Entre lobbying et corruption
Bouanou, le tonitruant chef du groupe parlementaire du PJD, a accusé trois parlementaires de l’opposition d’avoir touché 20 millions de DH de la part d’une société de vente de tabacs pour introduire un amendement à la loi de Finances 2014.
Cela aurait pu constituer un fait politique majeur. Mais l’homme n’a plus aucune crédibilité, il porte une accusation par séance, pour se rétracter le lendemain. Ses adversaires, curieusement, annoncent à chaque fois qu’ils vont saisir la justice, mais se satisfont de ses excuses en aparté.
Pourtant, le problème est sérieux, c’est celui des liens acceptables entre les parlementaires et les groupes de pression.
Aux USA, le lobbying est un métier respecté. A Bruxelles, les groupes lobbyistes sont installés dans la même rue que la commission européenne, sont quotidiennement au contact des fonctionnaires et des parlementaires européens.
Au Maroc, nous avons une expérience que je peux raconter, parce que j’en étais un acteur principal.
En 1996, Si Mohamed Kabbaj était ministre des Finances et avait préparé un budget qui prévoyait une augmentation de taxes sur les médicaments. Madame Himmich, la présidente de l’ALCS, m’a appelé pour me dire que cela allait renchérir les antirétroviraux, les seuls médicaments disponibles pour le sida à l’époque.
Si Kabbaj m’a expliqué qu’il ne pouvait faire qu’une chose, accepter un amendement dans ce sens et il s’y est engagé. Seulement, le groupe de parlementaires que j’ai incité à présenter l’amendement, des usfpéistes donc dans l’opposition à l’époque, y a ajouté une série de produits.
Kabbaj a accepté l’amendement, mais m’a appelé par la suite pour me dire que les lobbyistes des laboratoires avaient instrumentalisé son attachement à la lutte contre le sida.
Il était furieux pace qu’il n’avait le choix qu’entre accepter l’amendement ou pénaliser les malades du sida. En homme d’Etat, il a accepté l’amendement, mais avec beaucoup de ressentiment. Tous les acteurs sont encore en vie, c’est donc un fait vérifiable.
Si je cite ce cas, c’est pour dire qu’il est normal que les groupes d’intérêt, des ONG, sensibilisent les parlementaires sur un point particulier.
C’est à ces derniers d’agir en pleine conscience. Il n’y aucune honte à défendre une branche, un secteur, si on défend l’emploi, l’intérêt général. Le problème c’est d’éviter la suspicion.
Mohcine Ayouch, ancien prisonnier politique, directeur de la CGEM du temps de Lahjouji, m’avait conforté dans l’idée de créer une société de lobbying.
C’est une activité très noble, qui peut enrichir le débat public en apportant des éléments d’analyse plus pointus. Elle devient crapuleuse quand elle utilise la corruption. C’est le moment de choisir entre la transparence et les coups bas.
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