Nouvelles frappes israéliennes sur le Liban au lendemain d'une journée meurtrière
Israël a mené dans la nuit de nouvelles frappes sur le Liban, après des bombardements de grande ampleur qui ont fait environ 500 morts lundi 23 septembre et font craindre un embrasement de la région près d'un an après le début de la guerre à Gaza.
La crainte d'une guerre à grande échelle au Proche-Orient va dominer l'Assemblée générale de l'ONU qui s'ouvre mardi 24 septembre à New York, au moment où l'escalade militaire ne cesse de s'aggraver entre l'armée israélienne et le Hezbollah libanais.
Mardi, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé dans la nuit "des dizaines de cibles du Hezbollah dans de nombreuses régions du sud du Liban".
Les bombardements de la veille, d'une intensité sans précédent depuis le début des échanges de tirs à la frontière israélo-libanaise en octobre 2023, ont visé "environ 1.600 cibles", selon l'armée, dans le sud du Liban et la vallée de la Békaa, dans l'est, des bastions du Hezbollah.
Le Hezbollah a revendiqué dans la nuit de nouveaux tirs de missiles Fadi 2 vers Israël. L'armée israélienne a confirmé avoir détecté une vingtaine de tirs.
Les frappes de lundi ont fait 492 morts, dont 35 enfants et 58 femmes, et 1.645 blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
L'armée israélienne a fait état d'un "grand nombre" de membres du Hezbollah tués.
"Un massacre"
"C'est une catastrophe, un massacre", a déclaré à l'AFP Jamal Badrane, un médecin de l'hôpital du Secours populaire à Nabatiyé, une ville du sud. "Les frappes n'arrêtent pas, ils nous ont bombardés alors qu'on retirait des blessés", a-t-il raconté.
Des milliers de Libanais ont fui les zones bombardées, selon le ministère de la Santé, pour chercher refuge à Beyrouth ou à Saïda, la plus grande ville du sud.
Beaucoup d'entre eux ont passé la nuit dans leurs voitures, bloqués sur la route menant vers la capitale.
Réfugié dans une école de Saïda, Hassan Banjak n'avait pas quitté sa région depuis le début de la guerre. "Mais lorsque les frappes se sont intensifiées et rapprochées, les enfants ont eu peur et nous avons décidé de partir", dit-il.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a recommandé lundi soir aux Libanais de "s'éloigner des zones dangereuses" dans l'attente de la fin de "l'opération".
Son homologue libanais, Najib Mikati, a dénoncé "un plan de destruction" de son pays, où les écoles resteront fermées mardi.
"Nous sommes au bord d'une guerre totale", s'est alarmé le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, tandis que la France a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Liban cette semaine.
(Avec AFP)