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Paris renforce son dispositif militaire, un deuxième Français parmi les bourreaux de l'EI

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Le 19 novembre 2014 à 15h54

Paris a dévoilé mercredi l'identité d'un deuxième Français parmi les bourreaux du groupe Etat islamique, et annoncé le renforcement de son dispositif militaire près du théâtre d'opérations irakien.

Sur le terrain, un kamikaze a fait exploser une voiture piégée dans la région autonome des Kurdes d'Irak, en guerre contre les jihadistes, faisant quatre morts.

La France, qui participe en Irak aux opérations aériennes de la coalition internationale dirigée par Washington, a annoncé qu'elle allait déployer six avions de plus dans la région pour lutter contre l'EI.

"Les forces françaises aériennes vont être renforcées par six Mirage placés en Jordanie", a déclaré le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian à l'Assemblée nationale.

Jusqu'à présent, Paris participait à la coalition avec neuf avions Rafale basés aux Emirats Arabes Unis, un pays plus éloigné que la Jordanie du théâtre d'opérations, ce qui nécessitait de multiples ravitaillements en vol pour les appareils engagés.

Le deuxième Français identifié par les autorités françaises comme faisant partie des bourreaux de l'EI ayant participé à une décapitation massive le week-end dernier est un jeune homme de 22 ans d'origine portugaise, Mickaël Dos Santos.

Comme Maxime Hauchard, le premier Français identifié, il s'est converti à l'Islam. A l'automne 2013, il était parti rejoindre les jihadistes en Syrie, prenant le nom de guerre d'Abou Othman, selon une source proche du dossier.

Mickaël Dos Santos "est connu par son engagement terroriste en Syrie et son comportement violent revendiqué sur les réseaux sociaux", a déclaré le Premier ministre français Manuel Valls.

Il a précisé que "plus d'un millier" de Français étaient concernés par le phénomène jihadiste en Syrie, parmi lesquels "près d'une cinquantaine" ont été tués.

- Effet d'horreur -

Hormis les deux Français, les 16 autres combattants apparaissant à visage découvert dans la vidéo n'ont pas encore été identifiés. Certains ont un type occidental ou asiatique.

Un journal belge a fait état de la possible implication d'un Belge parti combattre dans les rangs jihadistes en octobre 2012, mais les autorités n'ont pas confirmé cette information.

La vidéo montre aussi un homme qui pourrait être le Britannique surnommé "Jihadi John" par les médias britanniques, et qui apparaît masqué avec, à ses pieds, la tête décapitée de Peter Kassig. Cet homme est considéré comme l'assassin présumé de James Foley et Steven Sotloff, les deux journalistes américains décapités ainsi que des humanitaires britanniques Alan Henning et David Haines.

Pour le président français François Hollande, l'EI cherche à "créer un effet d'horreur" avec ce message: "voyez (...) de quoi vos éventuels ressortissants seraient capables".

Les convertis représentent 20% des jihadistes français qui sont, dans leur écrasante majorité, recrutés sur internet, selon des sources du renseignement français.

- Attaque suicide -

L'EI sème la terreur dans de larges pans du territoire irakien et syrien qu'il contrôle.

Mercredi, un attentat suicide a fait quatre morts, dont deux policiers, à Erbil, capitale du Kurdistan irakien généralement épargnée par les violences.

Le kamikaze a lancé son véhicule contre le principal point de contrôle établi sur la route menant au siège du gouvernement dans cette ville du nord de l'Irak.

L'attaque n'a pas été revendiquée, mais son modus operandi est celui des attaques menées par les groupes armés extrémistes sunnites en Irak, notamment l'EI.

Les forces de sécurité kurdes affrontent seules, ou aux côtés des troupes fédérales irakiennes, le groupe de l'EI qui s'est emparé depuis juin de grandes zones au nord de Bagdad, certaines très proches du Kurdistan.

Des peshmergas, combattants kurdes irakiens, ont en outre été récemment acheminés dans la ville kurde syrienne de Kobané pour participer à sa défense contre les combattants de l'EI.

L'EI commence cependant à connaître des revers, surtout en Irak. Fortes du soutien de la coalition et appuyées par des miliciens et membres de tribus, les forces irakiennes ont regagné la semaine dernière du terrain face aux jihadistes, brisant le siège de la plus importante raffinerie du pays après avoir reconquis la ville de Baïji puis un barrage au nord de Bagdad.

Le président américain Barack Obama a annoncé une "nouvelle étape" avec l'envoi de 1.500 conseillers supplémentaires qui porteront à 3.100 le contingent américain dans ce pays dont les Etats-Unis s'étaient retirés militairement fin 2011.

Excluant le déploiement de troupes au sol, les Etats-Unis et leurs alliés de la coalition ont récemment augmenté la fréquence de leurs raids aériens contre les jihadistes.

Selon le président turc Recep Tayyip Erdogan, que la coalition internationale souhaiterait voir jouer un rôle plus important dans la lutte contre les jihadistes, Washington n'a pas répondu aux conditions posées par Ankara. La coalition n'a "pas pris les mesures que nous lui demandons", a-t-il dit. Il a affirmé que la Turquie ne s'impliquerait pas plus dans la coalition tant que ses conditions, notamment la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne à la frontière avec la Syrie, ne seraient pas satisfaites.

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Le 19 novembre 2014 à 15h54

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