img_pub
Rubriques

admin

Les humains, responsables d’une extinction massive d’espèces

Il ne fait aucun doute que la Terre subit la sixième extinction de masse depuis sa création – la première depuis le cataclysme à l’origine de la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années environ.

Le 18 août 2015 à 13h51

Selon une étude récente, les espèces s’éteignent entre dix et plusieurs milliers de fois plus vite que durant les périodes stables de la planète, et au sein de ces espèces, les populations disparaissent des centaines ou des milliers de fois plus rapidement encore. Selon une estimation, la Terre a perdu la moitié de sa faune et flore au cours des 40 dernières années. Aucun doute non plus quant aux causes de cette extinction massive : nous en sommes responsables.

Nous sommes en train de tuer nos seuls compagnons connus dans l’univers, souvent magnifiques, et toujours complexes et intéressants. C’est une tragédie, même pour ceux qui ne se soucient pas de la protection de l’environnement. Ces espèces qui disparaissent aussi rapidement fournissent des services écosystémiques vitaux pour les êtres humains : la régulation du climat, le maintien de la fertilité des sols, la pollinisation des cultures et une protection contre les nuisibles, une filtration de l’eau douce et l’approvisionnement en nourriture.

La raison de cette soudaine accélération de la perte de la biodiversité est claire : l’expansion rapide des activités humaines, qui s’explique par une surpopulation croissante et une augmentation de la consommation par habitant. Nous détruisons les habitats naturels pour établir des fermes, des pâturages, des routes et des villes. La pollution perturbe le climat et empoisonne les sols, les eaux et l’air. Nous propageons des organismes invasifs à travers le globe et exploitons à l’excès des plantes et des animaux présentant une valeur commerciale ou nutritionnelle.

Plus il y a d’individus sur Terre, plus les ressources productives de la planète doivent être mises à contribution pour les nourrir. Davantage d’humains signifie que des espaces naturels doivent être cultivés ou occupés par des infrastructures urbaines, pour subvenir aux besoins de villes tentaculaires comme Manille, Chengdu, New Delhi ou San José. Davantage d’humains signifie une demande accrue pour les combustibles fossiles et donc plus d’émissions de gaz à effet de serre, peut-être la plus grande menace de toutes pour la survie des espèces. Entre-temps, des régions entières du Canada sont dévastées pour extraire du pétrole de qualité inférieure des sables bitumeux, tandis que la fracturation hydraulique se poursuit aux États-Unis.

Davantage d’humains veut également dire plus d’ordinateurs et plus de téléphones portables, et en conséquence de nouvelles exploitations minières pour extraire les terres rares nécessaires à leur fabrication. Cela signifie plus de pesticides, de détergents, d’antibiotiques, de colles, de lubrifiants, de conservateurs et de plastiques, qui comprennent souvent des composants qui imitent les hormones de mammifères. Cela implique plus de microparticules de plastique dans la biosphère – des particules qui peuvent être toxiques en elles-mêmes ou accumuler des toxines sur leur surface. En conséquence, toutes les espèces vivantes – y compris les êtres humains – ont été plongées dans un répugnant bouillon toxique, qui contribue d’autant à l’extinction des organismes incapables de s’adapter.

Avec chaque nouvel humain, le problème s’aggrave. Puisque les êtres humains sont intelligents, ils tendent à exploiter en premier les ressources les plus accessibles. Ils cultivent les terres les plus productives, consomment l’eau la plus proche et la plus propre et mettent en valeur les ressources énergétiques les plus faciles à atteindre.

A chaque nouvel arrivant, des terres moins fertiles, et plus fragiles, sont utilisées pour produire des aliments. L’eau est transportée sur de grandes distances ou purifiée. L’énergie est produite à partir de sources non conventionnelles. En bref, chaque nouveau membre de la population mondiale ajoute un stress disproportionné pour la planète et ses écosystèmes, causant l’extinction de nouvelles espèces et des dégâts environnementaux plus importants que les membres des générations précédentes

Pour comprendre ce phénomène, considérons l’industrie pétrolière. Le premier puits de pétrole, foré en 1859 en Pennsylvanie, avait une profondeur de 23 mètres seulement lorsque le pétrole a jailli. En comparaison, le puits foré par la plate-forme pétrolière Deep Horizon, connue pour avoir explosé dans le golfe du Mexique en 2010, commençait à 1300 mètres sous l’eau et se poursuivait sur une profondeur verticale de plus de 10.000 mètres dans la roche avant d’atteindre la nappe de pétrole. Ce forage a nécessité une énorme quantité d’énergie et lorsque le puits a explosé, la fuite, impossible à contenir, a provoqué une catastrophe écologique qui se poursuit aujourd’hui, pour le golfe même et ses rives, ainsi que pour les économies locales.

La situation peut être résumée simplement. La population humaine, en croissance constante, est en concurrence avec la plupart des autres populations animales (à l’exception des rats, du bétail, des chats, des chiens et des cafards). Avec l’expansion de l’agriculture, nous nous approprions  près de la moitié de l’énergie du soleil permettant de produire de la nourriture pour tous les animaux – et nos besoins vont croissants.

Étant donné que l’animal dominant – l’espèce humaine – s’octroie la moitié des ressources, cela n’a rien d’étonnant que les millions d’espèces qui se battent pour la moitié restante commencent à disparaître rapidement. Ce n’est pas seulement une tragédie morale – c’est une menace existentielle. L’extinction massive des espèces nous privera des nombreux services écosystémiques dont dépend notre civilisation. La bombe démographique a déjà fait ses premières victimes. Ce ne seront pas les dernières.

Traduit de l’anglais par Julia Gallin

© Project Syndicate 1995–2015
Par
Le 18 août 2015 à 13h51

à lire aussi

Les prévisions météorologiques pour le dimanche 21 juin 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Les prévisions météorologiques pour le dimanche 21 juin 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 21 juin, établies par la Direction générale de la météorologie : - Temps chaud sur l’Oriental, le Saiss, […]

Coupe du monde 2026. Ismaïl Saibari, une influence tout terrain
Mondial2026

Article : Coupe du monde 2026. Ismaïl Saibari, une influence tout terrain

Libre comme l’air, l’attaquant a fait preuve d’une générosité incroyable et s’est montré prépondérant dans le succès des Lions de l’Atlas contre l’Écosse, vendredi 19 juin, lors de la 2e journée du groupe C du Mondial 2026. Saibari donne ainsi encore plus de crédit au choix de Mohamed Ouahbi de l’installer en faux numéro neuf.

DOCUMENT. Drones, intégration opérationnelle, sites : le saut stratégique de l'alliance militaire Maroc-USA
Defense

Article : DOCUMENT. Drones, intégration opérationnelle, sites : le saut stratégique de l'alliance militaire Maroc-USA

Un document américain donne de nouveaux détails sur la feuille de route militaire maroco-américaine 2026-2036. Le Maroc devient la clé stratégique du détroit de Gibraltar et du Sahel.

Trains RER: L'ONCF s'associe à la Corée du Sud pour structurer son futur réseau
Quoi de neuf

Article : Trains RER: L'ONCF s'associe à la Corée du Sud pour structurer son futur réseau

Dans l'optique de fluidifier le transport au sein des grandes métropoles régionales d'ici 2030, l'ONCF confie la réalisation et le suivi technique de son futur réseau RER à l'industrie ferroviaire sud-coréenne. Hyundai Rotem assurera l'entretien sur deux décennies tandis que KORAIL encadrera le contrôle qualité de la production et le transfert de compétences vers les équipes marocaines.

Sortie de l'acier, tensions géopolitiques, Mondial 2030... La stratégie d'Aluminium du Maroc expliquée par Abdeslam El Alami
Actus

Article : Sortie de l'acier, tensions géopolitiques, Mondial 2030... La stratégie d'Aluminium du Maroc expliquée par Abdeslam El Alami

Le groupe industriel installé à Tanger a validé la sortie de son activité acier lors de son conseil d'administration du 12 mai dernier. Son PDG, Abdeslam El Alami, invité du 12/13 de Médias24, explique les raisons de cette décision, revient sur l'impact de la guerre au Moyen-Orient sur ses approvisionnements en billettes d'aluminium, et anticipe la demande du secteur à l'horizon 2030.

Épisode 5. Une nation en mission : quand le football rassemble diplomates, institutions et citoyens dans une même aventure
Contributions

Article : Épisode 5. Une nation en mission : quand le football rassemble diplomates, institutions et citoyens dans une même aventure

Les épisodes précédents ont montré comment plusieurs centaines de Marocains ont traversé la planète pour soutenir les Lionceaux de l’Atlas lors de la finale de la Coupe du monde U20 au Chili et comment les joueurs eux-mêmes considéraient ce public comme un acteur de leur réussite. Derrière les joueurs et les supporters se trouvait un ensemble beaucoup plus vaste d’acteurs qui avaient le sentiment de participer à la même mission. Des employés de la Royal Air Maroc aux équipages des avions, des diplomates aux responsables institutionnels, chacun semblait mobilisé autour d’un objectif commun.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité