Confinement : 55% des ménages ont réduit leurs dépenses en produits alimentaires
Selon les résultats d'une étude publiée par le Haut-Commissariat au Plan, ce mercredi 22 juillet, la majorité (82%) des ménages ayant réduit leurs dépenses alimentaires s’attendent à une poursuite de cette baisse au cours du mois prochain.
Les effets de la pandémie sur les dépenses alimentaires, observés pendant le confinement sanitaire, a porté sur 10 produits considérés comme de base pour les ménages marocains : la farine et céréales, les légumes, les fruits, les légumineuses, les viandes rouges, les viandes blanches, les poissons, le lait et produits laitiers, les huiles et, enfin, le sucre.
Cette étude, portant sur les répercussions économiques de la pandémie du Coronavirus sur la situation des ménages, menée par le HCP du 15 au 24 juin dernier auprès d’un échantillon représentatif de 2.169 ménages, fait ressortir que 30% des ménages ont gardé le même niveau de dépenses pour l’ensemble de ces 10 produits. Le niveau de dépenses de 19,6% d’entre eux a connu une hausse pour au moins un de ces 10 produits, contre une baisse pour plus de la moitié des ménages (55%).
Les aliments les plus touchés sont les fruits, avec 31,2% des ménages qui ont réduit leurs dépenses à ce niveau, les viandes rouges à 28,3% et le poisson à 27,8%.
La baisse des dépenses alimentaires a touché les ménages ruraux plus que les citadins, et les baisses les plus fortes ont été enregistrées parmi les 20% des ménages les plus pauvres.
Le manque des ressources financières, principale cause
Selon la même source, 27% des ménages marocains considèrent le manque de moyens comme raison principale de réduction des dépenses allouées aux fruits.
Cette proportion est de 23% pour les viandes rouges, 18% pour les viandes blanches, 17% pour les légumes, 16% pour la farine et céréales, 16% pour les poissons, 12% pour le lait et produits laitiers, 11% pour les légumineuses, 7% pour les huiles et 7% pour le sucre.
D’autre part, la baisse des dépenses allouées aux poissons est attribuée à l’insuffisance de l’offre et à l’augmentation des prix selon 5% des ménages marocains.
Le recul des dépenses en fruits est dû, entre autres, à l’augmentation des prix selon 3% des ménages. Cette proportion est de 1% pour les légumes. Toutefois, le repli des dépenses en légumineuses est un choix délibéré de 3% des ménages.
Par ailleurs, au cours du mois prochain (août), 82% des ménages ayant réduit leurs dépenses alimentaires s’attendent à une poursuite de cette baisse : cette perception est certaine pour 24% des ménages et probable pour 58%.
En face, 6,5% des ménages ayant réduit leurs dépenses alimentaires s’attendent à une hausse de ces dépenses au cours du mois prochain.
Les redevances scolaires et les crédits à la consommation sont les engagements les moins honorés
Parmi les 11% de ménages ayant des membres scolarisés dans le secteur privé, 34,5% n’ont pas pu s’acquitter de leurs redevances scolaires tandis que 31% les ont payées sans difficultés, 14% avec difficulté et 20% en ont payé une partie et ont réussi à négocier des facilités pour les montants restants.
D'un autre côté, parmi les ménages ayant contracté un crédit de consommation, 37,6% ont réussi à respecter les échéances sans difficulté, 16% avec difficulté, 17,9% sont arrivés à un compromis avec les institutions de crédit alors que 28,5% étaient incapables de payer leurs traites.
En parallèle, les crédits de logement sont les plus respectés : Parmi les 6,7% de ménages ayant contracté un crédit bancaire pour l’acquisition de logement, plus de la moitié ont payé, sans difficultés, leurs traites, 14,9% avec des difficultés, 11,1% ont négocié le report des échéances alors que 21,6% n’ont pas pu honorer leurs engagements.
De leur côté, le loyer et la dette auprès de l’épicier sont les plus négociés :
Du côté des ménages locataires, un quart n’a pas pu payer le loyer et un cinquième a réussi à négocier un rééchelonnement tandis que 23,7% d’entre eux ont honoré leurs engagements en payant le loyer mais avec de grandes difficultés.
Parmi les ménages ayant une dette auprès des épiciers suite à l’acquisition, à crédit, de biens de consommation, 20% n’ont pas pu honorer leurs dettes, environ le quart les ont payées sans difficultés, 22% avec difficulté et 34% ont pu négocier des facilités de paiement.
Par ailleurs, parmi les ménages concernés par des consultations, des suivis médicaux ou des traitements réguliers, 17,5% n’ont pas pu couvrir leurs frais, 39,5% les ont payées difficilement et 3,2% ont réussi à obtenir des facilités de paiement.
Enfin, les redevances d’eau et d’électricité ont été payées sans difficultés par 39,7% des ménages et avec difficultés par 27%. Le quart n’a pas pu s’acquitter de ces redevances et les 8% restants ont négocié des facilités de paiement.
Concernant la perception des ménages de l’évolution du respect des engagements financiers, 81,4% des ménages prévoient de payer, au cours des trois prochains mois, leurs redevances d’eau et d’électricité contre 66,6% pendant le confinement, 69,2% contre 52% pour le loyer ; 69,5% contre 53,6% pour les crédits de consommation; 61,7% contre 46,4% pour les dettes contractées auprès d’épiciers et 57,2% contre 45,2% pour les frais de scolarité.
Ces prévisions demeurent modestes pour d’autres engagements tels que : les crédits d’habitat avec 70,6% contre 67% pendant le confinement, et les frais médicaux, 83,8% contre 79,2%.
>>> Lire Aussi : Le revenu moyen des actifs occupés a chuté de moitié pendant le confinement (HCP)
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