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ECONOMIE

Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration

La nouvelle gouvernance de la Confédération, installée lundi 22 juin, ne relève pas d’un simple jeu de chaises musicales, comme certains auraient pu le penser. Vingt commissions au lieu de dix-huit, un bureau renouvelé à plus de 80%, plusieurs figures historiques ont quitté l’organigramme et d'autres l'ont intégré... Lecture.

Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration
H. G.
Le 28 juin 2026 à 16h39 | Modifié 28 juin 2026 à 18h10

Depuis l’élection du binôme Mehdi Tazi-Mohamed Bachiri à la tête de la CGEM, la composition de la nouvelle gouvernance était attendue.

Mehdi Tazi, nouveau président, connaît la maison par cœur. Pendant six ans, il en a porté les dossiers comme vice-président général. La question était donc légitime : serait-il tenté, maintenant qu'il est à la présidence, de maintenir une gouvernance dans la continuité ou allait-il imprimer sa propre méthode dès la composition de son conseil d'administration ?

La question, qui a certainement effleuré certains esprits, a trouvé réponse dans la liste, validée lundi 22 juin et annoncée dans la foulée. Le premier organigramme du mandat Tazi-Bachiri traduit incontestablement une volonté de renouveler les visages, redistribuer les rôles. Plusieurs figures historiques sortent du premier cercle. Et de nouveaux profils entrent au Bureau.

"Nous sommes à presque 80% de renouvellement parce que Mehdi Tazi voulait qu'il y ait une vraie rotation des responsabilités. Il tenait à donner l'occasion à de nouvelles personnes de travailler et servir l'entreprise marocaine. C'était également l'occasion de rajeunir l'équipe dirigeante. L'âge moyen actuel est autour de 47 ans. C'est une nouvelle génération d'entrepreneurs de tous bords qui est aujourd'hui représentée dans le conseil d'administration", commente une source du patronat. 

Un Bureau presque entièrement renouvelé, les sortants et les entrants

En 2023, sept vice-présidents entouraient Chakib Alj et Mehdi Tazi : Said El Hadi, Mohamed Fikrat, Ghita Lahlou, Mia Lahlou Filali, Hakim Marrakchi, Lotfi Sekkat et Saadia Slaoui Bennani. Deux profils occupant la responsabilité de la trésorerie complétaient le tableau à savoir Nouzha Tarriji Marrakechi et Abdou Diop.

Trois ans plus tard, un seul nom traverse les deux mandats, celui de Ghita Lahlou, directrice générale de l’École Centrale Casablanca. Tous les autres quittent le Bureau.

Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration

Cinq nouveaux vice-présidents font donc leur entrée avec chacun un secteur de prédilection, en plus de Ghita Lahlou, maintenue dans son poste pour un troisième mandat dans un bureau de la CGEM. Son crédo à elle, c'est la formation.

Deux autres femmes sont désignées VP, à savoir Naziha Belkeziz et Naoual Zine. La première est une banquière discrète qui évolue dans le secteur de la banque et des finances depuis plus de trente ans. Naziha Belkeziz est la présidente-directrice générale de la BCP. Elle a débuté sa carrière en 1992 à la Banque commerciale du Maroc (BCM), l'ancêtre d'Attijariwafa bank, dans laquelle elle a également occupé plusieurs postes. Elle a développé pendant un temps une activité de consultante en gouvernance d'entreprise et a siégé comme administratrice indépendante dans plusieurs sociétés, avant de rejoindre la BCP et d'en prendre les rênes en novembre 2024. Nul besoin de préciser que son expertise couvre les domaines de la banque et du financement.

En ce qui concerne Naoual Zine, c'est une dirigeante marocaine reconnue dans les secteurs des mines, de l'industrie et de la stratégie d'entreprise. Elle est directrice générale de Reminex, la filiale d'ingénierie et de développement de projets miniers du groupe Managem. Elle cumule cette fonction avec la présidence de la commission Développement durable.

Par ailleurs, le premier cercle du patronat accueille également Majid Iraqui, président du directoire de Taqa Maroc. Auparavant administrateur désigné dans le précédent CA, il est désormais l'un des six VP. Diplômé en finance et d’un MBA de l'Eastern Michigan University (États-Unis), il a débuté sa carrière dans la finance avant de virer vers le secteur de l'énergie en 2007 en devenant Country Manager du groupe TAQA au Maroc. On peut considérer que c'est "Monsieur Énergie" du nouveau bureau.

Le duo Tazi-Bachiri a renforcé son bureau en faisant appel à Hicham El Habti. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s'agit du managing director en charge de Innovation & Learning à OCP et président de l'UM6P. Il supervise les activités de recherche, de développement et d’éducation du groupe OCP tout en pilotant de manière intégrée son agenda R&D et Innovation. Si la CGEM veut accélérer la R&D et l'innovation, comme l'a plaidé Mehdi Tazi à plusieurs reprises, l'expérience d'El Habti dans ce domaine est précieuse.

Youssef Alaoui complète le tableau des vice-présidents. Son arrivée au Bureau est liée à sa qualité de président du groupe parlementaire de la CGEM. C’est une nouveauté. On nous explique que Tazi a décidé d’intégrer le président du groupe parlementaire au Bureau, signe que le lien avec le Parlement et le travail de plaidoyer législatif seront suivis et coordonnés de plus près.

Jinane Laghrari est nommée à la trésorerie. Elle préside également la commission Compétences et Employabilité. Administratrice Indépendante à BOA, Jinane Laghrari dispose d'une expertise multidisciplinaire allant de la finance au développement économique, en passant par le secteur public, pour avoir pendant plus d'une quinzaine d’années officié chez McKinsey.

Le poste de trésorier adjoint, détenu auparavant par Abdou Diop sous l’ancien mandat, disparaît de l’organigramme.

Gouvernance de la CGEM : les sortants et les entrants du nouveau Conseil d'administration

"Cette équipe reflète notre volonté d’insuffler une nouvelle dynamique au sein de la Confédération au service de l’entreprise marocaine, avec l’arrivée de nouvelles compétences et une représentation renforcée des TPME, des Régions et des femmes entrepreneures", a résumé Mehdi Tazi dans une publication sur ses réseaux sociaux.

Force est de constater que chaque mot-clé cité, TPME, territoires, femmes chefs d’entreprise, trouve sa traduction dans une commission, une nomination ou un arbitrage validé.

Vingt commissions, et une ouverture assumée sur l'international

Justement, côté commissions, leur nombre passe de dix-huit à vingt. Mais l’essentiel n’est pas là. C’est l’architecture qui renseigne sur la nouvelle dynamique.

Plusieurs anciennes commissions disparaissent avec leurs titulaires : Hassan Belkhayat pour l’Écosystème Tech, Aymen Taud pour la Transition énergétique et la décarbonation, Chadia Jazouli pour l’Éthique et la Gouvernance, Karim Cheikh pour le Capital humain, Driss Benomar pour la Veille économique, Badr Alioua pour le Financement et l’Investissement, ou encore Hicham Mellakh pour la Logistique et le Foncier. Sous l’ancien mandat, l’international était organisé autour de deux blocs : une commission internationale, confiée à Ghita Lahlou, et une commission Afrique, présidée par Abdou Diop.

Tout cela a été mis à plat et reconstruit avec une nouvelle approche. L'élément le plus remarquable, peut-être, est celui lié à l'international éclaté en cinq commissions régionales : Europe et Méditerranée (Abir Lemseffer), Amériques (Yassir Ghorbal), Moyen-Orient (Majid Iraqui), Asie et Océanie (Mohamed El Baroudi) et Afrique confié au VPG Mohamed Bachiri. À cela s’ajoute une commission dédiée au commerce extérieur (Ali El Harti).

Cela fait écho au programme du binôme qui fait du "rayonnement international" un de ses axes avec pour objectif le développement des exportations, la mobilisation de la diaspora et le renforcement de la présence en Afrique. Sur ce dernier point, une de nos sources explique que "Tazi et Bachiri ont décidé de garder la commission Afrique au niveau de la présidence au vu de l'importance du continent, et parce qu'il y a énormément de choses à faire au niveau de l'intégration industrielle du continent". À ce titre, le choix de Bachiri comme président de la commission n'est pas anodin. "Il est dans l'automobile et c'est le secteur où il y a le plus d'opportunités en termes d'intégration continentale selon une étude faite par la CGEM et la BAD", nous explique-t-on. "Et puis il y a la mobilité durable, les minéraux critiques, les batteries… des sujets que maitrise le VPG et cela fait donc sens qu'il porte ce sujet".

À noter que Yassir Ghorbal et Mohamed Baroudi font leur première entrée dans le CA de la CGEM. Les autres étaient déjà administrateurs lors du précédent mandat.

IA, innovation, start-up : le nouveau triptyque

Deuxième inflexion visible : la place accordée à l’intelligence artificielle. Absente de la nomenclature 2023 comme entité autonome, elle fait partie de la structure mise en place autour de l'innovation et du développement des startups, là où l’ancien mandat se limitait à une commission Écosystème Tech et à une autre dédiée à l'innovation et la R&D.

Elles sont désormais trois commissions distinctes. IA et Transformation économique, présidée par Mohammed Benouda (Aba Technology) ; Accélération des Start-ups, portée par Hamza Rkha Chaham (Sowit). Ces deux profils intègrent la première fois le board du patronat.

La troisième commission sur ce thème est le Morocco Innovation Lab dont la gestion est confiée à Meriem Zairi. Le binôme élu a tenu sa promesse de mettre en place les outils nécessaires pour améliorer la digitalisation et le niveau de technologie de l'ensemble des entreprises en érigeant le Morocco Innovation Lab (MIL) au rang de commission.

"Le MIL est un centre d'innovations, un outil qui a été travaillé sur les dix dernières années et qu'on doit mettre en œuvre dans ce mandat, c'est celui qu'on a précédemment appelé l'initiative El Kindi", expliquait Mehdi Tazi lors de la rencontre de presse d'annonce de son programme.

"C'est une vitrine pour l'ensemble des entreprises et l'ensemble des fédérations de la CGEM, sur un modèle qui existe dans d'autres pays dans le monde, et notamment en Turquie, où il y a un modèle d'innovation similaire qui peut permettre aux entreprises de monter en gamme et de faire monter en gamme leurs employés", détaillait-il.

Et il est confié à Meriem Zairi parce que "c'est elle qui a bataillé dès le départ pour avoir Al Kindi et le développer, c'est son sujet et elle qui l'a porté dès le départ", confie une source du patronat.

Le Conseil d’administration accueille d’ailleurs deux administrateurs désignés au titre des jeunes entreprises innovantes : Oussama Nour, d’Atare, et Amir Benmahjoub, DG de Harmattan AI Morocco.

Une commission TPME confiée à un président de CGEM région

Les présidents des CGEM régions sont des membres du CA de droit, mais l'un d'eux hérite de la présidence d'une commission centrale, celle de la Croissance des TPME et Entrepreneuriat. Elle est présidée par Adil Raiss, le vice-président général de la CGEM Tanger-Tétouan-Al Hoceima.

"Il est très connu pour être un grand militant et combatif. Sur ce sujet de la TPME, il est important d'avoir quelqu'un qui a de l'expérience et de la détermination", nous confie-t-on.

Et d'ajouter, "Deux présidents de fédérations, à savoir Abed Chagar et Ali Harti, ont également la présidence de commissions dans un esprit d'inclusivité des fédérations et des secteurs".

Ali El Harti, le président de la Fenelec, dirigera la commission Développement du commerce extérieur. Abed Chagar, le président de la FCP, hérite, lui, de la commission Montée en Gamme et Zones industrielles.

D’autres intitulés disparaissent ou changent de périmètre :

  • Fiscalité et Douanes n’apparaît plus comme commission autonome. Elle est remplacée par la commission Attractivité et Climat des Affaires confiée à Réda Lahmini, expert-comptable, parlementaire CGEM et qui, lors du mandat précédent, gérait la commission Procédures administratives et judiciaires. L'intitulé de cette dernière est légèrement modifié (réforme législative et Veille juridique et confié à Hatim Boukhris.
  • La commission Capital humain est remplacée par Compétences et Employabilité, confiée à Jinane Laghrari.
  • Éthique et Gouvernance devient RSE et Gouvernance responsable, confiée à Kenza Slaoui (Mafoder).

Hicham Zouanat, M. dialogue social de la CGEM, est naturellement reconduit à la tête de la commission dialogue social.

Trois dernières commissions clôturent les 20, à savoir la commission Accès aux Financements présidée par Khalid Chami et celle du développement durable et Économie circulaire présidée par Naoual Zine et enfin la commission Économie verte dont la présidence est confiée à Réda Hamedoun.

Karim Amor est maintenu à la tête de MeM by CGEM, 13ᵉ Région de la CGEM dédiée aux Marocains Entrepreneurs du Monde.

Karim Mouttaki passe de président de commission à Médiateur.

Membres désignés : "Grands groupes et PME représentés"

L'une des sources sondées confie par ailleurs qu'à la lecture des membres du CA, "on voit bien que Mehdi Tazi a la confiance des grands groupes historiques de la CGEM… mais a tenu à intégrer de nouveaux ainsi que de petites entreprises … Et il y a aussi des sage".

Dans les membres désignés, on voit la présence d'Al Mada à travers plusieurs filiales, Akwa Group représenté par Soukaina Akhannouch, le groupe Unimer (Mehdi Alja), Safari Group, Diana Holding. Fait remarquable : l'entrée de Moncef Belkhayat au CA de la CGEM.

Le patron de Dislog group s'est exprimé sur l'annonce du CA dont il fait désormais partie. "Au-delà de ses réussites entrepreneuriales, Mehdi est surtout un homme de valeurs. Bienveillance, ouverture, optimisme, sens du collectif et profond attachement au Maroc sont autant de qualités qui font de lui un leader respecté. En découvrant la composition de son bureau, j’y vois bien plus qu’une nouvelle gouvernance. J’y vois le reflet d’un Maroc entrepreneurial en pleine transformation (...) Cette équipe incarne une nouvelle dynamique, à l’image du Maroc d’aujourd’hui : plus ouvert, plus audacieux et plus ambitieux".

Au fond, c’est bien cette promesse que Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri veulent installer avec leur nouvelle équipe : "Place à l’action et à la synergie, sous le signe EntrepreneursEnMouvement, mobilisés pour créer davantage de valeur et d’emplois, renforcer la compétitivité de notre secteur privé et contribuer à l’accélération de la croissance et du développement de notre pays".

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H. G.
Le 28 juin 2026 à 16h39

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