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L’Egypte fait mieux à la Ligue arabe qu’à la CAN

Alors que l’Egypte a remporté sept fois la Coupe d’Afrique des Nations, elle a pu, le lundi 22 juin 2026 et pour la huitième fois, hériter de la présidence de la Ligue arabe. Huit étoiles accrochées au maillot de la diplomatie égyptienne, qui dit mieux ?

Le 23 juin 2026 à 13h30

Depuis la naissance de cette Ligue en 1945 sous l’impulsion des Britanniques, l’Egypte dirige cette organisation panarabe en continu, à l’exception de la période du Tunisien Chedli Klibi, 1979-1990, élu à sa tête après la signature des accords de Camp David avec Israël, qui la dirigea de Tunis.

Nabil Fahmy, qui prendra officiellement ses fonctions à partir de ce 1ᵉʳ juillet 2026, a 75 ans. Il était conseiller à la présidence, puis diplomate et plusieurs fois ambassadeur occupant des postes comme au Japon et aux Etats-Unis. Il a étudié à l’université américaine du Caire et son père a été proche du président Sadate, dont il était ministre de 1973 à 1977. Il héritera donc d’une organisation moribonde et dont l’image est écornée, qui essaie de jouer un rôle dans la région et dans le monde sans grand succès, tellement les différends arabes sont nombreux et leurs solutions sont encore plus difficiles.

Pour revenir brièvement à la genèse de la Ligue, il est utile de revenir au début du siècle dernier pour comprendre son état actuel. A l’issue de la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni et la France s’étaient engagés à soutenir la création d’un Etat arabe unifié au Moyen-Orient après la dislocation de l’empire ottoman. En 1917, la déclaration Balfour octroie un foyer juif en Palestine, puis viendra la conférence de paix de Paris en 1919, qui refuse aux Arabes le droit de créer leur Etat unifié en vertu de l’accord Sykes-Picot signé en mai 1916, et qui partage toute la région en plusieurs Etats.

C’est sous l’égide du Royaume-Uni qu’en mars 1945 la Ligue arabe est créée pour donner l’illusion et un semblant d’unité effective aux Arabes qui n’ont plus l’initiative politique sur leur devenir. Cette organisation traîne à ce jour les failles et les échecs de cette époque, qui s’ajoutent aux nombreux défis d’aujourd’hui.

Bien que sa charte annonce que son principal objectif est d’encourager la coopération entre les Etats arabes, qui sont aujourd’hui au nombre de vingt-deux pays, et de protéger leur indépendance et leur souveraineté, la Ligue est loin d’atteindre ses objectifs d’unité et d’union. L’absence de démocratie et de débats contradictoires en son sein, la règle de l’unanimité qui paralyse ses décisions, et le monopole de l’Egypte et des pays pétroliers sur toute initiative innovante ont fini par asphyxier la Ligue et la rendre inopérante.

Ces blocages et ces faiblesses structurelles se manifestent à chaque crise. La voix de la Ligue est presque inaudible dans le monde arabe, face aux dangers israéliens et iraniens dans la région, sur la Palestine, le Liban, ou la guerre civile au Soudan.

Contrairement à d’autres organisations régionales et internationales, la Ligue arabe n’impose pas de décisions exécutoires à ses membres, laissant à chacun la liberté totale d’interpréter ses décisions comme bon leur semble. Son impuissance vient de l’absence d’un pouvoir contraignant qui s’impose à tous, mais aussi des divergences géopolitiques et des liens étroits que chaque Etat entretient avec les grandes puissances pour défendre ses propres intérêts, des priorités économiques nationales entre autres.

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Le 23 juin 2026 à 13h30

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