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Référendum en Bolivie: Evo Morales face à une probable défaite

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Le 23 février 2016 à 13h39

Le président bolivien Evo Morales, qui a demandé à ses compatriotes de lui accorder ou non de briguer un quatrième mandat, se préparait à une probable défaite mardi, les derniers résultats du référendum donnant le non vainqueur.

Si la tendance se confirme, il s'agirait de la première défaite politique d'Evo Morales, 56 ans, plus ancien président en exercice d'Amérique latine. A la tête du pays depuis 2006, il devrait alors quitter le pouvoir début 2020.

Les derniers résultats partiels publiés par l'organisme officiel, l'OEP, portant sur 77,7% des suffrages donnaient le non gagnant à 53,91% contre 46,09% pour le oui.

Dès dimanche soir, deux chaînes de télévision, s'appuyant sur des sondages sortie des urnes, avaient annoncé le non vainqueur.

Dans ce pays où le vote est obligatoire, 6,5 millions de Boliviens, plus 300.000 à l'étranger, étaient appelés dimanche à autoriser leur président à briguer un quatrième mandat, pour rester au pouvoir jusqu'en 2025.

"Nous allons attendre patiemment le coup de sifflet final du tribunal électoral (TSE), nous sommes optimistes", avait déclaré lundi Evo Morales, promettant de "respecter les résultats" quels qu'ils soient.

Le TSE a annoncé qu'il pourrait donner des résultats définitifs après avoir dépouillé 90% des suffrages.

Avant le scrutin, l'ancien berger de lamas devenu le premier président amérindien de la Bolivie s'était montré serein face à une éventuelle défaite: "Je suis prêt. Avec un tel bilan (à la tête de la Bolivie), je retournerais heureux et content chez moi. J'adorerais être dirigeant sportif", avait-il confié au quotidien espagnol El Pais.

- "Respectez les résultats" -

Depuis l'annonce des premières estimations, le camp présidentiel n'a eu de cesse de qualifier ces chiffres de prématurés, misant notamment sur le comptage, effectué en dernier, des votes en zones rurales, les plus favorables à Evo Morales.

Sceptique, le vice-président Alvaro Garcia estime "hautement probable que ces chiffres se modifient de manière radicale", appelant toutefois l'opposition à ne pas se réjouir trop vite face à ce qu'il qualifie de "match nul technique".

"Il vaut mieux garder son enthousiasme et attendre avec patience les résultats" définitifs du TSE, attendus dans les prochains jours, a-t-il dit.

Après l'annonce de la victoire du non par les médias, les opposants au président Morales ont organisé des fêtes populaires dans plusieurs villes, comme Santa Cruz (est) et Trinidad (nord-est).

"Ils ont demandé que le peuple décide et il a décidé, respectez les résultats", avait clamé lundi sur Twitter Samuel Doria Medina, ex-candidat à l'élection présidentielle, vaincu à deux reprises par M. Morales.

"Il est probable que ces résultats entraînent des batailles internes pour succéder" à Evo Morales, juge l'analyste politique Andrés Torres. Mais ce sera "très difficile de trouver un successeur qui ait la même capacité de cohésion que lui parmi les organisations sociales", prévient-il.

Jusqu'à la semaine dernière, les partisans de la révision constitutionnelle étaient à égalité avec les opposants dans les intentions de vote. Mais des accusations de corruption à l'encontre de M. Morales ont contribué à largement avantager le non.

M. Morales est soupçonné d'avoir usé de son influence en faveur de son ex-compagne, Gabriela Zapata (28 ans), dont l'entreprise a signé des contrats avec le gouvernement pour des centaines de millions de dollars. Plusieurs enquêtes sont en cours.

Le chef de l'Etat, champion autoproclamé du socialisme du XXIe siècle, a nié: "Quel trafic d'influence ? Tout ça est un montage de l'ambassade des Etats-Unis !".

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Le 23 février 2016 à 13h39

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