Paris et Berlin vont faire des propositions communes sur l'investissement
Les ministres français et allemands de l'Economie et des Finances ont annoncé des propositions communes sur l'investissement, à l'issue d'un mini-sommet lundi, mais pour Berlin le salut réside toujours dans l'investissement privé.
Nous avons convenu d'élaborer d'ici le prochain Conseil économique et financier franco-allemand une proposition commune sur les possibilités d'investissement dans les deux pays et où nous exposerons notre vision commune de l'Europe", a déclaré M. Schäuble à l'issue de cette réunion avec son collègue à l'Economie Sigmar Gabriel et les Français Michel Sapin (Finances) et Emmanuel Macron (Economie).
Le prochain Conseil franco-allemand de ce type, un format qui réunit les quatre ministres et les présidents des banques centrales des deux pays, est prévu pour le 1er décembre.
Mais MM. Schäuble et Gabriel ont déjà clairement indiqué que chez eux, l'essentiel des investissements nécessaires viendraient du secteur privé, douchant les espoirs français d'un programme d'investissements publics allemands dont profiteraient par ricochet les autres pays européens.
Il s'agira dans le document présenté le 1er décembre de "propositions extrêmement concrètes, extrêmement opérationnelles", a précisé pour sa part M. Sapin, évoquant "plusieurs strates d'initiatives", à savoir à la fois "des projets communs" et "des idées pour des projets communs".
Les quatre ministres ont souligné sur tous les tons l'importance de l'investissement pour donner un coup de fouet à une économie européenne "anémiée", selon les termes de M. Macron.
En amont de la visite M. Macron avait avancé le chiffre de 50 milliards d'euros d'investissements que l'Allemagne pourrait faire sans mettre en péril sa politique budgétaire très orthodoxe.
Le chiffre correspond effectivement au besoin de l'Allemagne, a concédé le social-démocrate Gabriel. Mais les fonds viendront "pour la plus grosse partie de l'investissement privé", a-t-il immédiatement ajouté.
Les ministres français ont fait contre mauvaise fortune bon coeur. "Je n'ai rien demandé à l'Allemagne, parce que la France n'a pas à demander quelque chose à l'Allemagne", a dit M. Macron, "chacun fait ce qu'il doit faire", même si "il est vrai que l'Allemagne a plus de capacité que nous à porter de l'investissement".
M. Sapin a également réfuté l'idée de "pacte", telle qu'elle avait circulé ces derniers jours: entre Paris et Bruxelles sur le mode "déficit contre réformes", sous l'égide de Berlin, ou entre Paris et Berlin sur un principe de "réformes contre investissement".
"Il n'y a pas de pacte, nous ne cherchons pas de pacte, nous cherchons à ce que chacun prenne ses responsabilités", a dit le ministre des Finances français.
Les services de MM. Sapin et Schäuble travaillent déjà depuis plusieurs semaines à des propositions sur l'investissement. Les efforts franco-allemands en la matière vont aussi venir flanquer ceux menés au niveau européen, où la nouvelle Commission veut également stimuler l'investissement.
La démarche franco-allemande doit "créer une dynamique qui soit utile à tous" en Europe, a dit M. Sapin.