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Uruguay: élections présidentielle et législatives, la gauche mencacée

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Le 26 octobre 2014 à 9h13

Quelque 2,6 millions d'Uruguayens se rendent aux urnes dimanche pour désigner le successeur du charismatique José Mujica dans un scrutin présidentiel et législatif qui pourrait voir le Frente amplio (gauche) au pouvoir depuis une décennie perdre sa majorité parlementaire, voire la présidence.

Pour le politologue Juan Carlos Doyenart, il y a "une seule certitude" dans ces élections : un ballottage qui mènera à un second tour le 30 novembre.

Après 10 ans de gestion du Frente amplio, "il n'y a pas de crise, il y a toujours une prospérité économique, les gens ont de l'argent, vivent mieux", mais l'usure du pouvoir fait son oeuvre, poursuit l'analyste.

Le Frente affiche un bilan plutôt positif, avec une croissance du PIB de 4,4% en 2013 - onzième année consécutive de hausse -, un chômage autour de 6% et une pauvreté divisée par trois entre 2006 et 2013.

Sur le plan social elle a avancé à grands pas, approuvant le mariage homosexuel, l'avortement et la légalisation du cannabis.

L'avenir de cette dernière initiative reste cependant incertain, aucun des trois principaux candidats à la présidence n'y étant réellement favorable.

Mais le bilan du gouvernement de Jose Mujica pêche sur plusieurs points, notamment la sécurité, l'éducation ou l'inflation (environ 10% par an), thèmes auxquels sont sensibles les classes moyennes, largement majoritaires.

- Un ex-président et deux fils de dirigeants-

Trois candidats font la course en tête pour prendre en mars les rênes de ce petit pays de 3,3 millions d'habitants : le prédécesseur de M. Mujica, Tabaré Vazquez, et les fils de deux anciens dirigeants, Luis Lacalle Pou (Parti national, centre-droit) et Pedro Bordaberry (Parti colorado, conservateur).

Les derniers sondages donnent un net avantage à Tabaré Vazquez, un cancérologue de 74 ans premier président de gauche du pays (2005-2010), qui obtiendrait 43% et 46% des suffrages.

Arrive ensuite le jeune député Luis Lacalle Pou, 41 ans, auteur d'une campagne remarquée qui lui permet dans certains sondages de faire jeu égal avec le candidat du Frente amplio en cas de second tour.

Dernier représentant des partis traditionnels, le parlementaire Pedro Bordaberry, 54 ans, fils de l'auteur du coup d'Etat qui avait mené à l'instauration d'une longue dictature militaire (1973-1985) affiche environ 15% des intentions de vote.

M. Bordaberry est également le principal promoteur d'un référendum qui se déroulera aussi dimanche sur la baisse à 16 ans de l'âge de responsabilité pénale des criminels.

"Cette élection sera très serrée", prédit M. Doyenart.

Lors de son dernier meeting de campagne, Tabaré Vazquez a demandé aux jeunes de parler avec leurs parents pour qu'"ils leurs expliquent quelles étaient les conditions de vie avant l'arrivée au pouvoir du Frente, qu'il y avait des enfants qui mangeaient de l'herbe, qu'il y avait du chômage, qu'il y avait de la tristesse".

A Las Piedras, dans le département de Canelones (sud), où le candidat Luis Lacalle Pou a terminé sa campagne, Lucia Garcia, 20 ans, a estimé qu'il "représente la rénovation (...) Nous voulons quelque chose de nouveau et Lacalle Pou nous l'offre".

Par son recours aux réseaux sociaux, sa campagne vivante, musicale et "positive", M. Lacalle Pou incarne "un changement dans le style", selon le politologue Juan Carlos Doyenart, cependant, sur le fond, "il n'y a pas de grandes différences" avec M. Vazquez.

Mais au-delà de la succession de "Pépé" Mujica, qui a conquis la planète avec son mode de vie modeste qui lui a valu le surnom de "président le plus pauvre du monde" et ses discours anti-consuméristes, l'autre enjeu du scrutin réside dans l'élection des 30 sénateurs et 99 députés.

"Aucun parti n'aura seul de majorité parlementaire", pronostique M. Doyenart, qui voit le Parti indépendant (centre-gauche) "jouer un rôle de charnière".

Pour Ricardo Lopez Gottig, analyste du Centre pour l'ouverture et le développement de l'Amérique latine (Cadal), il est "évident que le Frente Amplio n'aura pas la majorité au Parlement".

Le vote, obligatoire - sous peine d'amende de l'équivalent de 25 euros -, se déroulera de 08h00 (10h00 GMT) à 19h30 (21h30).

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Le 26 octobre 2014 à 9h13

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