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Ukraine: vainqueurs des législatives, les pro-occidentaux recherchent une alliance

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Le 27 octobre 2014 à 10h56

Les partis pro-occidentaux ukrainiens, forts d'une victoire écrasante aux législatives, s'attelaient lundi à surmonter leurs différences pour former une coalition, pressées par la reprise de combats dans l'Est séparatiste.

Le fief des séparatistes prorusses, Donetsk, s'est réveillé au son des tirs de lance-roquettes multiples Grad, mettant fin à un week-end d'accalmie dans les combats qui ont fait au total plus de 3.700 morts depuis avril, et rappelant la fragilité du dialogue engagé.

Les forces ukrainiennes ont fait état de leur côté de tirs de roquettes contre leurs positions près de la ville côtière de Marioupol, qu'elles contrôlent, touchant des habitations civiles.

Le président Porochenko a interprété le succès obtenu par les forces pro-occidentales au scrutin de dimanche comme un vote de confiance pour son plan de paix, au détriment du camp favorable à une offensive d'ampleur.

L'instauration d'un cessez-le-feu le 5 septembre, négocié avec la participation de la Russie, n'a pourtant pas permis une fin totale des combats et a été critiquée par une partie de la population comme une capitulation face aux insurgés, soutenus militairement selon Kiev et l'Otan par Moscou.

Les résultats partiels publiés lundi matin confirment le score sans précédent depuis l'indépendance de 1991 (près de 70% des voix), recueilli par les cinq principales listes favorables à un rapprochement avec l'Union européenne, pour certaines nationalistes.

Après le renversement de son président prorusse Viktor Ianoukovitch, l'annexion de la Crimée par la Russie et l'émergence de l'insurrection séparatiste dans l'Est, le pays a semblé tourner le dos à son passé soviétique, comme en témoigne le faible score des prorusses et surtout la disparition des communistes. Une partie des régions de l'Est, traditionnellement prorusses, n'ont toutefois pas pu voter, échappant au contrôle des autorités de Kiev.

Mais ils signifient aussi que le chef de l’État, élu en mai dès le premier tour, ne pourra gouverner seul et devra accepter des compromis.

- Scrutin salué par les Européens -

Après le décompte de 40% des voix, le Bloc Petro Porochenko (21,5%) est au coude à coude avec le Front Populaire (21,6%) de son Premier ministre Arseni Iatseniouk, qui voit ses chances d'être reconduit renforcées. Suit Samopomitch (11%), formation composée de jeunes militants et combattants de retour du front.

Ces deux derniers partis sont partisans d'une position ferme face aux séparatistes et à Moscou, sans être considérés comme des "partis de la guerre" comme sont parfois surnommés le Parti Radical (7,4%) du populiste Oleg Liachko ou Batkivchtchina (5,7%) de l'ex-Premier ministre Ioulia Timochenko.

Les anciens alliés de M. Ianoukovitch se maintiennent via le Bloc d'Opposition (9,8%), ce qui n'était pas acquis vu la défiance pour le régime de l'ancien président. Mais fait historique, le Parti communiste (3,9%), dénoncé par M. Porochenko comme la "cinquième colonne" de Moscou, n'atteint pas la barre des 5% nécessaire pour entrer au Parlement.

Ces résultats ont été salués par plusieurs pays européens et notamment au sein de l'ancien bloc soviétique.

"Ni la guerre qui continue ni les tentatives d’inonder le peuple de mensonges ne peuvent changer le cours de l’histoire. Le choix (fait par les électeurs) montre que l’Ukraine est prête à dire adieu au passé et à suivre résolument la voie européenne", a déclaré à l'AFP le ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevicius.

Moscou a prudemment salué une victoire des partisans d'un "règlement pacifique" du conflit, par la voix du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine.

La presse russe souligne de son côté les défis qui attendent les forces occidentales, définitivement installées au pouvoir près d'un an après l'émergence de la contestation du Maïdan, et en premier lieu à se mettre d'accord.

- Coalition rapide? -

Le président a reçu dès dimanche soir M. Iatseniouk, qui a assuré qu'une coalition serait formée "dans les délais les plus brefs pour que le gouvernement, le nouveau parlement réalisent rapidement les réformes indispensables au pays", rongé par la corruption, en profonde récession et sous perfusion financière.

M. Porochenko a assuré qu'il voulait former une alliance avec le Front populaire comme "principal partenaire" mais ouverte à d'autres partis.

La tête de liste de Samopomitch, Ganna Gopko, a cependant prévenu qu'une éventuelle coalition l'incluant ne devrait pas être "pro-présidentielle mais pro-ukrainienne", laissant entendre que le parti ne comptait pas apporter un soutien aveugle au chef de l’État.

Le temps presse pour le pouvoir ukrainien, qui doit voter des réformes radicales destinées à sortir l'Ukraine d'une profonde récession, à lutter contre une corruption endémique et à la rapprocher de l'Union européenne. Avec l'arrivée de l'hiver, il doit aussi régler le conflit qui la prive de gaz russe depuis juin.

La crise a eu des conséquences très directes sur le scrutin. Environ cinq millions d'électeurs, sur 36 millions au total, n'ont pas pu voter en Crimée, rattachée à la Russie en mars, ni dans les zones contrôlées par les séparatistes dans l'Est. Sur les 450 sièges de députés, 27 resteront ainsi vides.

A Donetsk, principal fief des rebelles, les habitants ont ignoré les élections et attendent celles que les séparatistes prévoient d'organiser le 2 novembre.

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Le 27 octobre 2014 à 10h56

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