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Ukraine: Kiev commence le retrait d'armes lourdes, mais le bras de fer continue

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Le 26 février 2015 à 12h48

L'Ukraine a entamé jeudi le retrait des armes lourdes du front dans l'Est séparatiste prorusse où la trêve semble globalement respectée, mais le bras de fer continue entre les Occidentaux et la Russie.

Un journaliste de l'AFP a vu aux abords de la ville d'Artemivsk, à 55 km au nord du fief rebelle de Donetsk, au moins quinze canons tirés par des engins à chenilles, accompagnés de plusieurs dizaines de soldats ukrainiens se dirigeant vers l'Ouest, s'éloignant de la ligne de front.

"L'Ukraine commence le retrait des canons de 100 millimètres de la ligne de démarcation", premier pas vers le retrait des armes lourdes qui va se faire sous la surveillance de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), a déclaré l'état-major de l'armée ukrainienne dans un communiqué.

Cette première étape va prendre 24 heures et sera suivie du retrait de lance-roquettes multiples Grad et autres pièces lourdes, a précisé à l'AFP un porte-parole militaire Anatoli Stelmakh.

De son côté, le dirigeant de la République populaire autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a affirmé que ses forces avaient déjà "retiré 90%" de leurs armes lourdes.

Les séparatistes avaient montré mercredi à la presse ce qu'ils avaient présenté comme le retrait de ce type d'armes près de leur bastion de Donetsk, mais l'OSCE n'a pas été en mesure de confirmer qu'il s'agissait bien d'un retrait et non d'un mouvement habituel.

Le retrait des armes lourdes, prévu par les accords Minsk 2 signés le 12 février avec la médiation du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel en présence de Vladimir Poutine, était censé commencer dimanche. Mais Kiev avait jusqu'à présent fait savoir qu'il n'en était pas question avant le respect total du cessez-le-feu.

La trêve instaurée à partir du 15 février semble enfin tenir ces derniers jours dans l'est séparatiste du pays, où le conflit a fait plus de 5.800 morts en dix mois. L'armée ukrainienne n'a aucun mort à déplorer pour la deuxième journée consécutive.

- Drones près de Marioupol -

Les autorités de Kiev ont toutefois averti qu'elles était prêtes à "revoir le calendrier du retrait en cas de tentatives d'assaut" de la part des rebelles prorusses.

L'armée ukrainienne dénonce notamment une "concentration des troupes ennemies" près de Marioupol, port stratégique sur les bords de la mer d'Azov et dernière grande ville de l'Est rebelle sous contrôle de Kiev. Sept drones ont survolé la zone de Marioupol en 24 heures, a indiqué Andriï Lyssenko, porte-parole militaire.

Un journaliste de l'AFP a entendu des échange de tirs à l'arme automatique dans la ville de Tchermalyk, à 30 km au nord-est de Marioupol, où forces ukrainiennes et combattants rebelles se trouvent à un kilomètre de distance.

- Réunion sur le gaz -

Malgré cette accalmie relative sur le front, les Occidentaux, et en premier lieu les Américains, semblent peu convaincus de la volonté de la Russie, qu'ils accusent d'armer les rebelles, d'apaiser le conflit.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a notamment affirmé que Moscou avait transféré "dans les derniers mois plus de mille pièces d'équipement, artillerie, systèmes avancés de défense anti-aérienne et chars" dans l'Est de l'Ukraine. Il a appelé Moscou à les retirer.

"Toute tentative d'étendre ultérieurement le territoire tenu par les séparatistes serait une violation claire de l'accord de Minsk. Et ce serait inacceptable pour la communauté internationale", a-t-il averti.

Moscou dément toute implication dans ce conflit. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé comme un signe de "mauvaise volonté" des Occidentaux les nouvelles menaces de sanctions brandies, notamment par le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Sur le plan énergétique, le ton est aussi monté récemment entre la Russie et l'Ukraine depuis que le géant gazier russe Gazprom a commencé la semaine dernière à approvisionner directement les zones sous contrôle des rebelles sans l'aval de Kiev.

La Commission européenne, qui craint qu'une rupture entre Kiev et Moscou n'affecte les livraisons russes vers l'Europe, transitant par l'Ukraine, a proposé aux ministres de l’Énergie des deux pays de se retrouver lundi à Bruxelles pour régler leur querelle. Kiev a déjà annoncé sa participation.

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Le 26 février 2015 à 12h48

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