Chômage, coût de la vie et épargne… les Marocains toujours pessimistes (HCP)
Le moral des ménages s’est dégradé au quatrième trimestre 2019 par rapport à la même période en 2018, selon l’indice de confiance calculé par le HCP. En plus des perspectives négatives relatives au chômage, au coût de la vie et de l’épargne, les Marocains sont également pessimistes en ce qui concerne la situation des droits de l’Homme et la qualité des services d'éducation et de santé.
L’indice de confiance des ménages s’est établi à 77,8 points contre 79,8 points au quatrième trimestre 2018, indique la dernière enquête de conjoncture du HCP.
Cette dégradation résulte de l’évolution des principaux composants de cet indice.
Niveau de vie : le pessimisme persiste
43% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, 34% un maintien au même niveau et 23% une amélioration. Le solde d’opinion sur l’évolution passée du niveau de vie est resté négatif, à moins 20,0 points, contre moins 13,3 points au même trimestre de l’année passée.
Au cours des 12 prochains mois, 28,8% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 44,5% à un maintien au même niveau et 26,7% à une amélioration. Le solde d’opinion relatif à cet indicateur passe à moins 2,2 points au lieu de moins 9,0 points le même trimestre de l’année 2018.
Chômage : près de 80% s’attendent à une hausse
79,5% contre 7,9% des ménages s’attendent à une hausse du chômage au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion est resté ainsi négatif à moins 71,6 points contre moins 70,0 points un an auparavant.
Achat de biens durables : conjoncture peu favorable
55,6% contre 26,3% des ménages considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer des achats de biens durables. Le solde d’opinion de cet indicateur est resté négatif, passant à moins 29,2 points contre moins 36,7 points le même trimestre de l’année 2018.
La situation financière des ménages s’est dégradée en 2019
65,6% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 30,4% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 4,0% affirment épargner une partie de leur revenu. Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle des ménages est resté ainsi négatif, à moins 26,4 points contre moins 28,4 points une année auparavant.
Pour ce qui est de l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, 31,4% contre 9,3% des ménages considèrent qu’elle s’est dégradée. Cette perception reste ainsi négative, avec un solde d’opinion de moins 22,1 points, en dégradation par rapport au même trimestre de l’année précédente où il enregistrait moins 20,7 points.
S’agissant de l’évolution de leur situation financière au cours des 12 prochains mois, 27,6% contre 11,7 % des ménages, s’attendent à une amélioration de leur situation financière. Le solde d’opinion de cet indicateur enregistre 15,9 points contre 19,1 points un an auparavant.
Peu de ménages pensent pouvoir épargner
17,8% contre 82,3% des ménages s’attendent à épargner au cours des 12 prochains mois. Le solde d’opinion relatif à cet indicateur est resté négatif, à moins 64,5 points au lieu de moins 63,0 points au même trimestre de l’année passée.
On s’attend à une hausse des prix des produits alimentaires
85,2% des ménages déclarent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours des 12 derniers mois contre une proportion minime des ménages (0,1%) qui ressentent leur diminution. Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, à moins 85,1 points, après avoir été de moins 90,3 points une année auparavant.
Au cours des 12 prochains mois, les prix des produits alimentaires devraient continuer à augmenter selon 82,7% des ménages contre 0,5 % seulement qui s’attendent à leur baisse. Le solde d’opinion est ainsi resté négatif, se situant à moins 82,2 points, au lieu de moins 86,6 points une année passée.
La qualité des prestations administratives de moins en moins perçue
En 2019, les ménages sont moins nombreux à percevoir une amélioration de la qualité des prestations administratives (54,0%) par rapport à 2018 (58,9%). Le solde qui résume cette opinion s’est dégradé entre 2018 et 2019 passant de 43,2 points à 36,6 points.
Perception d’une forte dégradation de la situation des droits de l’Homme
En 2019, 23,8% des ménages pensent que la situation des droits de l’Homme au Maroc s’est dégradée contre 18,7% enregistré en 2018. Le solde relatif à cet indicateur a enregistré ainsi une détérioration significative, passant de 22,8 points à 7,0 point entre 2018 et 2019.
Enseignement: sentiment d’une forte dégradation
En 2019, 52,2% contre 19,1% des ménages ont ressenti une dégradation de la qualité des services de l’enseignement. Le solde relatif à cet indicateur s’est détérioré en passant de moins 12,0 points en 2018 à moins 33,1 points en 2019, enregistrant ainsi son niveau le plus négatif depuis le début de l’enquête.
Services de santé : persistance d’une détérioration
L’opinion des ménages concernant la qualité des soins de santé est plus négative en 2019 qu’en 2018. Le solde relatif à cet indicateur s’est détérioré en passant de moins 50,5 points à moins 61,4 points, entre 2018 et 2019, enregistrant ainsi son niveau le plus bas depuis le début de l’enquête.
Protection de l’environnement : on ressent une détérioration
L’opinion des ménages sur l’évolution de la qualité de la situation en matière de protection de l’environnement s’est détériorée en 2019 par rapport à 2018. Le solde relatif à cet indicateur enregistre 16,9 points au lieu de 20,5 points en 2018.
>>Lire aussi: Conjoncture. L’attentisme plombe l'économie marocaine
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca : les minières sauvent un semestre marqué par la correction du marché (bilan)
Après un semestre marqué par une correction du marché, quelles valeurs ont résisté ? Quels secteurs ont tiré leur épingle du jeu ? Et où les investisseurs ont-ils concentré leurs échanges ? Voici le bilan des six premiers mois de 2026 à la Bourse de Casablanca à travers les principales performances de la cote.
Article : Textile : le déficit de main-d’œuvre dans la confection pèse sur les exportations
Les exportations textiles reculent de 9,1% à fin mai 2026, une baisse que les perturbations logistiques du premier trimestre ne suffisent plus à expliquer. L’aggravation de la baisse en avril et mai montre que le problème dépasse désormais le seul facteur logistique. La cause principale est aujourd’hui le déficit de main-d’œuvre, qui pèse directement sur la production, les délais de livraison et la capacité des entreprises à honorer leurs commandes.
Article : Traitement de l'eau. Le britannique Hydro Industries s'implante au Maroc avec Hydro Services Morocco
Le britannique Hydro Industries Limited s’implante au Maroc avec la création de Hydro Services Morocco, une SAS au capital de 1 MDH dédiée aux métiers du traitement de l’eau, de l’assainissement et du dessalement.
Article : Le Maroc face au choix du Rafale : les clés d'un arbitrage géopolitique contre le tout-américain
Si la volonté d'éviter une dépendance exclusive envers les États-Unis est réelle, l'équation budgétaire et le défi du nombre face à la flotte d'Alger imposent un examen attentif des réalités du terrain.
Article : Maroc-Chine : en attendant le Sahara, la relation bilatérale économique s'accélère
Dix ans après l'établissement d’un partenariat stratégique entre Rabat et Pékin au cours de la visite royale en Chine en 2016, l’ambassadrice chinoise au Maroc a célébré cet événement en déclarant que les relations économiques bilatérales ont connu une progression exceptionnelle. Si les perspectives industrielles et touristiques apparaissent plus que prometteuses, la question d'une éventuelle reconnaissance chinoise de la marocanité du Sahara au Conseil de sécurité de l'ONU demeure toujours entourée de précautions diplomatiques. Explications.
Article : IDE : le flux net progresse de 41,8% à fin mai 2026
Les investissements directs étrangers (IDE) au Maroc poursuivent leur progression à fin mai 2026. Porté par une hausse des recettes et un recul des dépenses, leur flux net atteint 23.319 MDH, en hausse de 41,8% par rapport à la même période de 2025. Dans le même temps, les investissements directs marocains à l’étranger (IDME) enregistrent également une nette progression.