Première réunion interprofessionnelle sur l'assurance chômage des intermittents
Syndicats et employeurs de la profession du spectacle se retrouvent jeudi matin au Conseil économique, social et environnemental (Cese) pour une première réunion sur l'épineux dossier de l'assurance chômage des intermittents, un processus inédit.
Cette négociation, parallèle à celles sur le régime général d'assurance chômage menées par les partenaires sociaux, a été mise en place par la loi Rebsamen du 17 août 2015, après une longue concertation qui a permis d'apaiser le dernier conflit des intermittents en 2014.
L'idée était de "discuter avec des gens qui savent de quoi ils parlent", explique Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle.
C'est la présidente de la Fesac (Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l'audiovisuel et du cinéma) Claire Guillemain qui a convié à la table des négociations les syndicats (CGT Spectacle, FO, CFDT, CTFC et CGC).
La profession doit s'entendre sur les futures conditions d'indemnisation des intermittents, dans les limites d'un "cadre financier" qui fixera le montant des économies à réaliser.
A règlementation constante, la dette de l'Unédic, qui gère l'assurance chômage, devrait atteindre 29,4 milliards d'euros fin 2016 et le gouvernement table sur 800 millions d'euros d'économies nouvelles cette année.
La première réunion jeudi au Cese est une prise de contact, puisque le cadre financier n'a pas encore été fixé. Il le sera au mieux le 8 mars, date de la prochaine réunion entre le Medef et les partenaires sociaux dans le cadre de la négociation de la convention chômage.
La CGT a déjà prévenu: "Si on nous dit que les 100.000 intermittents doivent faire un quart des économies du régime, soit 200 millions d'euros, c'est la guerre !", a lancé Denis Gravouil.
Selon lui, les intermittents ne représentant que 100.000 personnes, soit 3,5% du total des chômeurs indemnisés, "s'il y a des économies à faire, elles ne peuvent dépasser cette proportion, soit 30 à 40 millions".
Claire Guillemain a expliqué à l'AFP "aborder avec calme la négociation". "On fait quelque chose de totalement nouveau. Je me situe dans une posture d'écoute", a-t-elle souligné.
"Cette première réunion doit permettre de déblayer le terrain, le cadrage financier arrivera début mars", observe-t-elle.
Sur le montant d'économies à réaliser, elle souligne qu'"un effort très important de 100 millions d'euros a déjà été fait sur les annexes 8 et 10" de la convention d'assurance chômage, concernant les intermittents.