Safran et Zodiac suspendus en Bourse, annonce attendue dans la journée
Les cotations de Safran et Zodiac Aerospace ont été suspendues mercredi à la Bourse de Paris dans l'attente d'une annonce sur l'offre publique d'achat lancée par le motoriste aéronautique sur l'équipementier en janvier.
Il y aura une "annonce dans la journée", a déclaré à l'AFP une porte-parole de Safran, tandis que chez Zodiac, on indique qu'une communication interviendra également dans la journée, sans plus de précison.
Euronext, l'opérateur de la Bourse de Paris, a de son côté expliqué que les cotations ont été suspendues à la demande des deux sociétés.
Sur son site internet, Safran a précisé que cette suspension est destinée à "assurer un accès égal du public à l'information".
Zodiac fait l'objet d'une OPA (offre publique d'achat) amicale lancée en janvier par Safran. L'opération doit aboutir à une fusion pour former un géant de plus de 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires, numéro deux mondial des équipements et moteurs aéronautiques. Le nouvel ensemble regrouperait 92.000 salariés, dont 45.000 en France.
LaTribune.fr affirme que Safran devrait racheter l'équipementier en difficulté avec une décote de plus d'un milliard d'euros par rapport aux 8,5 milliards prévus en janvier. Le groupe proposerait désormais un prix inférieur à 25 euros par action, contre 29,50 euros en janvier lors de l'annonce de l'OPA.
Cela correspondrait à une décote de plus de 15% par rapport au projet initial, écrit LaTribune.fr.
Cette décote, si elle est confirmée, prendrait en compte un nouvel avertissement - soit une dizaine en un peu plus de deux ans - sur les résultats publié par Zodiac Aerospace à la mi-mars, comme l'avait annoncé Safran à l'époque.
Pour Safran, cette annonce constituait "un fait nouveau par rapport aux éléments disponibles préalablement à l'annonce du projet d'acquisition de Zodiac Aerospace par Safran le 19 janvier".
LaTribune.fr ajoute que le schéma désormais retenu est différent de celui imaginé au moment de l'annonce. L'offre se ferait environ aux deux tiers en liquide et à un tiers en échange de titres.
A l'origine, il prévoyait une OPA de Safran sur Zodiac puis, dans un deuxième temps et en cas de succès, une fusion pour les actionnaires de Zodiac qui n'auraient pas pris part à l'OPA.
Safran ne tiendrait donc pas compte des objections formulées par le fonds spéculatif TCI, qui s'est opposé à cette opération et a estimé que le prix offert par Safran était trop élevé.
- 'Juste valeur' -
TCI avait estimé en février la "juste valeur" de l'action Zodiac à environ 20 euros et proposait en échange que Safran lance un programme de rachat de ses propres actions, ce qui aurait eu pour effet de relever mécaniquement son cours de Bourse.
Il a revu cette estimation à la baisse après l'avertissement sur résultats de Zodiac, estimant que la valeur de l'action de Zodiac à 10 euros.
A la Bourse de Paris et avant la suspension de cotation peu avant 9H20, Zodiac valait 22,97 euros et Safran 76,11 euros.
Pour Safran, qui avait essuyé un échec en 2010 lors d'une première tentative de racheter Zodiac, une telle acquisition est stratégique alors que le secteur est en entré dans un cycle de consolidation.
L'annonce du rapprochement entre les deux groupes était intervenue quelques mois après le rachat par l'équipementier aéronautique américain Rockwell Collins de son concurrent B/E Aerospace, rival de Zodiac Aerospace.
Les deux groupes qui dominent plusieurs des segments sur lesquels ils sont présents (trains d'atterrissage, câblage électrique et équipements et systèmes aéronautiques montés à bord des avions commerciaux) seraient ainsi présents sur l'ensemble des grands programmes aéronautiques.
Safran domine notamment le segment des moteurs d'avions moyen-courrier, qui équipent l'A320 d'Airbus et le 737 de Boeing et, bientôt, du C919 du chinois Comac.
Il s'est hissé au premier rang mondial sur ce segment grâce à son partenariat avec l'américain General Electric au travers de leur co-entreprise CFM International.
Zodiac est pour sa part un des leaders mondiaux des équipements et systèmes aéronautiques montés à bord des avions commerciaux, régionaux et d’affaires.