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Ukraine: Kiev commence le retrait d'armes lourdes

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Le 26 février 2015 à 12h48

L'Ukraine a commencé jeudi le retrait des armes lourdes dans l'Est séparatiste prorusse où la trêve semble globalement respectée, mais le bras de fer persiste entre les Occidentaux et la Russie.

Un journaliste de l'AFP a vu aux abords de la ville d'Artemivsk, à 55 km au nord du fief rebelle de Donetsk, au moins quinze canons sur un tracteur à chenille accompagnés de plusieurs dizaines de soldats ukrainiens se dirigeant vers l'Ouest, s'éloignant de la ligne de front.

"L'Ukraine commence le retrait des canons de 100 millimètres de la ligne de démarcation", premier pas vers le retrait des armes lourdes qui va se faire sous la surveillance de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), a déclaré l'état-major de l'armée ukrainienne dans un communiqué.

Cette première étape va prendre 24 heures et sera suivie de retrait de lance-roquettes multiples Grad et autres pièces lourdes, a précisé à l'AFP un porte-parole militaire Anatoli Stelmakh.

Le retrait des armes lourdes, prévu par les accords Minsk 2 signés le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel en présence de Vladimir Poutine, était censé commencer dimanche. Mais Kiev avait jusqu'à présent fait savoir qu'il n'en était pas question avant le respect total du cessez-le-feu.

La trêve instaurée à partir du 15 février semble enfin tenir ces derniers jours dans l'est séparatiste du pays, où le conflit a fait plus de 5.800 morts en dix mois. L'armée ukrainienne n'a aucun mort à déplorer pour la deuxième journée consécutive.

Les séparatistes ont pour leur part montré mercredi à la presse ce qu'ils ont présenté comme un retrait de leurs armes lourdes près de leur bastion de Donetsk, mais l'OSCE n'était pas en mesure de confirmer qu'il s'agissait bien d'un retrait et non d'un mouvement habituel.

- Drones près de Marioupol -

Les autorités de Kiev ont toutefois prévenu qu'elles était prêtes à "revoir le calendrier du retrait en cas de tentatives d'assaut" de la part des rebelles prorusses.

Petit bémol dans cette accalmie: l'armée ukrainienne dénonce une "concentration des troupes ennemies" près de Marioupol, port stratégique sur les bords de la mer d'Azov et dernière grande ville de l'Est rebelle sous contrôle de Kiev. Sept drones ont survolé la zone de Marioupol en 24 heures, a indiqué Andriï Lyssenko, porte-parole militaire.

Un journaliste de l'AFP a entendu des échange de tirs à l'arme automatique dans la ville de Tchermalyk, à 30 km au nord-est de Marioupol, où forces ukrainiennes et combattants rebelles se trouvent à un kilomètre de distance.

Marioupol, dont la prise serait une étape clé pour construire un pont terrestre entre la Russie et la Crimée sous autorité russe, est considérée comme la prochaine cible potentielle des séparatistes prorusses après la prise la semaine dernière du noeud stratégique ferroviaire de Debaltseve, reliant les capitales rebelles de Donetsk et de Lougansk.

- Moscou accuse les Occidentaux -

Malgré une accalmie relative sur le front, les Occidentaux, et en premier lieu les Américains, semblent peu convaincus de la volonté de la Russie d'apaiser le conflit.

Accusé d'armer les rebelles de l'Est et de leur avoir envoyé des troupes régulières, Moscou dément toute implication dans ce conflit.

"Des mensonges", a lancé le secrétaire d’État américain John Kerry qui a accusé la Russie aussi bien que les séparatistes prorusses de ne pas respecter le cessez-le-feu en brandissant la menace de nouvelles sanctions contre Moscou, déjà lourdement frappée.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a souligné mercredi que la question des sanctions pourrait être soulevée au niveau européen en cas d'attaque contre Marioupol.

"Derrière ces appels se cache la mauvaise volonté de ces protagonistes, les États-Unis et l'Union européenne, à chercher la mise en œuvre de ce qui a été conclu à Minsk le 12 février", a répondu jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en soulignant qu'il n'existait "pas de cessez-le-feu idéal".

De son côté, le général américain Philip Breedlove a accusé la Russie d'avoir déployé dans l'est de l'Ukraine "plus d'un millier de véhicules de combat, des forces de combat, certaines des défenses anti-aériennes les plus sophistiquées, des bataillons d'artillerie".

Le ministre britannique David Cameron a évoqué l'idée d'exclure la Russie du système de paiement interbancaire Swift si Moscou continuait à "démanteler" l'Ukraine, annonçant également l'envoi d'instructeurs militaires pour conseiller et entraîner les troupes ukrainiennes.

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Le 26 février 2015 à 12h48

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