispose déjà. Selon l'expert militaire, Abdelhamid Harrifi, cette commande ferme s’inscrit dans la politique engagée en 2011 dont l'objectif est de remplacer le parc de radars devenus obsolètes et de bénéficier d’une meilleure couverture en basse altitude notamment pour détecter les cibles furtives.

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« Avec cette nouvelle commande, l’armée de l’air possèdera 5 radars tactiques de ce type. Mais à terme, l’objectif est d’en avoir 7 pour renforcer la couverture aérienne de tous les points névralgiques du Royaume », nous révèle l’expert en affaires militaires, qui ajoute que le Maroc dispose aujourd'hui (avec les 2 nouveaux radars qui seront livrés très bientôt) de 20 radars, mais que d'autres commandes ont été lancées pour remplacer les anciens, devenus inefficaces face aux cibles furtives.

Des nouveaux radars capables de détecter des cibles furtives volant à basse altitude

« Dans l’ancienne architecture de défense anti-aérienne, les FAR disposaient de 14 radars mais avec la modernisation des anciens et les nouveaux achats, elles en ont 20 pour couvrir tout l’espace aérien.

« Ceux qui ont été commandés en 2019 sont équipés d’une nouvelle technologie qui peut détecter des cibles de très petite taille avec une signature radar minime, comme les drones, missiles, roquettes qui volent à très basse altitude (moins de 1000 mètres).

« En dehors des 2 Ground Master 400 qui seront bientôt livrés, l’armée de l’air a déjà trois GM 403 qui sont opérationnels depuis plusieurs années. On peut notamment citer le GM 403 de Nador qui permet de couvrir une partie du territoire algérien et le sud de l’Espagne avec un rayon de 390 à 470 kilomètres.

Une commande de 7 radars américains pour remplacer les anciens, devenus obsolètes

« En fait, le projet d’équipement est beaucoup plus ambitieux sachant qu’en plus de l’achat des 2 nouveaux radars français, le Maroc va acquérir 7 radars de type AN/TPS 77 chez le constructeur américain Lockheed Martin, pour remplacer les anciens TPS 63 et 73, déployés depuis les années 70.

« En termes d’équipement, le Maroc dispose d’une couverture aérienne multicouches avec des radars de moyenne, longue portée et enfin de très courte portée; mais il faut préciser que sa défense aérienne laisse encore à désirer, même si les choses sont en train de changer.

Depuis 2011, le Maroc élabore un nouveau chantier de défense anti-aérienne

« Jusqu’à 2010, la politique de défense aérienne se basait uniquement sur le recours aux avions de chasse car l’utilisation de batteries terrestres de défense anti-aérienne était interdite pour des raisons de sécurité intérieure liées aux tentatives de coups d’Etat comme celle de la base de Kénitra.

« En effet, pendant longtemps, la gendarmerie royale était opposée à l’achat de systèmes de défense anti-aérienne de moyenne et longue portée car leur utilisation n’était pas contrôlable à 100%.

« Depuis 2011, la politique a changé et le Maroc a donc lancé un grand chantier pour équiper l’artillerie de batteries de défense sol-air pour parer à toute menace émanant du ciel.

Acquisition de systèmes chinois, américain et français pour éviter toute dépendance

« Pour cela, le Maroc s’est d’abord intéressé au système russe S400 avant de porter son choix final en 2017 sur des batteries chinoises Ski Gard puis sur le système Sky Dragon 50 d’une portée de 50 km sans compter la réception à venir d’une batterie HK9/B de longue portée, qui est une copie chinoise du très efficace S400.

« Si le budget de l’Etat le permet, le Maroc devrait aussi acheter en 2021 le système américain Patriot ainsi que des missiles français VL Mika qui ont, d’une part, la particularité d’être utilisables par la marine, l’aviation et l’artillerie et d’autre part, d’être très efficaces face aux petites cibles comme les drones.

« L’objectif de ces achats de divers horizons (Chine, USA et France) est de limiter la dépendance à un seul système en cas de défaillance de ses équipements de défense.

Une couverture radar et une défense aérienne bientôt synchronisées

« A court-terme, le Maroc devrait donc disposer d’une couverture radar et d’une défense aérienne multicouches très efficaces qui couvriront tous les centres névralgiques du Royaume (plateformes de stockage de carburant, zones sensibles comme les bases militaires, frontières, palais royaux …).

« Si le Maroc dispose d'une vingtaine de radars (courte, moyenne et longue portée), la priorité est plutôt de se doter de nouvelles technologies, car les anciennes commencent à devenir dépassées.

« S’ils font toujours l’affaire, ils peuvent laisser à désirer face à des cibles furtives comme les missiles supersoniques, les drones et les chasseurs de dernière génération qui ont une faible signature radar.

« Avec cet achat, le ciel marocain sera beaucoup plus sécurisé”, conclut l’expert en précisant qu’au regard de leur coût de fonctionnement, les radars ne sont pas utilisés 24H/24 et sont cachés dans des dômes pour ne pas montrer aux éventuels assaillants si les outils de détection sont déployés ou pas.

Ci-après, des images du système français GM 403 installé à la base militaire de Nador publiées avec l'aimable autorisation du site FAR Maroc:

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